OGM : 20 ans de controverse en Europe

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Entre moratoires et autorisations, études et contre-expertises, difficile de débrouiller le dossier des OGM rouvert avec fracas mercredi à l'occasion de la publication d'un rapport alarmant par l'équipe du Français Gilles-Eric Séralini. Le point.

Les OGM nous empoisonnent-ils ? Faut-il les interdire ? Des questions qui agitent ONG, industriels, pouvoirs publics et consommateurs depuis des dizaines d'années. L'étude publiée mercredi par l'équipe de Gilles-Eric Séralini a remis le sujet sous le feu des projecteurs. Pendant deux ans, ces chercheurs ont étudié les effets de l'ingestion d'un maïs transgénique breveté par Monsanto. Résultat : la mortalité est accrue. Dans une vidéo publiée par le Nouvel Observateur, Gilles-Eric Séralini affirme que "ce n'est pas une étude de plus, mais celle qui manquait". De fait, des dizaines d'expérimentations ont été menées aboutissant à des décisions parfois contradictoires et des retours en arrière en France comme en Europe. Et qui font débat depuis plus de 20 ans.

1992 : L'Union européenne autorise le dépôt de brevets sur des organismes vivants. Une possibilité qui existait depuis 1980 aux Etats-Unis. Deux ans avant la décision de Bruxelles, en 1990, deux directives avaient été adoptées pour encadrer la recherche sur les OGM et leur dissémination dans la nature. L'une d'elle rend obligatoire les évaluations environnementales et les études d'impact sur la santé humaine.

1996 : La Commission européenne décide d'autoriser la commercialisation d'un maïs transgénique dans les pays de l'UE.

1997 : Alain Juppé, alors Premier ministre, annonce l'interdiction en France de la mise en culture de semences de maïs transgénique. La même année, le Parlement européen demande aux Etats européens de suspendre la commercialisation du maïs transgénique dans l'UE, le temps d'établir son innocuité pour la santé. A la fin de l'année, après la victoire des socialiste aux élections législatives, le nouveau Premier ministre Lionel Jospin autorise, avec un encadrement, la commercialisation du maïs transgénique.

1998 : Des associations écologistes (Greenpeace, France Nature Environnement...), familiales et de consommateurs ainsi que la confédération paysanne lancent le mouvement "Alerte aux OGM". Six mois plus tard, la production du MON810, variété de maïs de Monsanto ainsi que le TER 25 sont autorisées en Europe. En septembre, la commercialisation du maïs transgénique est à nouveau interdite en France. Un moratoire jugé illégal par Bruxelles.

1999 : Une étude publiée par la revue Nature met en lumière l'effet du pollen d'un maïs transgénique sur un papillon. Conséquence : la Commission européenne suspend les procédures d'homologation de certaines variétés de maïs transgénique. La même année, des agriculteurs conduits par la Confédération paysanne détruisent des plants de riz OGM, ce qui aboutira à des condamnations. Au niveau européen, des dissensions se font jour. Deux déclarations sont adoptées lors d'une réunion à Luxembourg. La première se borne à renforcer étiquetages et évaluations. La seconde, signée par la France, le Danemark, la Grèce, l'Italie et le Luxembourg prônent la suspension de nouvelles mises sur le marché.

2001 : Le Programme des Nations unies pour le développement définit les biotechnologies comme le "seul et meilleur outil" du développement de l'agriculture dans les pays défavorisés. La même année, un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), conclue à l'existence de traces d'OGM dans des semences dites conventionnelles mais déclare que cela ne constitue pas en soi un risque pour la santé.

2006 : L'organisation mondiale du commerce appelle l'UE à l'ordre et déclare illégales certaines interdictions relatives aux OGM. En avril, Bruxelles renforce le contrôle scientifique des OGM avant de les autoriser.

2007 : Le Grenelle de l'Environnement préconise la suspension des cultures d'OGM en France jusqu'à ce qu'une expertise indépendante soit publiée.

2008 : Par décret, la production du MON810 est interdite en France. L'année suivante une étude de l'Afssa affirmant que ce maïs ne présente aucun danger est publiée, ce qui n'aboutit pas à une levée du moratoire. De nouvelles opérations de fauchage ont lieu.

28 novembre 2011: Le Conseil d'Etat annule les arrêtés mais le gouvernement Fillon passera outre, comme l'annoncent les ministères de l'écologie et de l'agriculture français le 13 janvier 2012.

Décembre 2011 : L'Autorité européenne de sécurité des aliments publie un rapport favorables aux OGM. Or, l'organisme est dénoncé par certaines ONG comme étant partial.

20 février 2012 : Le gouvernement français saisi  la Commission européenne pour lui demander de suspendre l'autorisation de mise en culture du maïs transgénique Monsanto 810.

15 septembre 2012 : le Premier ministre annonce que le moratoire sur l'interdiction de la culture du MON810 sera renouvelé. 

19 septembre 2012 : Publication de l'étude Séralini.

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Commentaires
a écrit le 21/09/2012 à 10:15 :
Pas surprenant, certains scientifiques et sociétés font n'importent quoi, du moment que le fric rentre, mais le résultat est consternant cancer, destruction de la nature. Nous sommes à la retraite et nous constatons dans notre région des changement depuis que les jardiniers, agriculteurs (de moins en moins nombreux) se "mettent" au naturel. Nous retrouvons des insectes et animaux qui avaient pratiquement disparus dans notre environnement. Nous constatons aussi que des légumes, fruitiers, fleurs, etc achetés en "grandes surfaces" crèvent, sont malades. Par contre des plantes, graines, achetées chez des anciens jardiniers, agriculteurs, pépiniéristes qui cultivent à l'ancienne sans produits chimiques, se multiplient, grandissent et en pleines formes. Nous sommes dans un pays de forets ou il y a peu d'agriculture, en plus le terrain ne s'y prête pas : acidophile, bon pour la bruyère, mais il y a chez nous peu de cancer, par rapport aux habitants de l'ouest pays de cultures, simple constatation
a écrit le 20/09/2012 à 16:30 :
Mais il n'y a pas de dossier scientifique!!! Des études de 90 jours sur un changement physiologique, c'est comme si on vous offrait une pédicure pour savoir si vous avez l'appendicite. C'est justement ce que dénonce Séralini.
a écrit le 20/09/2012 à 15:52 :
Bon résumé: des polémiques, mais peu de dossier scientifique!
a écrit le 20/09/2012 à 15:24 :
Si à l'avenir la fabrication de produits OGM ( on ne peut pas parler d'agriculture) ou l'exploitation du gaz de schiste se révèle dangereuse pour l'être humain, pourrons-nous parler de crime contre l'humanité, et traiter les responsables comme criminels. ?
a écrit le 20/09/2012 à 12:54 :
Les ogm sont des plante avec des pesticide intégrés dans les plantes, ogm ou pesticides, cela perturbe considérablement les communications intercellulaire des animaux ou de l'homme à des dégré divers, d'ou les les dérèglements à moyen long terme et entraîne la dégénérescence cellulaire, cela explique pourquoi nous avons de plus en plus de cancer alors qu'il n'y a pas de résurgence de virus ou de bactéries.

Ce qui est extraordinaire, c'est connu depuis longtemps, mais la pression des lobbies financier est telle, que personne ne réagissait ou ne voulait faire une enquête de salut publique.

Cette étude a le mérite de mettre au jour ces combines. on nous empoisonne tout simplement. quand vous ferez des tumeurs ou un cancer dans 15 prochaines années, vous comprendrez d'ou ca vient, nous en mangeons tous des ogm ou indirectement (produit importés pour animaux). on s'en doutait, mais la on a une première grande confirmation.

Pour moi ce n'est pas du tout une surprise
a écrit le 20/09/2012 à 11:00 :
Je ne suis ni pro ni anti ogm, neanmoins je me rappelle toujours nombre de "produits" qu'on disait innoffensifs et qui au final 40/50 apres demontres des effets plus que nefastes, petites liste non exhaustive: DDT, Amiante, Bisphenol..... Ou certaines experimentation que les pro-ogm oublient bien vite: Les farines animales et la vache folle par exemple...... Il faut donc effectivement des etudes bien plus poussees. Neanmoins il est vrai qu'arriver a "fabriquer" un ble ne demandant que peu d'eau donc poussant en region aride et de plus "repulsif" aux nuisibles pourquoi pas, encore faut il que cela ne déséquilibre pas toute la chaine alimentaire.
Réponse de le 20/09/2012 à 11:18 :
En ligne avec toi, et je remets ce que je viens de poster sur un autre article sur les OGM : Pourquoi personne ne suggère que c'est le boulot de l'Etat (voire de groupes d'Etats, genre l'Europe) que de faire des études officielles, financées par les Etats, et indépendantes des laboratoires sur les nouveaux produits : OGM, médicaments, produits chimiques, pesticides, ... ? Comment simplement faire confiance aux fabricants, qui sont évidemment juges et parties ??? Dur en effet pour un labo, qui a bossé des années et investit bcp d'argent dans un produit, de rester objectif et de ne pas passer sous silence (ou plus simple encore, de refuser de voir !) qques effets secondaires désagréables du produit en question. Il FAUT donc des études indépendantes si l'on veut sortir de l'approche actuelle extremement malsaine.
Réponse de le 20/09/2012 à 12:07 :
pas difficile de comprendre les intérêts en jeu et à qui iront les bénefs
a écrit le 20/09/2012 à 10:46 :
Le problème n'est pas le contenu en OGM des maïs MONSANTO 803 et 810 (la barrière entre espèce et l'assimilation uniquement des bases de l'ADN est infranchissable);mais que ces mašs contient un insecticide d'origine bactérienne, la molécule BT.
Je suis de ceux qui ne souhaitent pas absorber d'insecticides, surtout s'ils sont naturels (ce sont les plus efficaces à faible dose donc les plus dangeureux).
J'avais demandé à GREENPEACE de s'attaquer au MON 810 en 2007 pour leur contenu en BT et pas pouyr la technologie de fabrication OGM . Sans succès.
On grefferait sans passer par la technique OGM (sélection naturelle...)un gène BT à un maïos qiue je n'en voudrais pas non plus en absorber..Je préfère laver les produits sui les feuilles, les fruits et les tiges
Ernest
Réponse de le 20/09/2012 à 15:25 :
Mon cher Ernest, vous semblez ne pas comprendre que l'insecticide généré par le Bt Bacille de Thuringe est utilisé, et très largement en agriculture Bio. Dans le "bio", on colle l'insecticide sur la plante à larges doses (une grosse partie est lessivée), et dans les maïs OGM Bt, on génère dans la plante, et là où il faut, des quantités moindres d'insecticide. Cet insecticide est bien connu pour n'avoir aucun effet sur l'homme (d'où son acceptation en Bio) et est spécifique de certaines classes de lépidoptères dont la fameuse pyrale. Pour être exposé, dans le cadre des OGM, l'insecte doit ingérer partie de la plante, alors que dans le bio, tout insecte qui est au champ en prend plein les antennes.. Les OGM, moins de produits, et là où il faut, tout simplement..
Réponse de le 20/09/2012 à 15:50 :
Tu peux toujours laver se que tu veux, les produits utilisé hors ogm sont dit systémiques. En gros la plantes absorbe les produits destinés a la protéger des nuisibles par la racine (ils conservent donc leurs produits de traitement même après lavage). Normalement il est interdit de les utiliser juste avant la commercialisation. Mais dans les faits c'est invérifiable.
a écrit le 20/09/2012 à 10:38 :
La culture d?OGM demeure interdite en France ; nos consommateurs peuvent donc consommer sans inquiétude nos productions végétales françaises. Le danger ne vient pas de l?agriculture française, mais des importations !

http://www.coordinationrurale.fr/ogm-le-danger-ne-vient-pas-de-lagriculture-francaise-mais-des-importations.html
Réponse de le 20/09/2012 à 12:14 :
D'accord pour les espèces végétales, mais il n'en est pas de même des espèces animales qui sont probablement toutes contaminées par les OGM's puisqu'il est autorisé de nourrir le bétail, les volailles, les poissons , etc, avec des produits contenant des OGM's. Une grande catastrophe sanitaire en perspective qui dépassera sans doute et de loin, l'épidémie de la vache folle.
Réponse de le 21/09/2012 à 14:57 :
Oui c'est sûr, mais déjà si la FNSEA ne changeait pas d'avis tous les 6 mois, les OGM resteraient outre atlantique mais hier Mme Lambert, vide présidente de ce syndicat demande de la transparence alors qu'il y a 1 an, son syndicat demandait des sanctions contre la France pour son interdiction des OGM !! Lisez ceci http://www.coordinationrurale.fr/ogm-aujourdhui-cest-non.html
a écrit le 20/09/2012 à 8:46 :
20 ans de controverse en France principalement, mais des centaines de millions d'hectares sur une trentaine de Pays dans le monde, un cumul d'un milliard d'hectares dans le Monde sur l'ensemble de la période, et nous en sommes encore à prendre pour argent comptant des "chercheurs" financés par Greenpeace qui joue avec des souris blanches: le ridicule ne tue à l'évidence pas, sauf peut-être les souris..
Réponse de le 20/09/2012 à 9:51 :
Et les "chercheurs" de Monsanto : une étude sur 90 jours (seulement) pour "prouver" l'innocuité de ses produits.
La nouvelle étude a porté sur 2 ans, les premiers cas posant problème commence dès le 4eme mois.
Monsanto devait surement avoir identifier le problème mais l'a contourné en réduisant le temps de ses "études".
Ca sent l'escroquerie de la part de Monsanto. Probable qu'ils mettent le paquet pour se défendre vu que le mais transgénique et le roundup sont 2 produits indispensable aux bénéfices de Monsanto.
Réponse de le 20/09/2012 à 10:03 :
Combien coûte la mise sur la marché d'une technologie qui pose des problèmes de santé.. réponse: elle entraîne la faillite tout simplement, et pas besoin d'être bien malin pour comprendre qu'aucun cadre de Monsanto n'est payé pour mettre l'entreprise au tapis!
Réponse de le 20/09/2012 à 10:21 :
C'est pourtant se qu'il viennent de faire. L'appât du gain immédiat à été le plus fort. C'est pas la première fois et se ne sera pas la dernière non plus. Monsanto est même coutumier du fait. Ex : Monsanto prétendait que son Roundup ne laissait pas de résidus dans le temps sur le terrain ou il a été épandu or il a été prouver le contraire l'année dernière.
Réponse de le 20/09/2012 à 10:24 :
L'histoire nous a pourtant montré que cela n'a jamais arrêté les entreprises s'il y avait suffisamment d'argent à gagner: ex, le tabac...
Réponse de le 20/09/2012 à 10:36 :
Je plains les écolos bobos qui n'ont du monde qu'une conception manichéenne...Depuis Bachelard, personne ne peut ignorer que le simple est toujours le simplifié..
Réponse de le 20/09/2012 à 10:37 :
On démontre que ces produits sont hautement dangereux et on se demande encore si c'est un progrès ?
Réponse de le 20/09/2012 à 11:56 :
@bili hary :Monsanto a toujours évolué d'une manière bien singulière, toute son histoire et ses bénéfices ont été réalisé sur des mensonges et des tromperies, les amendes payées bien des année plus tard, étaient peau de chagrin à coté du CA et du bénéfice que cela avait généré. si vous êtes curieux il vous suffit de quelques recherche sur le net. Deuxièmement qu'il vous en déplaise, cette étude n a pas été financée par Greenpeace... pour vous une étude faite par Monsanto, (celui qui tout intérêt financier à ce que cela soit autorisé, sera plus impartiale qu'une association indépendante ? que vous êtes drôle ! c'est presque touchant...

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