Les laboratoires obligés de déclarer tout "cadeau" aux médecins de plus de 10 euros

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Un décret d'application de la loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé est paru ce 22 mai au Journal Officiel. Pour la première fois et dès jeudi, les entreprises devront informer le public de tout "cadeau" d'une valeur supérieure ou égale à dix euros offert à un professionnel de santé. Une façon d'encourager la transparence dans un domaine où les relations sont souvent opaques.

Un interne en médecine dont le pot de départ est offert par un laboratoire, un chirurgien invité tous frais payés en séminaire aux Seychelles... les relations entre professionnels de santé et laboratoires pharmaceutiques posent débat, jugées troubles et sujettes à influencer les prescriptions. Dernièrement, l'affaire Cahuzac est venue illustrer ce problème, le justice soupçonnnant l'argent versé sur son compte illégal de provenir des laboratoires pharmaceutiques auxquels il était étroitement lié, notamment suite à une activité de conseil au milieu des années 1990. Le 2 avril dernier, l'ancien ministre du Budget a d'ailleurs était mis en examen pour "blanchiment de fonds provenant d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou produits sont pris en charge par la Sécurité sociale".

Dès lors quel encadrement légal de ces relations existe-t-il ?

Le problème n'est pas nouveau. Si en 1993 une directive européenne contraignait la France à se concentrer sur l'encadrement de ces relations, en revanche, les laboratoires n'étaient pas tenus de publier officiellement les avantages consentis aux professionnels de la santé.

La loi n°93-121 du 27 janvier 1993 portant diverses mesures d'ordre social (DMOS) dite "anti-cadeaux" sera complétée. Depuis 2007, l'article L. 4113-6 du Code de la santé publique stipule : "Est interdit le fait, pour les membres des professions médicales mentionnées au présent livre, de recevoir des avantages en nature ou en espèces, sous quelque forme que ce soit, d'une façon directe ou indirecte, procurés par des entreprises assurant des prestations, produisant ou commercialisant des produits pris en charge par les régimes obligatoires de sécurité sociale. Est également interdit le fait, pour ces entreprises, de proposer ou de procurer ces avantages". Les professionnels concernés par la loi DMOS sont les médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes, pharmaciens, infirmières, kinésithérapeutes, pédicures et podologues, orthophonistes et orthoptistes.

Le 4 mars 2002, la loi a été renforcée, l'interdiction de remettre à un médecin un présent d'une valeur supérieure à 30 euros instaurée. Et depuis 2008, les visiteurs médicaux ne sont pas autorisés à remettre le moindre objet à un praticien, même de très faible valeur, ni des échantillons de médicaments. Ce dispositif législatif n'empêche toutefois pas la signature de contrats dans le domaine de la recherche ou dans le cadre de colloques, "à partir du moment où la rémunération est cohérente avec la prestation attendue". L'interdiction ne s'applique pas non plus à l'hospitalité (repas, transport, hébergement, frais d'inscription) offerte lors de manifestations de promotion ou à caractère exclusivement professionnel et scientifique.

Tout cadeau de dix euros ou plus sera déclaré

Mais jusque là, aucun texte de loi ne contraignait les laboratoires à déclarer officiellement les avantages en espèces et en nature qu'ils offrent. C'est désormais chose faite avec la parution au Journal Officiel ce mercredi 22 mai du décret n°2013-414 daté d'hier qui découle de la loi du 29 décembre 2011 et qui est "relatif à la transparence des avantages accordés par les entreprises produisant ou commercialisant des produits à finalité sanitaire et cosmétique destinés à l'homme". Ces sociétés devront "mettre à disposition du public" la liste des avantages consentis dès lors que leur valeur est supérieure ou égale à dix euros. La nature et la valeur de ces "cadeaux", ainsi que l'existence de conventions seront rendues publiques. Il suffit que l'entreprise commercialise un produit remboursé par la Sécurité sociale pour que toutes les relations avec les médecins soient concernées.

En vigueur à partir du 23 mai, le texte est rétroactif. Les "cadeaux" consentis en 2012 devront donc être communiqués par les laboratoires avant le 1er juin prochain. Une fois le dispositif opérationnel - sans doute au cours de l'été -, ces informations seront publiées sur un site Internet spécialement dédié, accessible à tous. En attendant la création de ce site, ces informations doivent être reprises sur les sites des ordres professionnels des professionnels de santé et sur ceux des entreprises concernées. Elles devront être publiées au plus tard le 1er octobre 2013. "Il ne s'agit pas d'empêcher les liens entre l'industrie pharmaceutique, les laboratoires de recherche ou les services hospitaliers, ni d'interdire le financement des recherches par l'industrie, le tout c'est qu'on le sache", avait expliqué la ministre de la Santé Marisol Touraine début avril.

Qui contrôlera ces déclarations ?

L'ANSM sera chargée de vérifier ces publications. Le cas échéant, un procureur pourra être saisi et la firme n'ayant pas correctement déclaré les "cadeaux" offerts risquera jusqu'à 45.000 euros d'amende.

Imaginé par le ministre Xavier Bertrand au moment du scandale du Mediator, la mesure - surnommée "Sunshine Act" comme la loi américaine dont elle s'inspire - a vu son application s'accélérer avec l'affaire Cahuzac puisque qu'en avril encore, elle n'est toujours pas entrée en vigueur, faute de décret. "La France est le premier pays en Europe à porter un dispositif de ce type", s'est félicité Marisol Touraine au sortir du Conseil des ministres le 22 mai 2013.
 

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Commentaires
a écrit le 01/06/2017 à 22:56 :
Bonsoir, pouvez me communiquer le prix des matériels ci-après:
- Soudeuse pour poche à sang;
- Soudeuse poche à sang à batterie
Merci.
a écrit le 24/05/2013 à 13:44 :
C'est totalement débile ! En quoi le fait d'inviter un médecin à déjeuner le midi pour discuter plus tranquillement qu'entre deux patients en consultation ( qui en plus râlent après les "représentants "....) peut il être gênant ? Cela revient à les considérer comme des personnes vénales incapables d'avoir un jugement objectif sur un médicament ou un dispositif médical ! Qu'on intervienne pour stopper un certain lobbying de l'industrie pharmaceutique et les conflits d'intérêt pour les membres des instances de santé , ok! Mais à quoi cela va-t-il servir que les patients puissent aller voir avec qui son médecin est allé manger , ou en congrès etc etc ???? D'autant plus que cette mesure est discriminatoire: elle ne concerne que les labos ayant au moins un produit remboursé... Quid des labos de dispositifs médicaux??? À l'heure de l'affaire PIP il faudrait peut être s'en soucier!!!
a écrit le 23/05/2013 à 11:55 :
En voilà une très bonne loi!
A appliquer d'abord à tous ceux qui pronent l'exemplarité, c'est à dire nos ELUS!
Réponse de le 23/05/2013 à 13:02 :
Il devrait être interdit pour les entreprises soumissionant a des marchés publics de proposer des avantages en nature ou en espèces, sous quelque forme que ce soit, d'une façon directe ou indirecte, aux élus et à tous les fonctionnaires en exercice.
a écrit le 23/05/2013 à 11:16 :
C'est du n'importe quoi. Bientôt le boulanger ou le pharmacien qui vous offre un petit calendrier en fin d'année devra aussi faire l'objet d'une déclaration. Quel pays de bouffons. lol
Réponse de le 23/05/2013 à 12:25 :
Votre boulanger vous offre un calendrier à plus de 10 euros ?
Vous achetez votre pain à Monaco ?
a écrit le 23/05/2013 à 10:45 :
Qu'est-ce qu'un "médecin de plus de 10 euros"?
Réponse de le 23/05/2013 à 12:27 :
Bien vu. Cela rappelle cette phrase célèbre, rappelée par tout enseignant pour alerter sur les dérives des mauvaises juxtapositions : "allant à vélo, une vache me renversa" !
a écrit le 23/05/2013 à 10:44 :
Il serait souhaitable que cette s'applique à tous y compris les fonctionnaires et assimilés. Patrickb Si Xavier Bertrand n'est pas responsable de cela, il l'est pour le déremboursement
de pas mal de médicaments, comme j'ai pu lui écrire les ordinateurs de la sécu ont calculés qu'en déremboursant xx médicaments on fera xx économies (surtout pour l'arthrose) Lors d'une réun ion du député UMP, je lui ai dit qu'il avait voté des lois scélérates dont les taxes mutuelles de 13,27 % ainsi que celles ddes médicaments non
remboursés
a écrit le 22/05/2013 à 22:17 :
Que l'on applique les mêmes régles pour tous les politiques et décisionnaires ( comment vont-ils faires pour les malettes d'espèces)....on va rire....
Réponse de le 23/05/2013 à 20:01 :
@Phil : Facile ! Ils offriront des malettes à moins de 10 euros dont le contenu sera aussi virtuel que leurs condamnations :-)
a écrit le 22/05/2013 à 21:11 :
Il ne faut pas se limiter aux seules medecins, qui de toute façon ne reçoivent plus grand chose. Le plus interressant c'est la presse (médicale, mais aussi et surtout, grand publique)
a écrit le 22/05/2013 à 19:48 :
Bravo, ça va dans le bon sens. 10 euros, c'est peu! Dommage qu'il ait fallu attendre ce décret si longtemps (qui aurait d'ailleurs certainement été enterré si l'actualité ne l'avait pas remis sur la sellette!)
a écrit le 22/05/2013 à 19:41 :
Cette declaration concerne-t-elle aussi les agents administratifs hospitaliers?
a écrit le 22/05/2013 à 19:00 :
Au modérateur ....Désolé ? Erreur sur l'article ...mon commentaire concernait l'Article BPI EXPORT
a écrit le 22/05/2013 à 18:58 :
La santé n'est pas une marchandise, il est temps que cette loi soit en vigueur !!!!!!(ayant de graves problèmes de santé je sais ce qu'il en est ... entre gagner au loto ou retrouver ma santé ... mon choix est fait de suite)
a écrit le 22/05/2013 à 18:56 :
Cela part d'un bon sentiment ...mais nos politiques et fonctionnaires ..;sont des Conseilleurs "théoriciens " qui survole l'Entreprise etn'ont toujours pas assimilés que quand on exporte nos procédures doivent s'adapter . Avec le sacro-saint principe de précaution , l'attaque en règle "des patrons ", l'assimilation ..d'être un fraudeur quand vous ouvrez un compte a l'étranger ...Il vaut mieux ouvrir une sté a l'étranger pour l'activité a l'international ...c'est plus souple , moins pénalisant (taxes , ...), ...mais dommage ...cela ne rentrera pas dans les chiffres du Commerce extérieur Francais ! Après l'exil des francais (riches , entrepreneurs , jeunes diplomés )...l'exil des activités Export !
a écrit le 22/05/2013 à 18:27 :
C'est une super bonne idée, le legislateur est d'une énorme intelligence, je vais tout de suite aller chez ma voisine pour féter cette extraordinaire nouvelle!
a écrit le 22/05/2013 à 18:22 :
Pourquoi pas. Mais ça serait bien de savoir aussi combien ils arrosent les politiques (ex : Bachelot, cahuzac) et réglementer le lobbing en général en rendant public les petites transactions de couloir. Pareil pour les pseudo séminaires aux Antilles.
Réponse de le 22/05/2013 à 19:01 :
+1000000000000 !
Réponse de le 23/05/2013 à 10:34 :
tout à fait d accord avec vous aka le probleme n est aborde qu en surface On risque encore d avoir des "responsable mais pas coupables" chez nos braves politiciens
Réponse de le 23/05/2013 à 11:18 :
+1
a écrit le 22/05/2013 à 18:14 :
les médecins et surtout les gens de l'Afssaps j?espère !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 22/05/2013 à 18:02 :
On n'a pas fini de se marrer! Ca commence tout juste. Et quid des déclarations de conflits d'intérêts (obligatoires!!!) des médecins lorsqu'ils sont en rapport avec les groupes pharmaceutiques?
a écrit le 22/05/2013 à 18:01 :
Encore plus de regles, encore plus de contraintes, encore plus de barrières.... encore moins de librerte, moins d'initiatives. Mais pas pour les politiques. Par contre je suis sur qu'ils voudraient nous taxer pour respirer. Ces politiciens inutiles me degoutent.
Réponse de le 22/05/2013 à 18:30 :
l?enjeu est notre santé !!! nuance !!! Le médiator en est l'exemple il me semble !!!!
Réponse de le 23/05/2013 à 2:22 :
@pmxr: au risque de te décevoir et sans vouloir t'offenser, nous vivons dans une société de fric et ta santé, ils s'en tamponnent :-)
a écrit le 22/05/2013 à 17:45 :
de la magouille caché mis en avant par les politiques , ils nous epatent ces socialos
Réponse de le 22/05/2013 à 19:07 :
le ministre Xavier Bertrand est à l'origine de cette loi il me semble ???? socialo???
Réponse de le 23/05/2013 à 2:27 :
@pmxr: Xavier Bertrand n'est à l'origine de rien du tout, ces lois existent depuis des lustres en Amérique du Nord, même si le montant maximum est généralement fixé à 100 $.

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