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Vente du Doliprane : l'Etat sera actionnaire via Bpifrance entre 1% et 2% du capital

Photo de Marie Nidiau

Marie Nidiau

Publié le 21 octobre 2024 à 07:30 - Mis à jour le 21 octobre 2024 à 14:45

L'entrée de l'Etat au capital permettra un point de contrôle supplémentaire sur les engagements ainsi qu'une vision précise de Sanofi.

L'entrée de l'Etat au capital permettra un point de contrôle supplémentaire sur les engagements ainsi qu'une vision précise de Sanofi.

Reuters

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L'Etat va rentrer au capital d'Opella, la filiale de Sanofi qui produit le Doliprane. Le gouvernement a trouvé un accord tripartite avec Sanofi et le fonds américain CD&R, avec des garanties du maintien et du développement d'Opella en France. Si ces dernières ne sont pas respectées, la sanction pourrait s'élever à 40 millions d'euros.

[Article publié le dimanche 20 octobre 2024 à 21h56 et mis à jour le lundi 21 octobre à 16h45] Après une semaine de va-et-vient, l'Etat a tranché. Il sera actionnaire entre 1% et 2% du capital, via Bpifrance, d'Opella, la filiale de Sanofi qui produit le Doliprane, pour une valeur d'entreprise d'environ 16 milliards d'euros. Cela représentera entre 100 millions et 150 millions d'euros investis par Bpifrance et un siège au conseil d'administration. Une entrée au capital qui permet « un point de contrôle supplémentaire » sur les engagements ainsi qu'une vision précise de l'avenir de la filiale de Sanofi, a assuré le gouvernement.

L'exécutif a ainsi annoncé avoir trouvé un accord tripartite entre l'État, Sanofi et le fonds américain CD&R, qui devrait reprendre 51% d'Opella. Cet accord garantit le maintien et le développement de la production de Doliprane en France, ainsi que le maintien de l'emploi et du siège sur le sol français. Il acte également un investissement de 70 millions d'euros sur le territoire national.

Des informations confirmées par Sanofi ce lundi. «Sanofi et CD&R sont entrés en négociations exclusives pour la cession et l'acquisition potentielles d'une participation de contrôle de 50% dans Opella», affirme un communiqué du groupe français qui précise que l'offre de CD&R est «ferme et entièrement financée».

L'offre améliorée, annoncée jeudi, d'un autre candidat au rachat, le fonds d'investissement français PAI Partners, adossé à des investisseurs internationaux, n'a quant à elle pas abouti.

Lire aussiDoliprane : Sanofi entre en négociations exclusives avec le fonds américain Clayton Dubilier & Rice

Des sanction lourdes

En cas d'arrêt d'un des deux sites de production dans les cinq prochaines années, la sanction montera jusqu'à 40 millions d'euros, a précisé le ministre de l'industrie, Marc Ferracci. L'accord prévoit un prolongement éventuel de cette garantie de pérennité des usines. Par ailleurs, le maintien d'un niveau minimum de valeur ajoutée produit sur ces sites pendant cinq ans pourrait être aussi prolongé. Aussi, afin de ne pas masquer la baisse d'emploi, tout licenciement dans le cadre de licenciements économiques contraints se verra assorti d'une peine de 100.000 euros par emploi supprimé.

En outre, l'accord souligne l'obligation du maintien d'approvisionnement auprès des fournisseurs et sous-traitants français sous peine d'une pénalité de 100 millions d'euros, et tout investissement inférieur aux 70 millions d'euros prévus pendant cinq ans sera sanctionné.

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« Avoir un régime de sanction est la meilleure manière de faire respecter les garanties », a affirmé le ministre de l'Économie.

L'Etat souligne que son entrée au capital permettra d'apporter une pression supplémentaire pour le respect de cet accord. Des mesures qui doivent rassurer, alors que le cas de General Electric et l'accord pour la création de 1.000 emplois non tenu en 2014, après le rachat de la branche « Energie » d'Alstom plane toujours. Le groupe américain avait préféré payer les sanctions plutôt que de créer de nouveaux postes.

Crainte d'une« casse sociale »

Depuis plusieurs jours, le gouvernement tente de rassurer sur le devenir des sites français d'Opella à Lisieux (Calvados) et Compiègne (Oise) en multipliant les déclarations sur les engagements écrits demandés aux parties prenantes en matière d'emplois et de sécurité d'approvisionnement.

A LIRE AUSSI

Doliprane : les salariés des sites français de Sanofi maintiennent la grève

« Le sujet du Doliprane est immensément stratégique dans un enjeu de souveraineté » sanitaire. « Nous avons besoin de maintenir la production chez nous et les chaînes d'approvisionnement », a-t-il souligné.

Les syndicats craignent de leur côté une « casse sociale » parmi les 1.700 emplois que compte Opella sur le sol français. Ces derniers souhaitaient que la filiale de Sanofi reste sous giron français.

Les syndicats suspendent «temporairement» leur grève

Néanmoins, la réponse apportée par l'Etat semble avoir apaisé quelque peu leurs inquiétudes puisqu'ils ont appelé, ce lundi, à « suspendre temporairement » leur grève reconductible qu'ils mènent depuis la semaine dernière. La fédération chimie-énergie de la CFDT précise néanmoins rester « très attentive, vigilante et mobilisée dans les négociations exclusives » entre le géant pharmaceutique et le fonds CD&R, selon un communiqué de presse.

La CGT va aussi lever le mouvement de grève « à partir de mardi soir », a indiqué à l'AFP Fabien Mallet, syndicaliste CGT Sanofi France.

De son côté, la FCE-CFDT a indique, elle, qu'elle « ne peut se satisfaire » de l'annonce faite par Sanofi lundi matin de mener des négociations exclusives avec le fonds américain CD&R. Mais « force est de constater que la forte mobilisation des salariés du groupe, des adhérents CFDT et de la fédération, aura permis d'obtenir certaines garanties pour l'avenir », ajoute néanmoins le communiqué.

À lire également

  • Sanofi entend bien « finaliser » les discussions avec le fonds américain CD&R
  • Doliprane: Sanofi assure que les emplois resteront en France
  • Le gouvernement demande le bilan des aides touchées par Sanofi

Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a quant à lui réclamé ce lundi sur TF1 de « bloquer la vente », affirmant qu'une entrée au capital du gouvernement n'était pas suffisante.

Marie Nidiau

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