Malgré les 6,7 milliards d'euros de France Relance pour la rénovation des logements et des bâtiments publics et privés et le désormais milliard d'euros pour la construction neuve, le bâtiment subit une crise à la fois écologique et économique. Écologique car la nouvelle réglementation environnementale dite « RE2020 » qui s'appliquera au 1er janvier 2022 contraindra les entreprises à recourir à des matériaux biosourcés type bois ou géosourcés comme la pierre, alors qu'elles sont davantage habituées à utiliser des matériaux tel le béton ou la brique. Economique puisque le prix des matériaux ne cesse d'augmenter depuis six mois en parallèle d'un risque de pénurie de matières premières, à tel point que Bercy et le ministère du Logement lanceront le 15 juin une médiation de filière.
Dans ce contexte, la Fédération française du bâtiment (FFB), qui revendique 50.000 adhérents, 800.000 salariés et près de 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires, vient d'adresser ses propositions aux candidats aux élections départementales et régionales. « Le bâtiment est un levier important pour la reprise économique. Les présidents de conseil départemental ne peuvent ni tout contrôler ni tout vérifier, mais peuvent rassembler des initiatives, les faire connaître et les mutualiser », relève-t-on à l'Assemblée des départements de France.
« C'est le signe que le niveau régional est reconnu comme un acteur légitime, chef de file du développement économique. Nous avons réussi à convaincre cette filière que les actions qu'ils mettent en œuvre passent par notre échelon. Avec leur masse critique, les régions sont de vrais terrains de jeux », se félicite-t-on aussi du côté de l'association Régions de France (ex-ARF). Outre cette compétence-clé, le conseil régional dispose du pouvoir d'aménagement du territoire, et, par extension, « revendique » celui de la transition écologique et énergétique ainsi que de l'économie circulaire.