Les géants européens de l'énergie en déroute

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Après les plans de réduction d'effectifs lancés par les allemands E.ON et RWE, c'est au tour du numéro trois allemand EnBW d'annoncer la suppression de 1.350 emplois. GDF Suez et EDF ont, eux, décidé d' accentuer leurs plans d'économies. Le secteur entier est pris dans la tourmente.

L'Europe de l'énergie est à son tour touchée par la crise, mais pas seulement. Le numéro trois allemand de l'énergie EnBW a annoncé vendredi qu'il comptait supprimer 1.350 emplois, soit près de 7% de ses effectifs, et atteindre les objectifs de son plan d'économie un an plus tôt que prévu. Jeudi, Siemens avait révélé son intention de supprimer 1.100 postes dans sa branche énergétique en Allemagne d'ici 2014. Les deux groupes ont précisé que ces suppressions de postes seraient effectuées sans recourir à des licenciements secs mais grâce à des retraites anticipées à temps partiel ou des offres de guichet départ.

Un nouveau plan d'économie pour EDF
EnBW entend ainsi "réagir de façon conséquente aux conditions de marché et de réglementation toujours aussi difficiles dans le secteur de l'énergie". Ces mêmes raisons ont poussé récemment les acteurs français de l'énergie a accélérer leurs plans d'économies. EDF a déclaré cette semaine au Wall Street Journal son intention de mettre en ?uvre un plan d'économies, dont les modalités seront précisées début 2012. L'électricien avait déjà lancé un plan d'économies de 2,5 milliards d'euros en 2011, dont près de la moitié avait été atteint mi 2012. EDF a déjà fait savoir qu'il suspendait son projet de 1,8 milliard d'euros de construction d'une super centrale à charbon en Pologne.

GDF Suez va supprimer des postes
A la différence de ses concurrents allemands, le géant français de l'électricité ne coupe pas dans ses effectifs. Il a même confirmé son objectif de 2.000 créations nettes d'emplois en 2013. GDF Suez avait dévoilé, lui, la semaine dernière la révision à la baisse de ses prévisions de résultats pour 2013 et 2014 et un vaste plan d'économies (4,5 milliards d'euros par an à partir de 2015) qui entraînerait des suppressions de postes mais sans licenciements, selon le PDG Gérard Mestrallet.

Le poids des régulations
L'aveu de ces sombres perspectives avait surpris le marché (le titre GDF Suez a plongé de près de 12% le jour de l'annonce) qui pensait le groupe mieux protégé de la crise par ses positions fortes dans les pays émergents. Tous les géants de l'électricité et du gaz européens sont en fait bousculés par les mêmes facteurs structurels. A la baisse des consommations s'ajoute le poids des régulations qui, dans la plupart des pays, les contraint à effectuer des investissements, sans les autoriser à les couvrir complètement par une hausse de leurs tarifs.

L'arrêt du nucléaire sans compensation
En Belgique et en Allemagne, les Etats taxent le nucléaire ou l'arrête sans contrepartie. Le groupe énergétique public suédois Vattenfall, co-propriétaire de centrales nucléaires en Allemagne, réclamerait à Berlin plus de 3,5 milliards d'euros en dédommagement de l'arrêt programmé de ses réacteurs, a affirmé vendredi le journal suédois Dagens Industri.

EDF a déjà avancé 5 milliards d'euros pour les énergies renouvelables
En France, EDF n'est pas encore confronté à cette question, même si Henri Proglio a fait savoir qu'il allait demander à l'Etat des indemnités pour EDF et les autres xx de Fessenheim, mais l'électricien peine à récupérer le montant des subventions des énergies renouvelables qu'il avance. Le déficit cumulé ressort à près de 5 milliards d'euros fin 2012, auxquels viendront s'ajouter 2 autres milliards au titre de 2013. L'Etat est pris en tenaille entre son rôle d'actionnaire d'EDF, sa volonté de développer les énergies renouvelables et son obligation de protéger le pouvoir d'achat des Français. Les autres actionnaires d'EDF (15% de son capital est coté en Bourse) ont du mal à l'accepter.
 

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a écrit le 24/12/2012 à 14:54 :
Une fois encore, les 5milliards de la CSPE ne sont pas dûs uniquement aux ENR.
Celles-ci ne représentent que 50% de cette taxe.
Et sur ces 50%, 80% sont dûs au solaire dont la filille d'EDF, EDF EN est propriétaire d'une grande partie.
Ainsi sur les 2,5milliards dûs aux ENR, plus de 2milliards sont du au solaire et presque la moitié de ces 2milliards sortent de la poche d'EDF pour rentrer dans l'autre poche d'EDF.
Mais tout est bon pour accuser les ENR et jeter le bébé avec l'eau du bain.
D'autant plus que le solaire qui nous coute cher aujourd'hui valait 600? du MWh et que le solaire qu'on installe depuis 6mois coute 6 fois moins cher: 100? le MWh, soit MOINS QUE l'EPR !!!
Grace aux eforts de départ dans le solaire, on a aujourd'hui une énergie renouvelable propre, durable et moins chère que le nucléaire !
a écrit le 22/12/2012 à 15:28 :
on comprend (trop doucement) que de laisser déchets nucléaires à ses enfants (et dettes...) n'est plus acceptable. Les énergies doivent être propres et pour cela il y a divers moyens: petits centres énergétiques (panneaux solaires, éoliennes etc.) déc entralisés. Les gros monopoles comme EnbW, E.On perdent le contrôle de tout cela. La distribution de l'énergie prend une nouvelle forme, Adaptons nous. Le prix augmente? et alors, qui était prêt à dire que quelqu un voudrait acheter un iPHONE au prix où c'est vendu? La nouvelle génération s'en fout du prix qui doit rester "abordable". Le prix "pas cher" est une notion ancienne et utilisée uniquement pour faire peur.
Réponse de le 23/12/2012 à 14:47 :
@ floppy : vous irez dire çà aux personnes qui sont en précarité énergétique. De tels propos sont assez déplacés. Augmenter le prix de l'électricité à l'infini pour financer des moyens de production, type éolien terrestre ou photovoltaïque sur le toit d'une maison, qui creusent les déficits par leur non rentabilité est une abérration économique et sociale.
L'électricité comme l'eau est un bien "public", rien à voir avec un iphone. Je vous rassure toute la jeune génération ne se fiche pas des prix.
Réponse de le 24/12/2012 à 12:57 :
Je ne vois pas ou est l'énergie pas chère en France avec un EPR à 8,5 milliards, voir plus vu la vitesse ou la facture s'allonge. La prise en charge sérieuse des anciennes installations et des déchets ayant un coût pour le moment que très partiellement provisionné. L'industrie du nucléaire promettait au moment de son lancement de trouver des solutions viables, mais 50 ans après il n'y a toujours rien de bien sérieux. Actuellement si on se focalise sur le prix seul le gaz de schiste et le charbon son bon marché. les EnR seront rentables sans doute elles aussi a l'avenir. Déjà l'hydraulique, l'éolien terrestre, sont moins cher que le "nouveau" nucléaire. Enfin en cas d'accident comme à Tchernobyl ou Fukushima, toute les EnR même la moins rentable et plus profitable que l'"ancien" nucléaire. L'Ukraine ne peux même plus faire face aux dépenses engendrées par la gestion du sarcophage de Tchernobyl.
a écrit le 21/12/2012 à 23:35 :
"L'Etat est pris en tenaille entre son rôle d'actionnaire d'EDF, sa volonté de développer les énergies renouvelables et son obligation de protéger le pouvoir d'achat des Français." ... il va peut-être falloir que l'Etat apprenne à assumer ses propres décisions : si on veut subventionner l'énergie renouvelable, ça a un coût qu'il faut bien répercuter un jour ..on ne peut pas le cacher sous le tapis indéfiniment !!!
Réponse de le 22/12/2012 à 9:15 :
Oui, ca fait le Kwh a 0,25 Euro ! C´est le prix que paient les consommateurs allemands a partir de Janvier 2013. L´energie renouvelable : tout est un bon pretexte pour augmenter le prix de l´electricité .... pour les consommateurs privés, mais pas pour l industrie´.
Réponse de le 24/12/2012 à 12:25 :
Ne pas oublier que si ce prix est accepté en Allemagne, c'est parce que les loyers ne sont pas chers. Pourquoi vouloir à toutes forces copier l'Allemagne sur l'énergie, et pas sur les politiques du logement?
Réponse de le 24/12/2012 à 13:16 :
on pourrait commencer par supprimer le scandaleux 1% du Chiffre d'Affaires versé au COMITE D' ENTREPRISE de EDF !
Réponse de le 25/12/2012 à 22:54 :
Eh oui, vous avez perdu la mémoire, ce 1% vient de la nationalisation de 1946 ou les anciens propriétaires des entreprises en ruine, nationalisées ont obtenu 1% du Chiffre d'affaire d'EDF pendant 50 ans pour eux et leur descendance/ Ce qui représentait jusqu'en 1996 100 familles( Pas de réaction). Le ministre ouvrier de l'époque a obtenu la même part pour le comité d'entreprise qui aujourd'hui comprend 700 000 ayants droit ( <les IEG comprennent aussi la concurrence d'EDF qui profitent aussi de ce 1 % sans contribuer par ailleurs GDF SUEZ, Entreprise productricesNN Energie nouvelles...)

Donc silence radio jusqu'en 1996.
Je vous ferai observer aussi , que malgré cela, le cout de l'électricité en France était l'un des plus bas d'Europe, 5 meme en ajoutant la ponction éhontée et frauduleuse de la CSPE à laquelle vous semblait tant tenir et qui profite surtout aux industries et emplois étrangers.
L'Europe à bien compris qu'il fallait profiter encore d'avantage de l'incrédulité des Français en s'appuyant sur les Verts, et la sacro hypoctite entreprise de monopole que seule la France applique).
L'Europe à donc fait accoucher la loi NOME en Novembre 2011 qui oblige EDF à vendre 25% de sa production nucléaire la plus rentable à la concurrence à prix coutant pour revendre au Français, en prime EDF a du ceder a vil prix les 50% de la CNR qui comptent 35 pour cent de la production la plus rentable d'hydraulique en France :Tout le Rhone ( Donzere Mondragon, Génissiat...) qui ont couté un demi siecle de travail aux Français.
Et la non plus pas de réaction du menu peuple, qui comme vous s'attaque aux soit disant priviléges des agents EDF qui essayent de dénoncer les faits.plutot que de se mobiliser pour éviter le pillage.
Vous avez deviné j'ai fait toute ma carriere active à EDF dans tous les moyens de production dont le nucléaire.
Les avantages que vous citez étaient en théorie ,pour la plupart d'entre nous la contrepartie à un certain nombres de contraintes , nos salaires étaient loin d'être au top, (on ne pouvait pas embaucher nos collégues d'entreprises privée qui travaillaient avec nous.)
Je vous parle d'une époque ou il a fallu donner à la France les moyens de se développer hydraulique, thermique à flamme puis l'enjeux énorme du nucléaire (une révolution technique , et sociale..on étaient loin, tres loin des compétences individuelles et collectivesrequises.)nous avons tout surmonté en MARCHANT(Ce n'est pas les embuches qui ont manqué, surtout les attaques à notre foi dans le service public qui faisait désordre) avec succés pour notre pays. La foi en ce que nous faisions et pour le service de nos concitoyens a été déterminante. Rassurez vous en plus d'un KWH pas cher, dont vous profitez encore un peu aujourd'hui,il n'y a pas d'exilés fiscaux en dessous des 100 premiers salaires à EDF,

Aujourd'hui je vous l'accorde il est question de la destruction des valeurs qui nous unissaient,au lieu de tapper sur ceux qui ont oeuvre pour la facilité d'aujourd'hui et détruire le peu de potentiel qui nous reste, posez vous la question à qui cela profite....
Le contexte, pas de matière première en France, l'industrie en déroute par le moins disant social, la protection marchande de la majorité des pays, le nucléaire une lueur d'indépendance, et le veto à l'ONU c'est tout.
C'est tout, le monde entier ne ratifie pas les normes de CO2,(les plus pollueurs) le nucléaire se développe dans toutes les nations qui auront besoin d'énergie sans fossile, de nouveaux réacteurs Rapide notamment ( Coulés en >France par les verts Européens et l'Europe alors que la même filière Française fonctionnait bien) font l'objet d'étude avançées.
Enfin la valeur d'EDF aujourd'hui c'es t60 Mds d'euros soit une misere pour le service rendu,à la portée de n'importe quel Chinois qui nous mettra à genoux pour finir le travail qui est commencé.

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