Les laboratoires pharmaceutiques américain et anglais cherchent à développer des combinaisons de médicaments associant des inhibiteurs pour empêcher les cellules cancéreuses de se "réparer" et grandir avec des immunothérapies pour stimuler le système immunitaire du patient. Dans l'optique de faire gagner des mois de survie aux patients et d'augmenter fortement leurs revenus en oncologie.
MSD va aider Astrazeneca à développer deux anticancéreux, le selumetinib et l'olaparib (Lynparza), dont la stratégie thérapeutique est de bloquer ou ralentir le développement des cellules cancéreuses. Les deux big pharmas se partageront équitablement les profits issus des ventes de ces anticancéreux commercialisés en monothérapie, mais aussi - et surtout - associés à d'autres traitements.
Dans cette optique, le Lynparza est la molécule la plus importante du deal. Elle est capable de bloquer une enzyme appelée poly(ADP-ribose) polymérase (parp) En bloquant son fonctionnement, elle peut empêcher la reconstruction d'une cellule cancéreuse. Déjà sur le marché pour traiter le cancer de l'ovaire avancé, le Lymparza est en phase d'essais cliniques pour 14 nouvelles indications, dont le cancer du sein, de la prostate et du pancréas. Les deux laboratoires espèrent développer des combinaisons avec le Lynparza , en y associant le Keytruda, notamment, la molécule phare de MSD. Avec pour objectif, en associant les bénéfices des deux stratégies thérapeutiques, de faire gagner des mois de survie aux patients atteints de cancers à des stades avancées, le mantra des anticancéreux pour obtenir le feu vert des agences des médicaments.
Des immunothérapies plus efficaces ?
A l'instar du Lymparza, le Keytruda est destiné à de multiple cancers. Cette molécule rend les tumeurs attaquables par les lymphocytes T de l'organisme, en bloquant les PD-L1/PD-1, des protéines présentes sur les cellules cancéreuses qui empêchent toute réponse immunitaire. Problème: moins de 20% des patients y répondent. Le traitement à base de Keytruda traitement peut faire des "miracles" ou s'avérer moins efficace qu'une chimiothérapie, selon les patients.
Astrazeneca cherche quant à lui de nouveaux relais de croissance. Il a enregistré une hausse du bénéfice net de 58%t à 1 milliard de dollars au premier semestre... due à des efforts de réduction de coûts et à la cession de droits de certains de ces médicaments, comme le Zurampic contre l'excès d'acide urique dans le sang. En 2016, il a subi une chute de 5% de ses ventes en raison de la perte de quelques brevets et du manque de nouveaux traitements mis sur le marché.