L'Union européenne favorable à des normes de sécurité communes pour les centrales nucléaires

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Une vaste majorité d'Etats membres de l'Union européenne se sont déclarés lundi favorables à l'instauration de normes communes de sécurité nucléaire en Europe après l'incident de Fukushima au Japon. Le ministre français de l'Industrie Eric Besson souhaite que soient pris en compte quatre critères : inondation, séisme, panne de refroidissement et capacité à répondre aux conséquences d'un accident.

La France est parvenue ce lundi à trouver un accord de principe avec les 26 autres membres de l'Union européenne sur un sujet clé : l'instauration de normes communes de sécurité dans les centrales nucléaire situées sur leur territoire. Ce n'était pourtant pas gagné. Le commissaire européen à l'Energie, Günther Öttinger l'a d'ailleurs volontiers reconnu, à l'issue de cette réunion extraordinaire : "Il y a peu de questions en Europe sur lesquelles les gouvernements et les parlements nationaux ont une divergence de vue aussi importante que sur l'énergie nucléaire. Mais tout le monde est d'accord sur un point: la sécurité doit être de la plus haute qualité. Tous les ministres essaient de s'entendre sur des normes de sécurités communes en Europe pour minimiser les risques d'un désastre."

Tout en reconnaissant des divergences sur l'avenir du nucléaire en Europe, le ministre français de l'Industrie, Eric Besson, s'est prononcé pour l'adoption de telles règles qui, a-t-il dit, devraient s'inspirer des normes de sécurité de troisième génération adoptées en novembre par les Autorités de sûreté nucléaire des pays d'Europe de l'Ouest (WENRA). Cette harmonisation en cours se traduirait par des stress tests qui pourraient reposer sur quatre critères: risque d'inondation, risque sismique, risque lié à la perte de refroidissement et mesures limitant les conséquences d'un accident. C'est en tout cas le souhait de Paris. Eric Besson s'est également montré favorable à ce que des observateurs internationaux participent aux tests dans chaque pays afin d'en renforcer la crédibilité.

Mekel souhaite avancer sur le sujet lors du prochain Conseil européen

La chancelière allemande Angela Merkel, qui a ordonné la semaine dernière la fermeture dans son pays de sept centrales nucléaires d'ancienne génération, a précisé sur son site internet samedi qu'elle soulèverait la question lors du Conseil européen, jeudi et vendredi, à Bruxelles. Vendredi dernier, on avait appris de sources proches de la coalition au pouvoir à Berlin que le ministre de l'Environnement, Norbert Röttgen, envisageait de prendre des mesures de sécurité si draconiennes pour les centrales allemandes qu'elles pourraient les rendre invendables.

Interrogé sur une éventuelle convergence entre les positions française et allemande sur ce sujet, Eric Besson a estimé qu'il était encore trop tôt pour le dire. "Sur des intentions de départ, oui. S'il s'agit de niveau de sûreté oui, dans les modalités concrètes nous allons voir", a-t-il déclaré.

Le Premier ministre français, François Fillon, avait, lui, annoncé la semaine dernière un audit de l'ensemble du parc nucléaire françaises à l'aune des événements au Japon. Mais la France, qui produit 80% de son électricité à partir de l'énergie nucléaire, n'entend pas renoncer à cette spécificité, après avoir misé ces dernières années sur une renaissance du nucléaire. "Nous sommes en pointe en Europe et dans le monde en matière d'électricité nucléaire et nous entendons le rester (...) En matière industrielle, la France s'est déjà dotée avec l'EPR d'un produit dit de troisième génération, donc nous avons un certain nombre d'atouts pour parler du nucléaire de l'avenir", a conclu Eric Besson.

 

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Commentaires
a écrit le 22/03/2011 à 9:33 :
Avec une commission de contrôle indépendante des lobbies et (surtout)européenne.
a écrit le 21/03/2011 à 16:21 :
Les critères retenus par Eric BESSON doivent être ceux retenus pour les audits et réexamens de sûreté que NKM a pris l'engagement d'initier suite à l'accident de Fukushima. La confiance dans la robustesse des analyses de sûreté est LA condition de survie de la filière nucléaire seule énergie non carbonée capable d'assurer notre indépendance énergétique et fournir à chaque instant l'énergie appelée par les consommateurs.

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