600 boîtes de Doliprane par minute. Une cadence permise par une automatisation quasi complète, à l'exception d'un opérateur chargé de placer les emballages sur le rail. Sur le site industriel de Compiègne dans l'Oise, Opella, l'ancienne filiale de produits de santé grand public de Sanofi continue sa routine de production, loin de l'agitation de la classe politique de ces derniers mois.
Car désormais, c'est chose faite, le Doliprane - tout comme plusieurs autres marques connues du grand public en France - ne fait plus partie du groupe pharmaceutique français. Le laboratoire français a, en effet, choisi de céder 50 % de ses parts dans cette branche, préférant se concentrer sur des traitements à haute valeur ajoutée, notamment en immunologie. Après une longue attente pour savoir celui qui reprendra le dossier, le groupe français a choisi le fonds d'investissement américain CD&R, déjà actif sur le secteur de la santé, mais aussi de l'industrie, des services financiers, de la distribution et des technologies. Une décision vivement critiquée dans l'opinion publique et au sein de la classe politique, inquiets pour la souveraineté sanitaire française.
La séparation en deux entités, concrétisée le 30 avril dernier, « ne change pas la feuille de route », assure Opella. En réalité, l'indépendance de l'entreprise permettra d'accélérer les projets d'innovation, déjà entamés depuis ces dernières années et l'annonce de la vente de la structure en 2023. « Il y avait moitié moins de projets il y a trois ans », confirme Damia Leydet, la directrice du centre de développement.