Transition énergétique : le Medef ne signera pas

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Entamé en novembre dernier, le grand "brainstorming" censé nourrir la prochaine loi sur la transition énergétique va prendre fin ce jeudi. Les "recommandations" seront finalisées mais ne seront officiellement remise au gouvernement que le 20 septembre. Plutôt consensuelles sur le financement de la rénovation énergétique des bâtiments ou le soutien aux énergies renouvelables, ces propositions assez générales laisseront le soin au gouvernement d'arbitrer les sujets les plus sensibles. D'ores et déjà, le Medef a fait savoir qu'il refusait le texte en l'état.

Comment moins utiliser l'énergie nucléaire et les énergies fossiles? Voilà la question à laquelle des entreprises, syndicats, ONG, experts et élus vont devoir terminer de répondre ce jeudi 18 juillet lors de leur dernière séance plénière à 10h. La quinzaine de recommandations sont prêtes, il ne reste plus qu'à les approuver. Le Medef a fait savoir ce jeudi matin qu'il refusait le texte tel quel. "A ce stade, sauf changement majeur, le Medef n'envisage pas d'endosser en tant que tel ce document qui est un document de synthèse et qui comporte de nombreux points qui ne font pas l'objet d'un consensus", a déclaré Michel Guilbaud, son DG.

Divergences au sujet de l'objectif de consommation

Si les propositions portant sur le financement de la rénovation énergétique des bâtiments et le soutien aux énergies renouvelables devraient être plutôt consensuelles, d'autres s'avèrent plus sensibles. Des divergences apparaissent par exemple explicitement sur l'objectif concret d'économies d'énergies à fixer et sur le gaz de schiste, sujet sensible.

Les recommandations évoquent l'objectif de réduction de 50% de la consommation d'ici 2050 tout en soulignant prudemment, selon un projet transmis mardi soir aux membres du débat, que "ce cap est ambitieux et ne fait pas consensus". Certains acteurs, dont les entreprises, jugent cet objectif "excessif car contraire à la compétitivité à court terme" et proposent une cible de -20%. Pour la Fondation Nicolas Hulot, toutefois, l'objectif de 50% "n'est pas la position des ONG, mais le résultat de l'analyse des experts".

Consensus sur la rénovation des bâtiments

Un point semble désormais faire consensus. "Une des grandes avancées concerne l'efficacité dans le bâtiment, c'est là qu'on peut réussir la transition énergétique", affirme le secrétaire général du débat, Thierry Wahl. Les recommandations devraient ainsi comporter des propositions précises sur la façon de financer la rénovation de 500.000 logements par an.

Une fois entérinées, les quelques quinze recommandations seront présentées officiellement au gouvernement le 20 septembre lors de la Conférence environnementale annuelle. Elle doivent nourrir une loi de programmation énergétique présentée à l'automne au conseil des ministres et débattue début 2014 au Parlement. Le gouvernement se sait attendu par ses alliés écologistes, à fleur de peau depuis l'éviction de la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Delphine Batho.

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Commentaires
a écrit le 19/07/2013 à 23:41 :
Ca me semble clair dans notre belle Atom'Cratie on est condamné au nucléaire, pour le meilleur...ou pour le pire qui finira statistiquement par se produire http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/07/19/energie-la-transition-dont-ils-ne-veulent-pas_3450133_3232.html
a écrit le 19/07/2013 à 18:23 :
Apparement c'est fichu pour Négawatts. Et pourtant ils sont largement copiés dans les grands pays les plus avancés: Allemagne, Japon...http://www.negawatt.org/scenario/decouverte
a écrit le 19/07/2013 à 13:07 :
Puisque personne n'est d'accord ça sera au politiques de faire leurs choix. Mais bon vu les choix fait depuis 60 ans , je craint le pire. Il suffit de voir les sommes astronomiques dépensées par le CEA ou Iter pour s'en convaincre.
Réponse de le 19/07/2013 à 18:20 :
C'est vrai que ça sent l'arnaque. On a l'impression que les oligopoles producteurs d'énergies polluantes et/ou dangereuse (EDF, Areva, Total, Suez...) ont fait un Putsh et on gagné. Cela confirme l'incroyable faiblesse de nos industries d'avenir, aucune entreprise importante dans l'éolien ou le solaire, juste quelques PME dont personne n'a rien à foutre. Pour les Smarts Grids juste Schneider électrique, ils doivent se sentir bien seuls. Franchement faut être Candy pour croire que les socialistes font maintenir l'objectif de passer à 50% de nucléaire dans le mix électrique
a écrit le 19/07/2013 à 9:50 :
Le Medef est décidemment une vraie bande de grands visionnaires. Il ne viendrait même pas a l'idée que lorsqu'on parle de rénovation de l'habitat, c'est justement tout l'univers du batiment qui va manger gras pendant les 20 prochaines années. Quand on parle d'économies d'énergie, c'est l'ensemble de l'industrie qui va reprendre des points de marge pendant les 20 prochaines années... Alors pourquoi n'en veulent-ils pas ? Et bien simplement parce qu'on ne leur file pas un chèque en prime, pour le plaisir de participer... Parasites
Réponse de le 19/07/2013 à 10:49 :
sans compter toutes les taxes qui s'y rajoutent et la tva qui vient couronner le tout, de quoi vider les poches à beaucoup de monde . Aussi bien que la csg et le rds . C'est les économies vertes , le Médef n'a pas compris .
a écrit le 19/07/2013 à 9:45 :
il fallait pas être devin pour en connaitre l'issue , deux mondes qui ne se connaissent pas mais se méprisent fort bien , la réalité sociale et démographique via l'entreprise négligée par les écolos qui eux veulent nous serrer nos dépendances , car l'énergie reste une dépendance ,c'est ainsi depuis le XXeme siècle et le pétrole , hors les écolos voient de leurs pavillons la beautés la nature , vilipende les tours et donc la démographie hors de leur champs de vision pis encore il faudrait tout éteindre et donc ignorer la vie et les autres , Sartre le disait l'enfer c'est les autres , une conference ou le ridicule a encore sa place , car chinois , indiens et américains consommeront et produiront quand nous on aura du chômage mais moins de consommation de produits énergétiques , bon quand est ce qu'on delocalise ? se disent les entrepreneurs déçu de ce raoult bien stérile ? bientôt répond un collègue .. m'ouais en tout cas les chômeurs applaudissent les écolos .. merci pour ce spectacle
a écrit le 19/07/2013 à 8:09 :
Je voudrais répondre à JM57 et yt75;effectivement,il y a bien une relation entre le prix de l'énergie et ce qu'on appelle la crise,c'est à dire le chomage et le cout du travail trop élevé.C'est un raisonnement qu'il faudrait développer en profitant de ce débat sur la transition énergétique:ce raisonnement devrait nous amener à transférer sur l'énergie une partie des charges sociales.
a écrit le 18/07/2013 à 20:23 :
"Comment moins utiliser l'énergie nucléaire et les énergies fossiles?" La question devrait plutôt être "Pourquoi moins utiliser le nucléaire alors qu'il est très utile, et pourquoi continuer à utiliser les énergies fossiles alors qu'elles polluent?"...Mais bon... La question énergétique ne doit pas uniquement se dresser autour du nucléaire, mais ça, personne ne veut le comprendre.
Réponse de le 19/07/2013 à 10:44 :
"Personne",c'est l'ensemble de l'opinion publique informée par les médias et par les économistes.C'est la que ce situe le problème!Les médias sont incapables de saisir la bonne information et les économistes sont hémiplégiques;ils ne font pas de relation entre le prix de l'énergie et le cout du travail!
Réponse de le 19/07/2013 à 15:12 :
Très bien, donc, alors, selon vous, quelle(s) serait(ent) la (les) bonne(s) information(s) à saisir?
a écrit le 18/07/2013 à 17:57 :
La transition énergétique est effectivement une question d'économie:l'énergie permet de réduire la quantité de travail en améliorant la productivité;il faut analyser la relation entre cout du travail et prix de l'énergie.Quand arrivera-t-on à le comprendre?Le MEDEF devrait être leader dans ce domaine;c'était une proposition de certains courants de pensée du MEDEF avant l' élection présidentielle.
a écrit le 18/07/2013 à 14:05 :
En se distinguant encore une fois par son incompétence et sa partialité, le medef se lance une nouvelle fois dans un combat d'arrière-garde. Certes, complètement inféodée au lobby atomiste, cette organisation n'en est plus à un mensonge, à une manipulation, ni à une contre-vérité près, mais il n'empêche. En refusant toute alternative à une source énergétique (l'énergie atomique) complètement dépassée, hors de prix, dangereuse, instable et criminogène le medef montre une fois de plus qu'il est contre tout changement contructif et positif et, encore plus, qu'il va à l'encontre du légitime bien-être des Français, de leur légitime sécurité et de leur avenir. En outre, en sacrifiant toutes les autres formes d'énergie aur l'autel atomique, le medef contribue dangereusement à provoquer du chômage et à saboter des milliers de créations d'emplois qualifiés; les nouvelles sources énergétiques étant en effet grandes pourvoyeuses d'emploi. En un mot comme en cent, le medef est anti-démocratique et anti-français. Partisans voire corrompus, ses (ir)-responsables mèenent comme à chaque fois des combats anti-démocratiques et défendent des intérêts qui vont à l'encontre de ceux des Français. On parlerait de terrorisme pour moins que ça !
a écrit le 18/07/2013 à 14:03 :
La transition énergétique se fera obligatoirement avec ou sans les patrons, avec ou sans les hommes.
C'est de la physique c'est tout...et cela se fera dans la douleur car l'humain comprend mieux quand il est face au mur de la réalité.
Réponse de le 18/07/2013 à 17:46 :
Oui la transition énergétique se fera comme elle s'est toujours faite mais sans doute pas tout a fait comme prévu par ses idéologues actuels qui voudraient que cela soit fini avant d'avoir commencé. En plus nous ne pourrons pas faire cela vaillamment tout seuls dans notre petit coin. L'horizon d'action est plus le demi siècle ou le siècle que les dix ans qui viennent.....
a écrit le 18/07/2013 à 12:14 :
On voit a quell point les elites ici du patronnat ne sont plus en phase avec le monde de demain.
Réponse de le 18/07/2013 à 15:28 :
Les élites ??? Ou les "é-litres" de gros-rouge-qui-tache ???
a écrit le 18/07/2013 à 12:07 :
Que le MEDEF le veuille ou non, l'accès aux et le prix des énergies est amené à devenir une question centrale dans la vie économique et sociale de la planète, de même que l'emploi d'énergie décarbonée. La transition se fera donc avec ou sans eux. Maintenant le signal qu?envoie le MEDEF est très négatif et ne peut qu'encourager le gouvernement à s'investir plus directement et plus autoritairement dans le sujet. Si Gattaz avait été intelligent, le MEDEF se serait au contraire montré réactif, voir pro-actif, de façon à encourager le gouvernement à les laisser agir avec le minimum de contraintes.
a écrit le 18/07/2013 à 12:07 :
Que le MEDEF le veuille ou non, l'accès aux et le prix des énergies est amené à devenir une question centrale dans la vie économique et sociale de la planète, de même que l'emploi d'énergie décarbonée. La transition se fera donc avec ou sans eux. Maintenant le signal qu?envoie le MEDEF est très négatif et ne peut qu'encourager le gouvernement à s'investir plus directement et plus autoritairement dans le sujet. Si Gattaz avait été intelligent, le MEDEF se serait au contraire montré réactif, voir pro-actif, de façon à encourager le gouvernement à les laisser agir avec le minimum de contraintes.
a écrit le 18/07/2013 à 11:19 :
Il serait peut-être important de rappeler que la "transition énergétique" a lieu actuellement : cela s'appelle la crise économique.
La crise mondiale actuelle est en effet aussi, si ce n'est avant tout, un monstrueux choc pétrolier qui hélas ne fait que commencer, celui du pic mondial de production (maximum de flux, de débit):
http://blogs.mediapart.fr/blog/yt75/030713/transition-energetique
Et ne pas ou plus être capable de le dire n'y change rien.
Les montagnes de dettes ?
Oui c'est en plus (et accumulées depuis les deux premiers chocs).
a écrit le 18/07/2013 à 11:10 :
Irresponsable Medef ! L'avenir de la planète n'a t il pas plus d'importance que le taux de progression du PIB et la marge des entreprises ?
Réponse de le 18/07/2013 à 16:30 :
Il est regrettable que l'aspect financier de cette transition ne soit pas pris en compte: combien çà coûte, et en avons-nous les moyens? Cette grand-messe est restée dans le débat idéologique. Il n'en sortira rien.
Réponse de le 18/07/2013 à 17:41 :
@ oldtimer : on peut retourner la question. Pourra t'on encore longtemps creuser un déficit commercial annuel de 55 milliards en produits pétroliers et gazier sachant que cette facture a plus de chances de se gonfler que de décroitre ? Combien ça couterait de ne rien faire et d'attendre que les autres pays viennent nous vendre les solutions qu'on n'a pas eu le courage, ou la clairvoyance de chercher?
Réponse de le 18/07/2013 à 18:19 :
@ JM57: Croyez-vous vraiment que l'on diminuera notablement cette facture en chauffant les nouveaux logements au gaz, et en construisant des centrales thermiques à gaz pour pallier le manque de vent? Car c'est bien ce qui se met en place.Il faudrait être cohérent et accepter le gaz de schiste national, mais çà me parait dangereux. Quant aux réductions d'énergie, d'accord, mais si ce sont les autres qui en font... Rappelons-nous que nos appareils en veille bouffent une puissance de 2GW.
Réponse de le 18/07/2013 à 18:54 :
@ Oldtimer : Je pense qu'on peut faire plus et mieux en matière d'éolien et qu'il est possible de stocker l'énergie produite par les éoliennes pendant les heures creuses sous forme d'hydrogène obtenue par electrolyse. Mais ce n'est qu'une des centaines de pistes qui se sont ouvertes ces dernières années et il faudra un peu de temps pour qu'on puisse faire le tri entre les bonnes idées et les autres, sachant que les technologies vont évoluer. Le gaz de schiste ne pourra être qu'une énergie temporaire, si on arrive à l'extraire sans foutre en l'air les aquifères et si on n'augmente pas la quantité de carbone produite. Et de toutes manières on n'aura pas de production significative avant une dizaine d'année, même si Martin débloquait demain les permis en souffrance dans son ministère. dans notre marasme français on a une chance, c'est d'avoir besoin de façon urgente de centaines de milliers de logement neufs, qu'on peut bâtir en énergie positive avec un surcout très raisonnable au regard du prix actuel de l?énergie. Ça c'est un chantier actuel.
Réponse de le 19/07/2013 à 11:45 :
@oldtimer
pourquoi toujours vouloir opposer des sources d'énergie ?
économisons déjà sur la consommation, qu'il s'agisse de l'isolation des bâtiments, une optimisation des éclairages publiques et une réduction du gaspillage dans les entreprises (les tours de bureaux allumées toute la nuit, les enseignes publicitaires...) et du particulier (chauffage fenêtres ouvertes, appareils en veille, utilisation de leds)

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