Dunkerque va étendre sa toile industrielle à d'autres zones portuaires

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Le Port et l'agence Dunkerque Promotion « cherchent les trous dans la raquette » et s'en servent pour attirer de nouveaux acteurs sur le territoire.
Le Port et l'agence Dunkerque Promotion « cherchent les trous dans la raquette » et s'en servent pour attirer de nouveaux acteurs sur le territoire. (Crédits : iStock)
Conçu pour anticiper les conséquences de fermetures de sites, l'outil développé à Dunkerque est un parfait exemple d'écologie industrielle et un outil de promotion efficace, qui peut s'adapter à d'autres territoires et à d'autres secteurs.

Tout est parti de la crise de 2008 et de la volonté de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) d'anticiper les effets domino des fermetures de sites industriels qui se profilaient à l'horizon. « Nous avons voulu illustrer, jusqu'au dernier sous-traitant d'un marché, les interactions entre les différentes entreprises », témoigne Jean-François Vereecke, directeur général adjoint de l'AGUR (Agence d'urbanisme Flandre Dunkerque), aux manettes sur le sujet. À l'époque, on craignait la fermeture de Sollac, devenue depuis ArcelorMittal. Mais c'est la raffinerie Total qui a fermé, et le schéma de ces interactions, baptisé « toile industrielle », a servi à l'intersyndicale pour négocier de nouveaux investissements sur le territoire.

Grâce à ce document où figurent toutes les interactions, les producteurs de "déchets" peuvent les valoriser sans avoir à atteindre la masse critique qui justifierait la mise en place d'une filière dédiée.

« En connectant les entreprises les unes aux autres, cela permet d'éviter les pertes de valeur, d'optimiser le process des industries déjà implantées, de baisser leurs coûts et d'assurer leur pérennité », précise Jean-François Vereecke.

La toile industrielle est aussi un outil de promotion qui permet de sortir de la seule logique « terrain disponible de tant de mètres carrés, disposant d'un bord à quai et à proximité de l'autoroute ». Le Port et l'agence Dunkerque Promotion « cherchent les trous dans la raquette » et s'en servent pour attirer de nouveaux acteurs sur le territoire. Il s'agit de trouver parmi les industriels qui y figurent les flux manquants de chaleur, d'électricité, de gaz ou de matières premières secondaires, ou au contraire ceux qui ne trouvent pas encore de débouchés.

Si tous les territoires industriels ont perdu beaucoup d'emplois ces dernières années, le Dunkerquois semble avoir limité la casse et voit affluer les nouveaux investissements depuis deux ou trois ans. « Un record depuis 20 ans », se réjouit Jean-François Vereecke. Parmi les nouveaux venus, l'irlandais Ecocem, qui récupère les laitiers (co-produits de la sidérurgie) d'ArcelorMittal pour fabriquer son ciment écologique, tandis que le fabricant de phosphates Aliphos utilise l'acide chlorhydrique d'IndaChlor (groupe Indaver), lequel cède aussi sa vapeur au producteur d'alcools et de biocarburants Ryssen, qui devait auparavant la produire lui-même.

Différentes versions

Une deuxième version de la « toile industrielle », faite de bases de données reliées à une interface permet de mettre à jour, en temps réel, les volumes des flux représentés. La version 3 est en cours d'élaboration avec la startup Possibilizzeurs, un outil numérique complet baptisé « toile maker » et adaptable à tous les territoires, notamment des zones portuaires telles que Fos-sur-Mer ou Saint-Nazaire.

Une toile énergétique, permettant de cartographier l'ensemble des investissements et des gisements disponibles sur le territoire pour mener à bien la transition énergétique, est en préparation sous l'égide du Port, de la CCI, de la CUD et de l'Ademe. Une première réunion regroupant une quarantaine d'acteurs - dont certains sont concurrents - s'est tenue le 27 mars.

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