Gazprom veut devenir électricien en France

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Après son entrée dans la distribution de gaz dans l'Hexagone, le géant russe étudie des partenariats dans l'électricité et les énergies renouvelables.

Le géant russe des hydrocarbures, qui avance à petit pas sur le marché du gaz dans l'Hexagone, s'intéresse désormais à l'électricité. "Nous regardons la loi Nome de réorganisation du marché de l'électricité. Selon ses modalités, il pourrait être intéressant pour Gazprom d'entrer sur ce marché", déclare Iouri Virobian, patron de la filiale française de Gazprom Marketing et Trading. Le groupe gazier russe envisage de jouer un rôle de fournisseur mais aussi de producteur d'électricité en France, en participant à la construction de centrales à cycle combiné à gaz.

"Nous étudions quelques projets en partenariat avec des sociétés déjà avancées dans ce type de programmes, ajoute le patron de la filiale française. Le nucléaire, c'est bien mais il est nécessaire de construire d'autres moyens de production en France", souligne-t-il. Une centrale à cycle combiné gaz de 900 MW représente un investissement d'environ 600 millions d'euros.

L'appétit du groupe s'étend

Gazprom attend, comme l'ensemble du secteur électrique français, les arbitrages promis d'ici à la fin du mois sur les modalités de la loi Nome, et notamment le prix auquel EDF va devoir revendre à ses concurrents jusqu'à un quart de son électricité. "Un mégawattheure vendu entre 38 et 40 euros pourrait donner une possibilité d'entrer sur ce marché", estime Iouri Virobian. Gazprom, producteur d'électricité en Russie, est actif en tant que distributeur d'électricité en Grande-Bretagne depuis 2010. "En gaz, comme en électricité, nous visons tous les segments de clientèle sauf les particuliers", ajoute-t-il. L'appétit de Gazprom s'étend, et ce serait une première pour le géant russe, aux énergies renouvelables. "Nous discutons avec des partenaires en France. Nous en sommes aux prémices", affirme le patron de la filiale française.

Présent en France depuis 2007, Gazprom a doublé ses livraisons de gaz aux grands clients industriels, passant de 5 à plus de 10 TWh en 2011, avec une part de marché revendiquée de 6% et une trentaine de points de livraison. Soit entre dix et vingt clients, dont "un grand constructeur automobile, un très grand chimiste et une enseigne de grande distribution". Mais ces chiffres restent modestes face à la taille du marché français (510 TWh) et aux moyens d'un des tout premiers producteurs de gaz mondiaux. L'espagnol Gas Natural, actif depuis deux ans en France, en vend déjà environ 7 TWh. Surtout, ces ventes restent dans la limite de l'accord conclu entre Gazprom et son gros client GDF Suez en décembre 2006. GDF Suez avait obtenu une hausse de ses livraisons de gaz russe jusqu'en 2030 en prenant acte que Gazprom allait fournir directement du gaz à "des clients finaux" pour des volumes allant jusqu'à 15 TWh par an.

"Gazprom n'a pas intérêt à casser les prix de détail sur les marchés européens où il est présent. Sinon, ses concurrents dans la distribution, comme GDF Suez ou EON, qui sont surtout ses grands clients, se retourneraient vers lui pour revoir les contrats d'approvisionnement", explique un analyste. "Les grands producteurs veulent capter toute la chaîne de valeur, y compris la petite marge de distribution. L'algérien Sonatrach essaye de faire de même en Espagne", souligne Thierry Bros, à la Société Généralecute; Générale. Avec vingt-cinq personnes en France, Gazprom déclare, une nouvelle fois, vouloir s'attaquer au segment des petites et moyennes entreprises. C'était déjà son intention en 2008.

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Commentaires
a écrit le 19/05/2011 à 15:53 :
non pas de russe ont garde EDF!!

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