Cancer et immunothérapie : les déboires de BMS profitent à Merck

 |   |  461  mots
Merck est le numéro 2 dans l'immunothérapie contre les cancers derrière BMS.
Merck est le numéro 2 dans l'immunothérapie contre les cancers derrière BMS. (Crédits : © Jeff Zelevansky / Reuters)
Les résultats d'un essai clinique de l'Opdivo, un traitement en immunothérapie contre le type de cancer du poumon le plus répandu s'est avéré décevant, faisant plonger l'action du groupe pharmaceutique Bristol-Myers Squibb en Bourse. Le laboratoire Merck, qui développe un traitement concurrent, a vu son titre bondir.

La recherche clinique dans l'immunothérapie contre le cancer n'est pas un long fleuve tranquille. Début juillet, la biotech Juno Therapeutics avait dû stopper momentanément un essai clinique dédié à un traitement contre la leucémie chez les adultes. C'est au tour de Bristol-Myers Squibb (BMS) de connaître des difficultés. Le groupe n'a pas atteint les objectifs d'efficacité attendus pour un essai de phase III (dernière phase avant un lancement sur le marché) de son Opdivo destiné à une prescription contre les cancers du poumon les plus répandus, ceux dits "non à petites cellules", a-t-il annoncé vendredi 5 août. Son médicament d'immunothérapie vedette n'a pas réussi à ralentir la progression des symptômes de la maladie auprès de patients atteints d'un cancer du poumon à un stade avancé.

A la clôture de la Bourse, à New York, vendredi, l'action du groupe perdait 15,99% à 63,28 dollars, malgré la publication d'un communiqué qui se veut rassurant. Le laboratoire pharmaceutique américain se dit fier de ce qu'a et ce que va accomplir son Opdivo. Il promet de continuer les essais cliniques en testant une combinaison de ce traitement avec le Yervoy (un produit utilisé contre les mélanomes avancés).

Un coup de boost pour le Keytruda de Merck ?

Merck, dont la croissance est alimentée par l'oncologie et les vaccins notamment, a vu son titre prendre 10% en Bourse à New York, vendredi, à 63,86 dollars. Le groupe pharmaceutique travaille sur le Keytruda, un traitement concurrent à celui de BMS, contre le même type de cancer du poumon. Merck a d'ailleurs publié des résultats positifs pour ce traitement en juin, montrant des amélioration par rapport à la chimiothérapie classique et rallongeant l'espérance de vie des patients atteints de cancers du poumons "non à petites cellules". Il a été approuvé pour cette application en août par la Commission européenne. Pour rappel, l'immunothérapie vise à booster les défenses immunitaires afin de détruire les cancers.

L'Opdivo est le médicament le plus vendu de BMS et a enregistré 840 millions de dollars de chiffre d'affaires au premier semestre. Le Keytruda atteint quant à lui les 314 millions de dollars de revenus sur la même période pour Merck, qui pour l'instant reste en deuxième position dans le marché de l'immunothérapie contre le cancer.

Quatre grands groupes très actifs dans le domaine

Outre Merck et BMS, actuellement leaders dans l'immunothérapie contre les cancers, Astrazeneca  et Roche tentent de creuser leur trou.

Ce dernier dispose de neuf traitements en immunothérapie lancés en phase clinique au début de l'année 2015. Le numéro 1 dans les anticancéreux cherche des relais de croissance pour pallier la perte des brevets à venir de plusieurs blockbusters, dont le Rituxan et l'Avastin.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :