Daniel Vasella, l'homme dont le parachute doré a convaincu les Suisses de limiter les rémunérations des grands patrons

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Daniel Vasella a certes conduit le laboratoire Novartis vers le succès mondial, mais la clause de non-concurrence de cet ancien sympathisant de la Ligue révolutionnaire marxiste (sic) (d'un montant de quelque 60 millions d'euros) a déclenché une telle polémique qu'il a fini par y renoncer.

Dimanche 3 mars, les Suisses ont dit "oui" à une interdiction des parachutes dorés. 67,9% d'entre eux ont approuvé par une votation la mise en place d'un système de contrôle des rémunérations des dirigeants d'entreprises parmi les plus stricts au monde, comprenant l'octroi aux actionnaires d'un droit de veto sur le montant des salaires et une interdiction des primes d'entrée et des indemnités de départ dans les sociétés cotées en bourse. Le projet devrait être converti en loi par le parlement fédéral suisse. 

Ces dernières semaines, le débat sur la rémunération jugée excessive des dirigeants de grandes entreprises a été incarné par un homme: Daniel Vasella. En quittant la direction de Novartis - deuxième leader mondial de l'industrie pharmaceutique -, il devait toucher 72 millions de francs suisses (soit environ 60 millions d'euros), simplement parce qu'il avait accepté de ne pas travailler pour un concurrent du laboratoire. Zoom sur un dirigeant aux deux visages: à la fois reconnu et très critiqué.

? Un médecin suisse Daniel Vasella détient un diplôme de médecine de l'Université suisse de Berne depuis 1979. Né à Fribourg le 15 août 1953, il exerce en tant  que médecin jusqu'en 1988 et a notamment été chef de clinique de l'hôpital de l'Ile à Berne. En 1978, il se marie avec la nièce du Président de Sandoz Pharmaceuticals Corporation, et intégrera l'entreprise en tant que représentant commercial pour le New Jersey dix ans plus tard.

 ? Fortuné et influent Longtemps classé en tête de la liste des patrons suisses les mieux payés, il aurait gagné environ 300 millions de francs suisses au cours des seules dix dernières années, soit environ 245 millions d'euros. En 2009, sa rémunération a connu un pic: 20,5 millions de francs suisses. Ce motard expérimenté n'est pas seulement extrêmement riche, il jouit également d'une influence dans d'autres entreprises (outre Novartis, qu'il dirigeait depuis 1996). En effet, l'homme est membre du comité de direction de PepsiCo Inc. et d'Alcon (racheté en 2010 par Novartis). Le docteur suisse siège au groupe consultatif pour les programmes de santé de la Fondation Bill et Melinda Gates, est membre honoraire étranger de l'Académie américaine des arts et des sciences, et conseiller du maire de Shangaï et du centre Peres pour la paix en Israël.

? Engagé Cet ancien sympathisant de la ligue révolutionnaire marxiste a initié un programme de soutien de l'accès aux soins pour certains malades souffrant de la malaria, du cancer ou de la lèpre, et a fait attribuer 3% du chiffre d'affaires de Novartis au financement d'une fondation dédiée à cette cause, selon la magazine Forbes

? Décoré Daniel Vasella peut se targuer d'être gradé en France en tant que Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur. Il a par ailleurs été désigné comme l'homme d'affaires européen le plus influent des 25 dernières années par des lecteurs du Financial Times.

? ... mais publiquement critiqué et attaqué en justice Le président démissionnaire de Novartis a confirmé mi-février les modalités financières de son prochain départ après leur publication par le site suisse insideparadeplatz.ch, ce qui lui a valu d'être la cible d'une vague de critiques en provenance de la classe politique et des médias. Plusieurs associations d'actionnaires ont qualifié de "scandale" le versement de 12 millions de francs par an prévu sur six ans en contre-partie d'une clause de non-concurrence. Dans la foulée, le 18 février, il a même été attaqué en justice, comme révélé par Maître Hans-Pêter Heitz, un avocat spécialisé dans la défense des petits actionnaires, qui a évoqué une plainte au pénal pour manifester une indignation contre le parachute doré de Daniel Vasella. Celui-ci cède immédiatement à la pression et Novartis annonce dans un communiqué daté du 19 février qu'il renonce à cette rémunération. Il a cédé la présidence de Novartis à un autre docteur allemand, Jörg Reinhardt

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Commentaires
a écrit le 05/03/2013 à 12:02 :
Un choc anaphylactique qui perturbant la circulation de l'argent à la tête des entreprises, pourrait engager le pronostic vital des rémunérations des grands patrons ?
a écrit le 05/03/2013 à 10:49 :
Toujours pareil avec les marxistes: Ce qui est bon pour les autres ne l'est pas forcément pour eux !
a écrit le 05/03/2013 à 9:59 :
Oui une fondation avec des millions, ou il ne paye pas d'impôt, sacré humaniste, il en a jamais assez. Tous ces milliardaires ont des fondations, tous des humanistes, des millions de gens au chômage, la destruction de l'économie par ces amis banquiers, sans parler des vaccins à l'aluminium, et de la grippe saisonnière qui MUTE dans leur laboratoire, sacré lui.
Il devrait demandé aux BILDERBERG une enveloppe pour ces frais de déplacement.
Réponse de le 05/03/2013 à 10:44 :
En plus de dire la vérité tu m'as fait beaucoup rire, enfin quelqu'un qui dit la vérité !
a écrit le 05/03/2013 à 6:43 :
Juste une conception féodale de l'entreprise avec un seigneur et maître qui a tous les droits et qui est bien bon de donner du travail à ses serfs ! Et en plus comparer un entrepreneur comme Steve Jobs à un mercenaire apparatchik cupide qui n'a rien crée, si ce n'est sa légende pour justifier son bonus de 70 millions... Ben ça montre surtout une grande confusion !
a écrit le 04/03/2013 à 20:22 :
L'article est partial et arbitraire, il ne mentionne pas que le Dr Vasella a piloté la fusion de CIba Geigy et Sandoz qui a donné Novartis avec plus de 100'000 employés aux salaires de ministres, avec un can de 50 milliards de dollars et 9,9 milliards de bénéfice net, à titre de comparaison Nestlé c'est 380000 employés un bénéfice net de 32 milliards et un can de 100 milliards, le capital actions de Novartis est de 126 milliards, Apple c'est 500 milliards, donc un salaire décent pour un tel patron qui a gagné en 2013 une part de marché de 1.2 milliard doit être en conséquence. Ensuite, l'initiative n'a pas comme fonction de limiter les salaires des patrons mais de transférer la compétence de décider des salaires aux actionnaires, on pourrait imaginer qu'ils votent en faveur d'une augmentation de la rémunération alors là l'initiative s'appelle pour augmenter le salaire des patrons, donc le titre est trompeur.
Réponse de le 05/03/2013 à 0:32 :
Ce n'est pas le patron qui a gagné une part de marché de 1.2 milliard mais l'entreprise toute entière avec les 100 000 employés et ce, même si le patron avait plus de responsabilités que les autres....
Réponse de le 05/03/2013 à 9:58 :
Aucun humain sur cette terre ne merite un salaire de plusieurs dixaines de millions. c'est simple. Aucun. apres, les plus le salaire est indecent, le plus il cache un fond de corruption. cad payer cher quelqu'un qu'on sait qu'il est genereux en privé avec des prospects, ca blanchit la boite et concentre tous les risques sur cette personne.
Réponse de le 05/03/2013 à 13:28 :
"Aucun humain sur cette terre ne merite un salaire de plusieurs dixaines de millions. c'est simple. Aucun"

C'est la loi de BOB ?

BOB a décrété détenir la vérité universelle ?
a écrit le 04/03/2013 à 19:05 :
Les 28000EUR mensuels de l'ex PDG de la S.G., ça fait "p'tit bras"...
Faudrait retrouver l'étude universitaire qui analysait les carrières des dirigeants, à travers leurs conjointes...
a écrit le 04/03/2013 à 18:54 :
A 50 ans vous avez mis au vestiaire vos utopies idéalistes de vos 20ans . Hummm !! le fric .......
Réponse de le 04/03/2013 à 19:19 :
@loolou: seuls les idiots ne changent jamais d'avis :-)

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