Logements vides : le gouvernement veut mieux informer les propriétaires

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(Crédits : ERIC GAILLARD)
"Certains peuvent avoir besoin des aides à la rénovation si le bien est trop dégradé (et) d'autres ont peur des impayés ou des dégradations", expliquent les ministères du Logement et de la Cohésion des Territoires.

Le ministère du Logement va pousser les propriétaires à remettre sur le marché les logements restés inoccupés depuis longtemps, prévoyant essentiellement des mesures incitatives et excluant la réquisition auprès des particuliers.

"C'est inacceptable que notre pays compte autant de logements vacants alors que des solutions existent", ont affirmé dans un communiqué commun Julien Denormandie, ministre du Logement, et Jacqueline Gourault, sa ministre de tutelle à la Cohésion des Territoires. "Il faut que les propriétaires de ces biens s'en saisissent."

200.000 logements "structurellement" vacants

Selon l'Insee, la part des logements vacants a augmenté depuis trente ans à travers le pays. Ils sont surtout présents dans les campagnes et les petites villes, mais leur proportion augmente aussi dans les zones "tendues", principalement les grandes agglomérations, où la demande est la plus forte pour se loger.

La majeure partie des logements vacants ne le sont pas longtemps dans ces grandes villes, par exemple parce qu'ils sont loués à des étudiants avec un fort roulement, mais d'autres le restent dans la durée. Ce sont ces derniers qui font l'objet du plan du gouvernement.

"200.000 logements du parc privé sont structurellement vacants dans les territoires tendus", affirme le communiqué des ministères.

Le plan du gouvernement consiste en partie à cartographier les logements vacants, pour mieux saisir les raisons de ce phénomène, et à mieux informer les propriétaires pour les inciter à les louer.

"Peur des impayés ou des dégradations"

"Certains peuvent avoir besoin des aides à la rénovation si le bien est trop dégradé (et) d'autres ont peur des impayés ou des dégradations", expliquent les ministères, rappelant par exemple la garantie d'Etat "Visale" qui concerne, en gros, les candidats de moins de 30 ans à la location.

Si le plan comprend un volet lié à la réquisition, ce dernier ne devrait pas viser les propriétaires particuliers, très majoritaires dans le parc français de logements, au sein duquel les grands investisseurs restent rares.

"Pour les particuliers, il est très compliqué de réquisitionner car le droit de propriété est, dans notre Constitution, l'un des plus protecteurs et c'est normal", a souligné M. Denormandie dans un entretien au Parisien.

Sans aller jusqu'à la réquisition, il existe déjà des mesures d'ordre coercitif via plusieurs taxes sur les logements vacants. L'exécutif s'appuie sur ces données fiscales pour donner son chiffre de 200.000 logements vacants depuis longtemps.

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Commentaires
a écrit le 10/02/2020 à 19:33 :
On a le cas de biens d'héritages en indivisi, ça coûte pas bien cher en divisant au moins par 4 les charges, pourquoi les gens ne louent pas?, bien sur la recherche hystérique du gouvernement à fourrer son nez et ses impôts partout n'incite pas à gagner des ressources qui seront perdues de toute façon , mais un autre cas bien plus courant qu'on ne le crois: la papy ou la mamie a laissè un tel foutoir qu'on ne se sent pas le courage ni l'envie de vider, garder les vieux objets chéris permet de garder en vie le parent disparu.
pourquoi ne pas proposer un garde meubles gratuit qui permettrait de trouver un logement à louer sans vexer les gens.
Bien sur qu'un logement d'héritage qu'on se décide à louer , ses loyers doivent être non imposables pendant 10 ans.
a écrit le 10/02/2020 à 16:18 :
On peut se demander pourquoi l'État taxe aussi fort les propriétaires. On peut aussi de demander pour l'État veut s'ingérer dans la gestion du patrimoine immobilier du citoyen. N'y aurait-il pas une légère contradiction ?. D'un côté il frappe, de l'autre il aide. Cela rappelle certains comportements nocifs. En tout état de cause, si des logements sont libres c'est quelque part la responsabilité unique du propriétaire, et ce, peut importe les causes : localisation, mauvais état, on tout autre motif. La liberté existe encore un peu dans notre pays..... Pourvu que ça dure !
a écrit le 10/02/2020 à 14:41 :
Classe sociale des proprios :


* De particulier à particulier (PAP) auprès des personnes qui passent des annonces pour trouver un locataire dresse le portrait de cette France des «propriétaires-bailleurs». Ils possèdent 6,3 millions de logements locatifs, selon le rapport de la Commission des comptes du logement. Ce qui fait d’eux des acteurs incontournables des politiques menées en la matière : plus d’un cinquième de la population (22,7% des ménages, soit 14,4 millions d’habitants) loge dans leur parc immobilier.En croisant une multitude de données, les chiffres officiels estiment à 2,8 millions le nombre de particuliers bailleurs privés. Selon l’enquête de PAP, la moitié d’entre eux sont de «petits propriétaires» : 30% ne possèdent qu’un seul bien, et 25% en ont deux. Les autres (45%) sont à la tête d’un patrimoine immobilier locatif qui commence à être significatif : 29% des personnes ayant répondu à l’enquête déclarent posséder entre trois et cinq logements, 10,5% disent en détenir entre cinq et dix, et 5,5% affirment avoir plus de dix appartements ou maisons. Cette France des bailleurs privés offre un visage très contrasté : contrairement aux dires des agents immobiliers, elle n’est pas constituée majoritairement de retraités ou de petits salariés pour lesquels le loyer est un revenu d’appoint.L’enquête de PAP montre que ce patrimoine de 6,3 millions de logements locatifs privés est détenu très majoritairement par les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées. Parmi les bailleurs, 32,7% sont des cadres du privé, 12,06% des cadres du public, 9,01% exercent une profession libérale, et 5,94% sont des chefs d’entreprise. Les cadres sont surreprésentés : l’Insee évalue à 17,6% leur proportion dans la population, mais ils sont presque 45% parmi les propriétaires, selon l’étude. A l’inverse, on ne compte que 13,4% de bailleurs parmi les ouvriers et les employés, alors que ces deux catégories représentent près de la moitié (49,5%) de la population.
a écrit le 10/02/2020 à 13:47 :
Dans les campagnes où y a aucune activité, il y en a des logements vacants, que faire ?
Si les gens ont envie de garder leur bien sans y habiter voire y passer parfois des congés, quel problème ? Ils paient les abonnements EDF, GDF, eau même en consommant zéro, les taxes foncière et d'habitation car résidence secondaire parfois avec surtaxation pour dissuader, ramassage des ordures ménagères même en en générant pas du tout, que du bon argent pour zéro nuisance d'occupants 'salissant' (par ex avec voiture qui génère du CO2 & NOx, faute de transports en commun).
Comment inciter ? Rien de valable, il faut plutôt punir. Non ? Ça fait constat d'échec, "louez sinon on va vous faire crouler sous les pénalités !". Sans oublier l'IFI, fortune immobilière, ça arrive 'vite' 1,3M€. :-)
a écrit le 10/02/2020 à 12:58 :
Non !

La spéculation immobilière a mit des milliers de logements dans les mains de gens qui ont les moyens d'attendre que les prix montent, pire, qui ont les moyens de nous imposer un Plaza à la télé afin que ces prix montent.

Vous croyez que 600000 euros pour 40 mètres carré c'est du uniquement aux logements vacants des particuliers et sans rire ?

Arrêtez de ne jamais regarder du côté des principaux responsables bon sang !

Par ailleurs oui il existe un réel risque de dégradations que l'on ne peut nier, les gens vont tellement bien dans une société qui les traite tellement bien, donc il serait normal de mieux surveiller et traiter ce phénomène.

Les maisons sont des outils de production beaucoup trop importants pour les laisser entre les mains de la finance cupide, de propriétaires craintifs ou de paumés névrosés.
a écrit le 10/02/2020 à 12:49 :
a oui, au passage, entre deux informations ( que les gens connaissent deja) obligatoires, on rappelle que visale ne couvre que les impayes de loyer, et encore, sur une faible periode
les degradations et consors, bienentendu, c'est pas pris en compte
sir les gens ne louent pas, c'est qu'il y a des raisons connue de tous, sauf des informateurs
a écrit le 10/02/2020 à 12:39 :
Les logements vides n'ont jamais été un problème, le gouvernement fait de la démagogie. Un logement vide ne pollue pas, ne coûte rien à personne. Encore une fois, on s'attaque à de faux problèmes.
Réponse de le 10/02/2020 à 15:19 :
Dans mon village (3000 habitants), situé en zone tendue, il y a plus de logements vacants. Pour la majorité d'entre eux on ne connaît même pas les propriétaires (héritiers qui refusent l'ouverture de la succession, car ils ne sont pas certains d'être les véritables héritiers)... Ces logements ne pollue pas, mais ils se dégradent. Des jeunes sont pourtant en attente de logement!
Réponse de le 10/02/2020 à 19:49 :
@ m capcha,
vue une pub d'un bâtisseur local ce jour : pavillon f4 68000€ , un terrain viabilisé se trouve de 8000 à 30000€ selon l'endroit, ça veut dire à la louche 100000€ donc environ 500€ de remboursement mensuel, pourquoi se prendre la tête a chercher à habiter chez les autres pour plus cher?
Et adapter ses emplois par rapport à son logement et non l'inverse, les crédits? si les gens cherchent sur une ville précise c'est qu'ils ont un métier, une compétance etc, et puis il y a des parents des grands-parents qui peuvent aider se porter garants, sortir un vieux pel du tiroir.

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