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ClimatEnergie & Environnement

Les Français paient-ils vraiment leur électricité moins cher que les autres Européens ?

Marina Torre

Publié le 20 avril 2011 à 09:10

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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A un peu plus de 9 centimes d'euros par kWh, le prix moyen de l'électricité pour les ménages français se place en dessous de la moyenne européenne. Mais la complexité des systèmes tarifaires selon les pays et selon les opérateurs rend difficile la comparaison entre les factures réellement payées par chaque citoyen de l'UE.

La hausse annoncée du prix de l'électricité dans les prochains mois avec l'adoption de la loi Nome remettra-t-elle en cause l'avantage tarifaire offert aux Français par la production d'origine nucléaire ? De fait, les Français paient, pour le moment, leur électricité moins chère que la plupart de leurs voisins européens. En moyenne, le kilowatt/ heure (kWh) leur est facturé 9,22 centimes hors taxes, selon les données fournies par Eurostat et publiées le 15 avril dernier. C'est près de 3 centimes de moins que ce que les distributeurs d'énergie facturent en moyenne aux consommateurs des 27 pays de l'UE.

Si l'on s'en tient au tarif du kWh, les foyers français bénéficient donc d'une électricité significativement moins onéreuse que leurs voisins allemands qui la paient près de 45% plus chère (13,81 centimes par kWh en moyenne). Elle coûte même 14.17 centimes aux Espagnols . Et si on prend en compte leurs revenus, les Français sont également mieux lotis que les Bulgares qui profitent pourtant d'un prix défiant toute concurrence grâce, eux aussi, à leurs centrales nucléaires (6,75 centimes).

Les Irlandais et les Chypriotes paient les plus grosses factures

Mais la comparaison du simple tarif au kWh n'est pas très parlante. Pour se faire une idée de ces différences tarifaires, il convient de mettre en regard les factures que reçoivent dans chaque pays de l'UE des familles consommant, par exemple, 3.500 kWh dans l'année. En France, au tarif moyen observé en 2010, il leur en aura coûté 322,70 euros par an. Sur cette même base, les Européens qui doivent faire le plus gros effort financier pour s'éclairer, regarder la télé, prendre une douche ou, éventuellement, se chauffer, sont les Chypriotes avec 598,95 euros par an et les Irlandais (559.30 euros). Sur la carte de l'Europe, la France figure ainsi parmi les cinq pays où le coût de l'électricité est le plus bas, avec la Croatie, l'Estonie ou la Bulgarie.

13 milliards d'euros pourraient être économisés

Avec le processus de libéralisation du marché européen de l'électricité mise en place depuis de 2007 les consommateurs des 27 pays membres doivent avoir le choix entre plusieurs opérateurs. Cela a-t-il bénéficié aux consommateurs ? Pas pour le moment, puisqu'entre 2007 et 2010, le prix moyen de l'électricité payé par les ménages au sein de l'UE n'a cessé d'augmenter passant de 11,23 à 12,23 centimes par kWh.

Par ailleurs, l'information sur les tarifs ne serait pas encore suffisamment bien parvenue aux Européens. Du moins, c'est ce qu'indique une étude menée par la Commission européenne et publiée en novembre 2010 selon laquelle seuls 32% des consommateurs européens ont comparé les offres et près de la moitié (47 %) ne connaitraient même pas la consommation d'électricité de leur foyer. Les conclusions de cette enquête indiquent que 13 milliards d'euros pourraient être économisés si les ménages comparaient les prix !

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Plus de 860 types de contrats différents

Mais, pour comparer les prix, il faut pouvoir s'y retrouver parmi les multiples abonnements proposés par les fournisseurs d'électricité. Il y aurait ainsi quelque 866 types de contrats différents pour les seuls consommateurs moyens (qui utilisent environ 3.500 kWh par an) dans toute l'Union européenne.

Certains opérateurs fixent un prix pour une période donnée et les réajustent à la fin de cette période, d'autres relient les tarifs aux fluctuations du marché, d'autres enfin font payer plus cher leur électricité au moment des pics de consommation. Par exemple, 95% des Bulgares bénéficient de tarifs "jour" différents des tarifs de nuit. En France, 54% des ménages utilisent ce système. C'est d'ailleurs un système majoritaire en Slovénie, en Grèce, en Estonie et aux Pays-Bas et en Belgique.

Le casse-tête belge

En Belgique, où le prix de l'électricité est l'un des plus hauts d'Europe (14.49 centimes d'euros le kWh par an, selon Eurostat, pour un ménage "moyen") il existe 104 types de tarifs différents pour une consommation de 3.500 kWh par an ! Contrats d'un an, de deux ans, sans durée spécifique, taux fixes ou variables, tarifs moins élevés pour les moments de basse consommation, augmentation au moment des pics... toutes les modalités y sont proposées.

Les Français, eux, ont pour l'instant le choix entre 38 barèmes différents, et cela pourrait augmenter avec la mise en place de la loi sur la Nouvelle organisation du marché de l'électricité.

L'offre est beaucoup moins variée en Grèce, avec seulement deux modalités de paiement différents, ainsi dans que dans les pays récemment intégrés à l'Union européenne comme la République Tchèque (3 tarifs différents).

Des facteurs extérieurs pèsent aussi sur la facture

La facture de l'électricité effectivement payée par les ménages chaque mois dépend aussi de facteurs comme l'isolation des logements, la vétusté plus ou moins importante des installations et les différences d'utilisation de l'électricité (certains l'emploient pour se chauffer, d'autres pas).

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Pour tenter de limiter l'impact de ces disparités sur les ménages les moins aisés, il existe un peu partout en Europe, des "tarifs sociaux". A part en Suède, au Danemark ou au Luxembourg, une aide particulière est en effet accordée par les distributeurs aux ménages les moins aisés afin qu'ils puissent payer leur électricité.

Marina Torre

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