Roche et Novartis ont contribué aux 37,5 millions d'euros levés par la société française Vivet Therapeutics pour s'attaquer à une maladie rare du foie. Inventiva et Genfit suscitent également l'intérêt des géants pharmaceutiques dans la NASH, une autre pathologie touchant l'organe. Le marché potentiel des maladies du foie aiguise l'appétit des big pharmas.
C'est un montant rare en France pour une première levée dans le secteur des biotech. Vivet Therapeutics a levé 37,5 millions d'euros suite à "un tour de financement de plusieurs mois clôturé fin mars", précise à La Tribune, Jean-Philippe Combal, président de la société. Parmi les contributeurs, elle compte deux big pharmas : Novartis et Roche.
Vivet Therapeutics, qui développe des thérapies géniques (introduction d'un gène dans une cellule pour soigner une pathologie) afin de traiter des maladies métaboliques d'origines génétiques, des maladies du foie en particulier, compte démarrer les essais cliniques en 2018 grâce à cet argent frais. Priorité sera donnée au VTX801, un produit thérapeutique s'attaquant à la maladie de Wilson - cette affection touche une personne sur 30.000 et génère une accumulation toxique de cuivre dans l'organisme, pouvant nécessiter à terme des greffes de foie.
Inventiva et Genfit jouent les premiers rôles dans la "maladie du foie gras"
Outre Vivet Therapeutics, deux autres biotechs françaises suscitent un vif intérêt des grandes sociétés pharmaceutiques dans les maladies du foie. "Il y a une attractivité majeure des labos pharmaceutiques pour les maladies métaboliques", estime Jean-Philippe Combal.
Ainsi, via le fonds d'investissement Novo A/S, le laboratoire danois Novo Nordisk s'est engagé à prendre dix millions d'euros d'actions d'Inventiva lors de l'introduction en Bourse de la biotech. La société dijonnaise a su séduire le laboratoire pharmaceutique à la recherche de nouveaux relais de croissance, grâce à l'IVA337, son médicament candidat phare. Ce traitement agit contre la NASH ( stéatose hépatique non alcoolique, surnommée la "maladie du foie gras humain"), une pathologie due à une alimentation trop riche, qui peut évoluer en fibrose, cirrhose et cancer de l'organe.
Toujours dans la NASH, Genfit, avec son traitement Elafibranor en phase III (dernière étape avant un potentiel lancement sur le marché), suscite un vif intérêt des laboratoires pharmaceutiques. Au point d'aiguiser fortement l'appétit d'acheteurs potentiels. Comme en 2015, le cours de la biotech a fortement augmenté fin 2016, dopé par des informations de Bloombergévoquant une possible vente de Genfit. Avec Novartis, Shire et Sanofi comme prétendants à un rachat. Selon un article du site Street Insider, publié fin mars, Novartis s'est dit proche d'un accord avec la biotech française.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Un marché potentiel à plus d'une vingtaine de milliards de dollars
Les biotechs françaises doivent toutefois confirmer. Elles n'ont pas signé d'importantes transactions comme d'autres sociétés biopharmaceutiques à l'étranger. Et les transactions se sont multipliées ces deux dernières années dans les maladies du foie.