DOSSIER MONDIALISATION- Depuis un an et demi au moins, les professionnels du bâtiment alertent sur la nécessité de créer et de structurer des filières de production de matériaux de construction, ne serait-ce que pour appliquer la réglementation environnementale des bâtiments neufs dite « RE2020 ». Alors que tout s'est accéléré depuis deux ans sur le plan législatif, entre les lois « Anti-gaspillage » et « Climat & Résilience », former les élus locaux devient une nécessité. Décryptage.Ils n'ont tout simplement plus le choix. Depuis le 1er janvier 2022, les professionnels du bâtiment neuf doivent désormais utiliser, en priorité, des matériaux biosourcés, c'est-à-dire d'origine locale, végétale et animale, type biomasse et chanvre, ainsi que des matières géosourcées, c'est-à-dire d'origine locale et minérale, type pierre de taille ou pierre crue. Autrement dit, appliquer la nouvelle réglementation environnementale dite « RE2020 » qui « encourage » le recours à ces matériaux, ainsi que « la brique et le béton qui se seront décarbonés ».
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Créer et structurer des filières
« L'accent [du quinquennat 2022-2027, ndlr] sera mis sur les approvisionnements de matériaux, la souveraineté stratégique et la création de filières « , s'était ainsi engagée, le 10 mars dernier, l'ex-ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, auditionnée au nom du président - pas encore candidat - Emmanuel Macron, par l'Union sociale pour l'habitat, la Fondation Abbé Pierre, les associations d'élus France urbaine et Intercommunalités de France et la Fédération française du bâtiment.
Début 2021, à l'occasion de la campagne pour les élections départementales et régionales, la Fédération française du bâtiment (FFB) avait déjà interpellé les candidats au sujet notamment de l'approvisionnement en matériaux. A l'époque, l'association Régions de France avait affiché « une volonté plus marquée d'adopter une approche plus transversale », tant pour structurer des filières que pour créer un continuum entre les différents acteurs du bâtiment.
Mais un an et demi plus tard, rien n'a changé. « Un élu qui voudrait utiliser des matériaux n'a pas de cartographie de tous les matériaux de proximité », pointe Christine Leconte, présidente du Conseil national de l'ordre des architectes (CNOA). Pour pallier ce manque, elle vient d'entamer un travail, en collaboration avec l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), l'établissement public officiellement chargé d'assurer la production, l'entretien et la diffusion de l'information géographique dite de référence. L'objectif est de « montrer à l'échelle nationale où se trouvent les filières ». Le travail a déjà été fait en Île-de-France ainsi que dans la région Grand-Est où un autre architecte a répertorié tous les gisements de matériaux.