Dans son rapport sur la gestion et la gouvernance de l'établissement public Paris-La Défense, la chambre régionale des comptes d'Île-de-France ne se contente pas de cibler le pactole des élus locaux. Elle fait aussi preuve d'une certaine créativité fiscale et s'interroge sur le rôle du département des Hauts-de-Seine.EXCLUSIF. « De nouvelles ressources sont nécessaires ». Cette phrase est signée de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France (CRC IDF) dans son rapport sur la gestion et la gouvernance de l'établissement public de Paris-La Défense et du département des Hauts-de-Seine (92), que La Tribune a dévoilé hier.
Après avoir pointé « un environnement économique marqué par la crise de l'immobilier tertiaire » et « un modèle économique aux hypothèses initiales optimistes, dont l'obsolescence est accélérée par divers facteurs », la CRC IDF estime que le premier quartier d'affaires européen doit « disposer à court terme de nouvelles recettes ».
Des collectivités et d'autres Épic restent les mieux lotis
À savoir 40 millions d'euros par an et a minima. Soit presque huit fois plus que ce que l'aménageur de La Défense gagne aujourd'hui, au regard des chiffres de Deloitte. Le cabinet de consultants avait en effet révélé, en octobre dernier, que l'établissement public à caractère industriel et commercial (Épic) Paris-La Défense ne touchait que 5,6 millions chaque année. En comparaison, l'intercommunalité Paris Ouest La Défense perçoit 8 millions d'euros annuels au titre au titre de la taxe sur l'enlèvement des ordures.
Les élus locaux restent de fait les mieux lotis : 139 millions de cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et 84 millions de cotisations foncières des entreprises (CFE) que la métropole du Grand Paris redistribue aux communes concernées, auxquelles s'ajoutent 74 millions d'euros de taxe foncière pour lesdites villes. Sans oublier 105 millions de taxes sur les bureaux alloués au Fonds national d'aide à la pierre (Fnap), à la Société des grands projets (SGP), qui construit le métro du Grand Paris Express, et à la région Île-de-France.