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Une bonne nouvelle pour plusieurs patients et un casse-tête pour la Sécu. Mardi 28 novembre, le laboratoire MSD a annoncé avoir trouvé un accord avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) sur le prix du Keytruda dans une nouvelle indication. Ce médicament basé sur l'immunothérapie pourra être prescrit en "première ligne" (premier traitement administré) contre le cancer du poumon dit "non à petites cellules" à un stade avancé.
L'autorité de santé et le laboratoire se sont entendus au bout de six mois de négociations sur un prix de 4.300 euros par cycle de traitement (une injection toutes les trois semaines), ce qui représente environ 6.000 euros par mois et par patient. "On a consenti une baisse de prix de 17% par rapport au prix fixé précédemment, par esprit de responsabilité économique", fait valoir MSD. Le prix grimpait initialement à 7.000 euros par mois pour un patient de 75 kilos. Le Keytruda était alors destiné à soigner les mélanomes avancés, en deuxième ligne. Depuis quelques mois, il était également utilisé en deuxième ligne pour traiter les patients atteints d'un cancer du poumon.
Concernant cette nouvelle indication, tous les patients n'en bénéficieront pas. La protéine PD-L1, qui fait figure de biomarqueur pour l'usage de ce traitement, doit être présente dans plus de 50% des cellules de la tumeur pour que les défenses immunitaires soient activées de façon satisfaisante. Le laboratoire a ainsi estimé à 6.000 le nombre de patients qui pourront bénéficier de son traitement contre le cancer du poumon, en première ligne, c'est-à-dire un quart environ des nouveaux cas de cancer de poumon à stade métastatique (cancer qui s'est propagé à d'autres parties du corps).
Désormais, 60% des patients recevront une chimiothérapie, contre 85% auparavant, et 15% seront traités avec des thérapies ciblées touchants aux mutations de gènes de la tumeur (ALK, ROS, EGFE).
La Sécu va ainsi devoir fournir un nouvel effort. En 2015, les remboursements du Keytruda s'élevaient à 37 millions d'euros, puis 61,5 millions d'euros en 2016. L'immunothérapie concurrente, l'Opdivo de BMS, également prescrite pour les mélanomes et le cancer du poumon a coûté 47 millions d'euros en 2015, puis 210 millions d'euros en 2016 à l'Assurance maladie. Avec les 6.000 nouveaux patients éligibles au Keytruda , cela représente potentiellement 36 millions d'euros de nouvelles dépenses pour un traitement d'un mois, et 422 millions d'euros sur un an. Néanmoins, il faudra tenir compte des éventuels rabais du laboratoire négociés avec les autorités de santé - et tenus secrets.
Les autorités de santé espèrent malgré tout maintenir les dépenses consacrées au Keytruda et à l'Opdivo sous les 600 millions d'euros par an, selon Les Echos. Il faut dire que la flambée des dépenses dédiées aux nouveaux anticancéreux fondés sur l'immunothérapie inquiète l'Assurance maladie. Ils sont jugés responsables de la forte hausse des dépenses de la Sécu en oncologie. Les cancers ont coûté 14,1 milliards d'euros (soins dans les hôpitaux, médicaments,...) à la Sécurité sociale en 2015, soit une hausse de 1,568 milliard d'euros en trois ans.
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L'arrivée attendue de nouvelles indications pour le traitement phare de MSD en France et donc l'augmentation du nombre de patients traités pourrait mettre à mal cet objectif.
Le laboratoire américain espère une autorisation de mise sur le marché sur le sol français en 2018 pour ces deux indications. A terme, il vise une dizaine d'indications pour le Keytruda. BMS table quant à lui sur l'utilisation de l'Opdivo contre huit pathologies au total.
Par ailleurs, reste une inconnue sur ces traitements fondés sur l'immunothérapie, en raison de leur arrivée récente sur le marché. La moitié des patients traités contre un cancer du poumon avec le Keytruda sont encore vivants au bout de 30 mois, deux fois plus que lorsqu'ils ont été traités avec une chimiothérapie, assure MSD.
Doivent-ils continuer à recevoir ce traitement, même lorsqu'ils atteignent une rémission ? Ni le laboratoire, ni les médecins venus présenter les effets des immunothérapies dans le cancer, à l'instar d'Aurélien Marabelle, oncologue à Gustave Roussy, et Christos Chouaid, pneumologue, n'ont de réponse concrète à cette question.
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Toutefois, ils estiment qu'il ne faut pas prendre en compte seulement le coût du traitement, mais également les économies réalisées avec les sorties d'hôpitaux des personnes pour lesquelles le traitement a pu supprimer les symptômes du cancer. Selon Christos Chouaid, plusieurs d'entre eux ont pu reprendre une activité professionnelle et retrouver une "vie après le cancer".