Pharmaceutique : l'américain AbbVie offre 40,5 milliards d'euros pour le britannique Shire

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Ce rachat permettra entre autres à AbbVie de transférer son siège social en Grande-Bretagne ou en Irlande, et de bénéficier d'un impôt sur les bénéfices allégé. (Photo : Reuters)
Ce rachat permettra entre autres à AbbVie de transférer son siège social en Grande-Bretagne ou en Irlande, et de bénéficier d'un impôt sur les bénéfices allégé. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Le laboratoire pharmaceutique américain AbbVie a lancé une offre d'achat amicale sur son homologue britannique Shire pour 32 milliards de livres, avec en tête de réduire ses impôts aux États-Unis.

32 milliards de livres (40,5 milliards d'euros). C'est le montant de l'accord auquel est parvenu le groupe pharmaceutique américain AbbVie pour le rachat du britannique Shire, après plusieurs tentatives repoussées par sa cible. Annoncée ce vendredi, l'opération permettra à AbbVie de diversifier son portefeuille de produits tout en réduisant ses impôts.

60% du chiffre d'affaires via un produit unique

À ce jour, AbbVie réalise en effet près de 60% de son chiffre d'affaires avec un seul produit, l'Humira, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde.  

Créé au Royaume-Uni, le laboratoire Shire, qui a localisé son siège à Dublin, produit quant à lui des traitements de certaines maladies rares et de l'hyperactivité, et réalise la majeure partie de ses ventes sur le marché américain.

"Cette transaction va créer une entreprise particulièrement bien placée dans le domaine de la biopharmacie, qui sera en première position dans de nombreux domaines prometteurs, comme l'immunologie, les maladies rares, les neurosciences, les maladies métaboliques et du foie, ainsi que dans de nombreux programmes d'oncologie", se sont félicités les deux laboratoires.

Déplacer le siège dans des terres plus accueillantes 

Son rachat permettra entre autres à AbbVie de transférer son siège social en Grande-Bretagne ou en Irlande, et donc de bénéficier d'un taux d'imposition des bénéfices inférieur à celui auquel il est aujourd'hui soumis aux États-Unis.

   Lire : Pourquoi les "big pharmas" reprennent leurs grandes manœuvres

Ce mécanisme dit d'"inversion fiscale" avait déjà été à l'origine de la tentative avortée de rachat d'AstraZeneca , l'un des grands noms de la pharmacie britannique, par l'américain Pfizer pour près de 70 milliards de livres (88,5 milliards d'euros).

   Explication : Comment les géants américains évitent le fisc en toute légalité

Il a également motivé plusieurs autres opérations dans le secteur ces derniers mois, comme l'acquisition de Medtronic par Covidien, au grand dam du gouvernement américain qui peine à le réguler et a appelé au "patriotisme économique"

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Commentaires
a écrit le 19/07/2014 à 22:02 :
En fait le siège, auparavant à Eysins (Vaud) en Suisse, ira à Zoug, paradis fiscal hélvétique encore plus favorable.
a écrit le 19/07/2014 à 14:54 :
Le siège de l'ensemble est transféré à Jersey. On retrouve le même processus d'exfiltration adopté par Mylan qui s'est établi au Pays-Bas après l'acquisition des génériques de Abbott, l'ancienne maison mère de AbbVie. Concernant ce dernier le deal de 55 milliards de dollars ne termine certainement pas l'opération. Richard Gonzalez le CEO d'AbbVie sait bien que sa société en rapide déclin encore valorisées 82 milliards pour un chiffre de 18 ne pourra amortir l'achat et la restructuration de sa proie qui réalise environ 5 milliard de revenu. Mais le nouvel ensemble peut très bien désormais servir à des regroupements ... avec Mylan peut-être puis d'autres grosses entités américaines comme Eli lilly qui devient désormais une proie, à la manière d'une voiture -balai. Or ces deals ne sont possibles que s'ils sont défiscalisés, les actionnaires qui ne suivent pas tous l'opération et restent sur le sol des USA, touchent le pactole ... qui devient imposable. Il faut bien se dégager des canards boîteux le plus convenablement possible lorsque le moment devient pressent. C'est pourquoi derrière un bougonnement de façade, le gouvernement est bien content que les choses se passent ainsi. Il veut juste éviter et les américains aussi que les choses ne se fassent pas sans réelle justification et après "autorisation" implicite. C'est à cela que servent les paradis fiscaux, ce n'est pas nouveau. Ils existent parce qu'ils rendent des services, c'est le cas ici.

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