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ClimatEnergie & Environnement

Dakota du Nord : quel avenir pour le pipeline controversé ?

Photo de Anaïs Cherif

Anaïs Cherif

Publié le 05 décembre 2016 à 15:20 - Mis à jour le 05 mars 2026 à 13:04

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les autorités américaines ont rejeté l'actuel tracé du pipeline en Dakota du Nord. Les opposants amérindiens et écologistes craignent un retournement de situation avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Énième rebondissement dans la construction du pipeline controversé en Dakota du Nord. Depuis le printemps, des tribus amérindiennes et des écologistes s'opposent au projet de la société d'Energy Transfer Partners en campant à Oceti Sakowin, le long du Missouri. Ils étaient appelés à quitter les lieux ce lundi.

Le Corps des Ingénieurs de l'Armée des Etats-Unis a décidé dimanche de ne pas délivrer de permis pour poursuivre la construction du pipeline. "Nous soutenons de tout coeur la décision de l'administration et rendons hommage avec une extrême gratitude au courage du président Obama et des ministères concernés pour avoir pris les mesures nécessaires pour corriger le cours de l'histoire et agir dans le bon sens", s'est réjoui le chef de la tribu de Standing Rock, Dave Archambault, rapporte Reuters.

■ En quoi consiste le projet Dakota Access Pipeline ?

La société texane Energy Transfer Partners a lancé son projet Dakota Access Pipeline en décembre 2014. Un oléoduc long de 1.885 kilomètres, traversant quatre Etats américains. Il est censé acheminer vers l'Illinois l'équivalent de 570.000 barils par jour, extrait dans le Dakota du Nord, à la frontière du Canada. Coût estimé : 3,8 milliards de dollars (soit 3,4 milliards d'euros).

Alors que la construction touche à sa fin, un point de blocage persiste au niveau du lac Oahe, à proximité de la réserve de la tribu sioux Standing Rock. Le tracé du pipeline avait déjà été modifié, rapporte le Bismarck Tribune. L'oléoduc devait initialement traverser la rivière Missouri au niveau de Bismarck, la capitale du Dakota du Nord. Un rapport du Corps des Ingénieurs de l'Armée des Etats-Unis avait établit des risques de contamination des eaux de la ville. Et le projet a été déplacé vers la réserve de Standing Rock.

■ Quels sont les arguments des opposants du pipeline ?

Depuis début avril, plusieurs tribus amérindiennes et des écologistes manifestent leur opposition - soutenu par des vétérans depuis début décembre. Ils font valoir :

  • des risques de contamination de l'eau potable utilisée par la tribu Standing Rock en cas de fuite du pipeline
  • la destruction de sites de "valeur culturelle et historique significative" comme des cimetières
  • l'absence de consultation pour la réalisation de ce grand chantier
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Fin juillet, la tribu Standing Rock avait entamé sa première action en justice afin de bloquer le projet. Un juge fédéral a entendu leurs arguments fin août, soulignant qu'ils n'ont pas été écoutés quant à l'impact du pipeline sur leurs terres. Mi-septembre, les ministères de la Justice et de l'Intérieur ont demandé la suspension de "toute activité dans un rayon de 20 miles (32 kilomètres) à l'est et à l'ouest du lac Oahe". Mais dans la foulée, un juge fédéral rejette le recours des opposants.

De violentes manifestations ont éclaté fin novembre, poussant l'ONU a dénoncer un "recours à la force excessif". Environ 400 personnes ont été arrêtées, selon les Nations Unies.

■ Le projet est-il définitivement annulé ?

Non. Des "routes alternatives" vont être étudiées, selon le communiqué de Jo-Ellen Darcy, sous-secrétaire aux travaux publics de l'armée américaine. La société Energy Transfer Partners n'a eu de cesse d'affirmer son attention de terminer l'oléoduc. Selon USA Today, elle aurait déjà investi plus d'un milliard de dollars en équipement à la mi-septembre.

À lire également

  • Aux Etats-Unis, une tribu sioux combat un projet d'oléoduc
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  • Le pétrole très volatil à l'approche du sommet de l'Opep

Les opposants au projet redoutent l'arrivée du climato-sceptique Donald Trump à la Maison Blanche. Contrairement à Barack Obama, le nouveau président des Etats-Unis s'est dit favorable à la construction du pipeline. Une position qui "n'a rien à voir avec ses investissements personnels et tout à voir avec la promotion de politiques qui profitent à tous les Américains", selon son porte-parole Bryan Lanza, note Associated Press. Donald Trump a en effet investi dans Energy Transfer Partners et Phillips 66, une compagnie qui détiendra un quart des parts de l'oléoduc une fois terminé. Le directeur exécutif d'Energy Transfer Partners, Kelcy Warren, a quant à lui donné 100.000 dollars pour la campagne présidentielle du républicain.

Anaïs Cherif

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