En intégrant des bonnes pratiques venant de chez PSA, Airbus ou encore Naval Group, l'énergéticien veut démontrer sa capacité à allier qualité industrielle et efficacité du premier coup. EDF vise ainsi une baisse de coût de l'ordre de 30% pour la construction d'un EPR nouvelle génération.Alors que le plan de réorganisation Hercule, qui fait l'objet d'intenses tractations entre l'Etat et les autorités européennes, pourrait menacer le groupe EDF d'un démantèlement, l'énergéticien français planche en parallèle sur un tout autre plan. Le plan Excell. Dévoilé il y a presqu'un an en réponse au sévère rapport de Jean-Martin Folz sur les dérives de la filière nucléaire française, Excell vise à améliorer la fabrication des équipements et l'exécution des chantiers. Il est doté d'un budget de 100 millions d'euros.
Ce jeudi 15 octobre, EDF a fait un premier point d'étape devant la presse pour partager ses avancées, ses engagements et ses nouvelles méthodes de travail. L'échéance est proche : mi-2021, le groupe entend convaincre les autorités publiques de la construction de nouveaux modèles d'EPR (des EPR deuxième génération), plus simples, moins coûteux et surtout tirant les leçons du chantier de l'EPR de Flamanville (Manche), dont le coût et les délais de construction ont explosé.
Estimé à trois milliards d'euros lors de sa présentation il y a 16 ans, l'EPR de Flamanville devait initialement entrer en service en 2012. Selon les dernières estimations, le coût pourrait s'élever à 12,4 milliards d'euros tandis que le chargement du combustible est désormais prévu pour la fin 2022. La crise sanitaire, elle, n'aurait eu qu'un impact modéré sur les avancées du chantier.
Diviser par dix le nombre de reprises
C'est toute la filière nucléaire, troisième industrie en France avec quelque 220.000 emplois, qui est en jeu. Pour mener à bien ce vaste chantier, le PDG d'EDF Jean-Bernard Levy a recruté un ancien de PSA, Alain Tranzer, au poste de délégué général à la qualité industrielle et aux compétences nucléaires. "Le plan Excell n'est pas le plan d'EDF, c'est le plan de toute la filière nucléaire française", a insisté ce spécialiste de l'industrie automobile, qui a fait ses premiers pas dans le nucléaire le 29 avril dernier, en plein confinement.