Vente d'Opella (Doliprane): Sanofi botte en touche sur ses investissements
latribune.fr
La vente d'Opella à un fonds américain suscite de vives inquiétudes dans le monde politique, sur fond de préoccupations sur la disponibilité à terme du Doliprane.
Auditionné ce jeudi par des députés de l'Assemblée nationale, un haut cadre de Sanofi est resté flou sur la destination de l'argent récolté suite à la vente de la filiale Opella, qui fabrique le Doliprane. Il a néanmoins indiqué qu'une grande partie ira pour le développement du groupe.
On n'en saura pas plus pour le moment. Auditionné par des députés de l'Assemblée nationale, un haut cadre de Sanofi a déclaré de ne pas savoir pour le moment comment son groupe utilisera le produit de la vente d'Opella, filiale produisant le Doliprane.
« L'opération est en cours : elle doit s'exécuter et se terminer donc c'est un peu tôt pour être précis sur l'allocation de telle ou telle partie de ces fonds sur les différentes priorités », a ainsi déclaré Pierre Vergriete, directeur financier du groupe pour la France.
Une part importante pour le développement du groupe
Sanofi a confirmé lundi vendre la moitié de cette branche au fonds américain CD&R. L'opération, qui valorise Opella 16 milliards d'euros, devrait donc rapporter environ huit milliards à Sanofi.
À plusieurs reprises interrogés par les députés sur la destination du fruit de cette vente, différents cadres de Sanofi n'ont pas donné de réelles précisions. Ils ont néanmoins laissé entendre qu'une part importante serait allouée au développement du groupe. « C'est une opération de développement et de croissance, ce n'est pas une opération financière », a déclaré à ce sujet Pierre Vergriete, même s'il est « normal que les actionnaires voient leur investissement justement rémunéré ».
Même tonalité chez Paul Hudson, directeur général de Sanofi, dans une interview au journal Le Monde cette semaine. Les deniers issus de la vente « seront investis en partie dans la croissance de l'entreprise mais aussi dans la réalisation d'acquisitions externes. Une partie sera également accordée aux actionnaires ».
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Inquiétudes
La vente d'Opella à un fonds américain suscite de vives inquiétudes dans le monde politique, sur fond de préoccupations sur la disponibilité à terme du Doliprane, ainsi que sur le maintien de l'emploi dans les usines françaises produisant le traitement.
Ces derniers jours, plusieurs syndicats du groupe se sont inquiétés d'une « casse sociale » chez les 1.700 salariés que compte le groupe pharmaceutique en France. Les salariés d'un site important, celui de Lisieux (en Normandie), sont d'ailleurs toujours en grève, tandis que ceux de l'usine de Compiègne (Picardie) ont repris le travail, tout en n'excluant pas un nouveau débrayage la semaine prochaine.
Un accord entre l'État, Sanofi et CD&R prévoit néanmoins d'imposer de nombreuses conditions pour garantir notamment la production du Doliprane en France, l'approvisionnement du marché français et la préservation des emplois sur les sites nationaux. La banque publique Bpifrance devrait par ailleurs représenter l'État à hauteur de 2% du capital.
Mais le secrétaire général du PS, qui a rendu visite aux salariés du site de Lisieux ce jeudi, n'est pas de cet avis. « Contrairement à ce qui a été annoncé par le gouvernement, il n'y a aucune garantie sur le maintien de l'emploi », considérant qu'avec « 28% de rentabilité, personne n'est en danger si la production reste en France, nous devons mener une politique de souveraineté industrielle ».