Doliprane, dossier explosif
Marie-pierre Gröndahl
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L’usine de Sanofi à Lisieux.
LTD/MYCHELE DANIAU / AFP
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L’usine de Sanofi à Lisieux.
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La future vente d'Opella par Sanofi, dévoilée il y a tout juste un an par le groupe pharmaceutique français, avait tout du dossier inflammable depuis le premier jour. Annoncée le 10 octobre, la cession de 50 % du capital de cette filiale spécialisée dans les médicaments grand public, ayant une centaine de marques en portefeuille (le célèbre Doliprane, la forme de paracétamol la plus consommée en France, mais aussi Dulcolax, Lysopaïne ou Maalox), se justifiait pourtant s'agissant de la stratégie industrielle. La plupart des grands laboratoires mondiaux, dont GSK ou Johnson & Johnson, l'ont déjà mise en place, pour concentrer leurs efforts d'investissement sur le développement de molécules innovantes.
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Mais cette décision concerne l'avenir d'une entreprise de 11 000 salariés, dont 950 en France, qui exploite deux sites industriels à Lisieux et à Compiègne, le premier uniquement dévolu à la production de Doliprane. Elle risquait donc de susciter l'incompréhension, voire le rejet de l'opinion publique et d'une partie des décideurs politiques. Cela n'a pas manqué. Selon un familier de l'opération, plusieurs facteurs distincts expliquent la colère (lire la tribune des députés PS ci-dessous) qui monte depuis deux jours : « Les défaillances de Sanofi, incapable de produire un vaccin lors de la pandémie malgré les aides publiques reçues, l'attachement populaire au Doliprane et les inquiétudes provoquées par la rupture de ses stocks il y a deux ans nourrissent hostilité et anxiété sur les conséquences de cette vente. » Le calendrier n'arrange rien : « En plein débat budgétaire, le moment n'aurait pas pu être pire », avoue un financier au fait de l'opération, qui souligne néanmoins que les inévitables aléas des négociations concernant une cession de cette ampleur - de 15 à 16 milliards d'euros - ont empêché de la révéler plus tôt. Sans certitude d'ailleurs qu'elle aurait été mieux acceptée.
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