Sanofi chute en Bourse, confronté à des analystes sceptiques sur son traitement d'un eczéma

Selon les analystes, il est trop tôt pour évaluer le potentiel commercial de l'amlitelimab.
Reuters

Selon les analystes, il est trop tôt pour évaluer le potentiel commercial de l'amlitelimab.
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Douche froide pour Sanofi. Ce matin, le géant pharmaceutique français présentait les résultats de son étude sur son traitement amlitelimab contre la dermatite atopique. L'objectif était d'évaluer l'intérêt de ce médicament sur une pathologie à l'origine d'une forme d'eczéma. Le résultat d'essai en phase 3 a « démontré une efficacité statistiquement et cliniquement significative (...) qui augmente progressivement tout au long de la période de traitement », s'est réjoui Sanofi dans son communiqué.
Une efficacité insuffisante pour les analystes de la banque d'investissement américaine Jefferies, écrivant dans leur note que « la phase 3 de l'essai de l'amlitelimab n'a pas reproduit l'efficacité constatée lors de la phase 2 et semble moindre par rapport à d'autres médicaments ». Selon les analystes, il est trop tôt pour évaluer le potentiel commercial de l'amlitelimab. Résultat : Sanofi chutait de plus de 8 % en Bourse à l'ouverture et perdait encore aux alentours de midi, pour atteindre - 10 %.
Il faut dire que l'attente autour de ce produit était grande, puisque le groupe pharmaceutique mise sur le développement de l'amlitelimab pour un grand nombre d'indications. C'est la stratégie de Sanofi avec le pari des fameux « blockbusters », ces médicaments qui réalisent plus d'un milliard d'euros de chiffres d'affaires, à l'instar du Dupixent (dupilumab). Ce médicament multi-usage a vu ses ventes progresser de 21,1 % au premier semestre 2025 huit ans après sa sortie, et ce, grâce à une nouvelle indication.
Avant d'éventuels nouveaux usages, Sanofi attend encore des retours d'autres études de phase 3 sur l'amlitelimab prévues pour 2026.
Le laboratoire français a par ailleurs entamé sa troisième campagne de vaccination contre la bronchiolite du nourrisson ce lundi. Le gouvernement l'a avancé de quinze jours cette année, après les bons résultats des campagnes précédentes sur la réduction des hospitalisations de nouveau-nés.
Sanofi fait partie des deux entreprises qui fournissent un vaccin contre par le virus respiratoire syncytial (VRS) à l'origine des bronchiolites. Le vaccin Beyfortus du groupe français est le seul actuellement en vente en France appliqué sur les nourrissons. Le deuxième vaccin disponible, Abrysvo, de l'américain Pfizer est, quant à lui, à destination des femmes enceintes.
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Les ventes de Beyfortus se sont élevées à 72 millions d'euros ce premier semestre, portées par une expansion dans plusieurs pays du monde. Mais le groupe s'est dit insatisfait du prix négocié de ce vaccin avec les autorités françaises. Des négociations sont en cours alors que les laboratoires pharmaceutiques ne cessent de dénoncer des prix des médicaments trop bas en France.
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En juin dernier, Sanofi avait même souhaité retirer du remboursement son traitement baptisé Praluent (alirocumab) contre l'hypercholestérolémie, faute d'accord sur le prix. Le groupe a finalement annoncé suspendre la demande de déremboursement en juillet et reprendre les discussions avec les autorités sanitaires françaises.
(Avec agences)