En perte en 2011, Areva provisionne 2,4 milliards d'euros

Areva va subir une lourde perte en 2011 en raison d'une provision exceptionnelle de 2,4 milliards d'euros, liée surtout à la dépréciation d'actifs miniers.

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Areva a annoncé ce lundi qu'il enregistrait des provisions pour un montant total d'environ 2,4 milliards d'euros et qu'il prévoyait une perte opérationnelle comprise entre 1,4 et 1,6 milliard d'euros au titre de 2011.

Dans un communiqué, le spécialiste public du nucléaire ajoute qu'il vise une réduction de ses coûts opérationnels pour un montant total d'économies d'un milliard d'euros en rythme annuel à horizon 2015, ainsi qu'un programme de cessions d'un montant total supérieur à 1,2 milliard d'euros dans le cadre de son plan "action 2016".

Sur les 2,4 milliards de provisions annoncées, 1,5 milliard d'euros environ est lié aux actifs d'Uramin et 150 millions au titre de l'EPR finlandais.

Areva a acquis la société minière canadienne Uramin en 2007 pour environ 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) et doit déprécier cet actif en raison de réserves surévaluées, d'un prix de l'uranium plus bas qu'attendu ou encore de capacités de production qui ne seront finalement pas mises en place.

S'agissant de l'EPR finlandais en cours de construction, Olkiluoto 3, Areva avait déjà dû provisionner 2,6 milliards d'euros afin de faire face aux surcoûts et retards du chantier.

La cotation de l'action Areva a été suspendue lundi matin à la Bourse de Paris, dans l'attente du communiqué du groupe sur son nouveau plan stratégique. A sa reprise de cotation, moins d'une heure avant la clôture du marché, le titre a perdu plus de 6%.

La Tribune annonçait ce lundi matin que Luc Oursel, qui a succédé à Anne Lauvergeon à la tête d'Areva le 1er juillet dernier, allait entamer ce lundi son premier bras de fer avec l'Etat. De sources concordantes, son "plan d'action stratégique" destiné à adapter Areva aux conditions de marché post-Fukushima et à enrayer les pertes dues aux dépenses somptuaires de l'ère Lauvergeon, prévoit "le gel des recrutements". Ce qui signifie que les 1.000 à 1.200 départs "naturels" annuels en France (sur un effectif de 28.000 salariés) ne seront pas remplacés.

Si cette mesure est appliquée sur l'ensemble de la période balayée par ce plan (2012-2016), c'est entre 5.000 et 6.000 emplois qui seront ainsi supprimés. De quoi mécontenter les ministres François Baroin et Eric Besson qui avaient convoqué Luc Oursel en urgence le 23 novembre dernier pour lui faire promettre qu'il n'y aurait "aucune suppression de poste, aucun plan de départ volontaire, aucun impact sur les sites français".

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