Coronavirus : les quatre technologies gagnantes pour un vaccin

Florence Pinaud
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Coronavirus: berlin entre au capital de curevac, lance dans la course au vaccin
ANDREAS GEBERT

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Coronavirus: berlin entre au capital de curevac, lance dans la course au vaccin
ANDREAS GEBERT
La guerre des vaccins s'accélère. Six mois après la découverte du virus SARS-CoV-2 à Wuhan, pas moins de dix essais de vaccins ont déjà débuté sur l'homme. Et au moins dix autres sont prêts à être lancés début juillet. Du jamais-vu.
En trois phases, ces essais contrôleront que le vaccin est bien toléré par l'organisme humain, qu'il convient aux différents profils de patients et qu'il se montre efficace en cas de contamination. Et pour mettre au point leur précieux cocktail, les laboratoires ont le choix entre quatre technologies différentes, de celle que l'on utilise depuis longtemps jusqu'à une toute nouvelle, séduisante, mais pas encore homologuée pour des vaccins humains.
Tout d'abord, la technologie traditionnelle reste dans la course. Elle consiste à atténuer le virus de la maladie par traitement chimique avant de l'injecter. Elle permet aux défenses immunitaires de développer des anticorps spécifiques contre le vrai virus. Ces vaccins sont efficaces, mais longs à mettre au point. C'est la technologie adoptée par de nombreux laboratoires chinois, comme Sinopharm.
La technologie des protéines virales est différente: elle consiste à injecter seulement des protéines, semblables à celles qui constituent la surface du virus. À leur contact, le système immunitaire fabrique normalement des anticorps. Mais, avec cette technique, il a parfois besoin d'être aidé, ce qui nécessite de doper la formule avec des adjuvants. Cette technique est celle du vaccin contre l'hépatite B ou contre le papillomavirus. Pour la Covid-19, Novavax ou Clover pharmaceuticals ont choisi cette formule tout comme Sanofi en partenariat avec GSK.
Les deux autres stratégies concernent des vaccins dits "génétiques", faisant appel à du matériel génétique du virus.
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La technologie du vecteur viral consiste à injecter un autre virus que celui de la maladie qui va servir. Ce virus sert à transporter le vaccin dans les cellules du patient, mais il a été génétiquement modifié et possède des séquences génétiques du SARS-CoV-2. Ces séquences vont pousser les cellules à fabriquer les protéines virales, ce qui déclenche la production d'anticorps. Cette technique est déjà utilisée dans la thérapie génique et le vaccin contre Ebola. Pour la Covid-19, elle a été retenue par Johnson & Johnson et AstraZeneca.
Enfin, la technologie par ARNm est la plus innovante. Elle consiste à injecter un morceau génétique du virus appelé ARN "messager". Tout comme la stratégie précédente, cet ARNm est censé amener les cellules du patient à produire des protéines virales pour que le système immunitaire fabrique des anticorps. Cette technologie est déjà utilisée pour des vaccins vétérinaires, mais elle n'a pas encore été homologuée pour l'homme. Ses avantages : une production bien plus rapide qu'avec les autres stratégie et un stockage simple hors chaîne du froid. Pour la Covid-19, elle a été choisie par Pfizer en partenariat avec BioNtech, Sanofi en partenariat avec Transet Bio, tout comme Moderna Therapeutics et la biotech allemande Curevac que les Américains avaient cherché à racheter au printemps.
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Florence Pinaud