Gabriel Attal a annoncé ce vendredi que des « mesures d'information et de recommandations nouvelles » seront instaurées pour les personnes voyageant dans les zones à risque face à l'épidémie de mpox. Le Premier ministre démissionnaire a par ailleurs indiqué qu'un « don de vaccins aux pays les plus touchés » a été décidé, à la demande d'Emmanuel Macron.
[Article publié le vendredi 16 août, à 20h42, mis à jour le samedi 17 août, à 11h45]Le système de santé français est placé en « état de vigilance maximale » face à l'épidémie de mpox, a annoncé le Premier ministre Gabriel Attal ce vendredi, après que des cas ont été détectés en Suède puis au Pakistan ces derniers jours.
Le chef démissionnaire du gouvernement a tenu vendredi un point de situation avec les ministres Catherine Vautrin et Frédéric Valletoux, alors que la recrudescence du mpox - anciennement appelé variole du singe - en République démocratique du Congo (RDC) a incité l'Organisation mondiale de la santé à déclarer mercredi une urgence de santé publique de portée internationale, l'alarme la plus élevée.
« À la suite de cette réunion, nous plaçons notre système de santé en état de vigilance maximale », a déclaré Gabriel Attal sur X.
Des « mesures d'information et de recommandations nouvelles »
Cette annonce intervient au lendemain que la Suède a annoncé avoir enregistré un cas de sous-type clade 1b, la même nouvelle souche qui a fait son apparition en RDC depuis septembre 2023, plus mortelle et virulente que le clade 2, endémique en Afrique de l'Ouest. Le patient a été infecté lors d'une visite dans « la partie de l'Afrique où il y a une épidémie majeure de mpox clade 1 », selon l'Agence suédoise de santé publique.
Un total de 18.737 cas suspectés ou confirmés de mpox ont été répertoriés depuis le début de l'année en Afrique, dont 1.200 en une semaine, a affirmé ce samedi l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC). Ce décompte de l'Africa CDC, qui précise que plusieurs variants du virus ont été répertoriés, ajoute qu'il s'agit de 3.101 cas confirmés, 15.636 suspects et 541 décès signalés dans 12 pays du continent. Plus de cas ont été recensés depuis le début de l'année 2024 que durant toute l'année 2023 (14.838), selon l'Africa CDC.
Un cas a aussi été annoncé en Asie, au Pakistan. La souche du virus n'était pas immédiatement connue vendredi, a souligné le ministère de la santé pakistanais. La personne infectée, un homme de 34 ans, « vient d'un pays du Golfe », a précisé le ministère. Il est traité dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, et des échantillons ont été envoyés à Islamabad pour qu'y soit effectué le séquençage génétique de la souche.
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Face à la propagation de ce nouveau variant considéré comme plus dangereux, le Premier ministre français a indiqué que des « mesures d'information et de recommandations nouvelles » seront instaurées pour les personnes voyageant dans les zones à risque, et saisi les autorités sanitaires pour qu'elles statuent sur « l'actualisation des recommandations » de vaccination relatives aux « populations cibles ».
107 cas de mpox de clade 2 en France
Dans l'Hexagone, du 1er janvier au 30 juin 2024, 107 cas de mpox ont été signalés à Santé publique France, selon un bilan publié fin juillet. À ce jour, « seuls des virus (...) de clade 2 ont été identifiés et aucun décès n'a été observé » sur le territoire français, selon ce document. « Parmi les 101 cas pour lesquels l'information était disponible, 5 ont été hospitalisés, tous en raison de douleurs intenses, associées ou non à une pathologie concomitante ou à des complications », détaille ce bulletin.
Parmi 80 cas renseignés, un quart (24%) avaient voyagé dans un pays étranger au cours des trois semaines précédant la survenue des symptômes (éruption cutanée, pustules) alors que la durée d'incubation du virus est comprise entre 5 et 21 jours.
Pour les cas graves de la maladie, le tecovirimat, un médicament utilisé dans le traitement des infections aux orthopoxvirus, la famille des virus de la variole, dont le mpox fait partie, peut-être utilisé. Mais le plus souvent pour les patients atteints par le clade 2 du mpox, le patient guérit spontanément au bout de deux à quatre semaines.
Un « don de vaccins aux pays les plus touchés »
Gabriel Attal a par ailleurs indiqué qu'un « don de vaccins aux pays les plus touchés » a été décidé, à la demande d'Emmanuel Macron, et annoncé un nouveau point de situation lundi. Des vaccins contre le mpox sont administrés en France depuis 2022 aux personnes à risque. Depuis septembre 2023, le nombre de personnes vaccinées oscille entre 250 et 450 par mois, selon les données de Santé publique France.
Le ministère de la Santé précise que « dans l'idéal, le vaccin doit être administré dans les quatre jours après le contact à risque et au maximum 14 jours ».
Les premières recommandations de l'OMS attendues prochainement
L'OMS doit publier prochainement les premières recommandations de son comité d'urgence sur le mpox mais l'organisation et les ONG de santé appellent d'ores et déjà les fabricants de vaccins à accroître largement leur production.
« Nous avons besoin que les fabricants augmentent vraiment leur production pour que nous ayons accès à beaucoup, beaucoup plus de vaccins », a déclaré une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé, Margaret Harris, lors d'un point de presse à Genève.
Margaret Harris a indiqué que l'OMS allait publier prochainement de nouvelles recommandations du comité d'urgence suite à la déclaration d'urgence, afin de guider au mieux les pays.