Eau du robinet : les Français de plus en plus satisfaits mais aussi inquiets

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L'économie circulaire en matière d'eau semble ainsi plutôt bien vue, malgré les interdictions existant encore en France. 84% des Français déclarent qu'ils accepteraient des eaux usées pour l'usage domestique.
L'économie circulaire en matière d'eau semble ainsi plutôt bien vue, malgré les interdictions existant encore en France. 84% des Français déclarent qu'ils accepteraient des eaux usées pour l'usage domestique. (Crédits : Flickr / Cha già José)
Le service, l'agencement de la facture, la qualité, voire même le prix et le goût sont de plus en plus appréciés. Mais la perception de la fragilité des ressources naturelles est de plus en plus présente, révèle le dernier baromètre du Centre d'information sur l'eau.

Les Français aiment l'eau du robinet. C'est, encore une fois, ce que relève l'enquête nationale menée par le Centre d'information sur l'eau (CIEAU), dont la 21e édition a été publiée mardi 5 décembre. Sur un certain nombre d'indicateurs, la perception semble même s'améliorer, constate l'association, créée en 1996 à l'initiative des entreprises qui assurent la gestion des services d'eau et d'assainissement en France.

Quatre Français sur dix trouvent l'eau "bon marché"

87% de la population est ainsi satisfaite de ces 10.000 services locaux d'eau potable et 17.000 d'assainissement : un pourcentage identique à celui de l'année dernière, mais en hausse quasi-continue depuis 2000. Ils sont aussi globalement conscients des différentes activités que ces services impliquent (traitement pour rendre l'eau potable, distribution, collecte et traitement des eaux usées), bien que la majorité soit plutôt confuse sur le rôle respectif des différents acteurs publics et privés.

Si le prix est, lui, considéré comme "plutôt cher" par six Français sur dix, le pourcentage de ceux qui le considèrent "plutôt bon marché" croît pourtant depuis 2013, de 32% à 39% cette année. La facture d'eau semble par ailleurs globalement appréciée, 79% des personnes interrogées la considérant "bien détaillée" et 68% même "facile à comprendre". Une grande majorité trouve ainsi normal de payer pour la plupart des composantes du service et accepte le paiement d'un abonnement. Pourtant, le prix de l'eau reste globalement mal connu, "probablement en raison du nombre élevé de ménages qui paient l'eau seulement sous forme de charges de leur immeuble collectif", observe la directrice générale du CIEAU Marillys Macé.

Le goût plébiscité

Le bilan est aussi de plus en plus positif en matière de qualité: trois quarts des Français en sont satisfaits, dont 47% "très" -contre respectivement 74% et 41% en 2016. 37% des personnes interrogées estiment même que la qualité de l'eau s'est améliorée et 80% font confiance aux 24 millions d'analyses réalisées annuellement par les autorités sanitaires et les opérateurs.

Le goût, qui pourtant figure parmi les principaux reproches formulés par les insatisfaits, est d'ailleurs plébiscité par 70% des personnes. Si trois quart des gens alternent eau du robinet et eau en bouteille, la première reste la plus consommée, dans la proportion de six verres sur dix, notamment à la maison et en raison de son prix. Les utilisateurs d'appareil de traitement de l'eau sont d'ailleurs passés de 72% en 2016 à 66% en 2017.

Une ressource plus considérée comme inépuisable

Cette appréciation et cette confiance du système en place s'accompagne toutefois d'inquiétudes croissantes concernant la fragilité des ressources naturelles face aux défis environnementaux, pointe le baromètre. "Depuis 2004, année suivant la canicule, les Français ont de moins en moins confiance dans leur caractère inépuisable", résume Marillys Macé. 74% des personnes interrogées considèrent ainsi l'eau française comme une ressource limitée, contre 70% l'année dernière. Ceux qui craignent même un manque dans leur région dans un horizon de 20 ans sont passés en un an de 14% à 21%. Le pessimisme gagne aussi la qualité, 73% estimant les ressources en eau polluées et 62% prédisant une dégradation de la qualité.

Une majorité prête à payer plus cher

Cette prise de conscience semble inspirer de nouvelles ouvertures concernant les solutions possibles, relève l'enquête. 86% des Français considèrent ainsi avoir un rôle à jouer dans la préservation de la ressource, même si seuls 59% d'entre eux estiment contribuer personnellement à la pollution. Si seulement 64% des personnes interrogées trouvent aujourd'hui normal de payer des redevances pour protéger l'environnement -contre 85% pour le traitement nécessaire pour rendre l'eau potable-,"peut-être en raison d'incompréhensions concernant leur utilisation" selon Marillys Macé, une majorité se disent prêts à payer plus cher pour plus de qualité et une meilleure préservation de la ressource.

Grande révélation de l'enquête, qui pour la première fois se penche sur cette thématique, l'économie circulaire en matière d'eau semble plutôt bien vue, malgré les interdictions existant encore en France. 84% des Français déclarent qu'ils accepteraient des eaux usées pour l'usage domestique. 73% consommeraient des légumes arrosés avec des eaux usées traitées, et 49% accepteraient même d'en boire.

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a écrit le 06/12/2017 à 11:30 :
Vu que l'eau est précieuse, j'économise au maximum (12m3/an) et paie donc plus cher d'abonnement (62€) que d'eau (38€). :-) Mon voisin a une piscine démontable de taille 'améliorée', ça compense mes économies.
Il parait qu'à certains endroits l'abonnement est inclus dans le prix du mètre cube, mais un abonnement à la vertu d'être encaissé même à consommation nulle (maison de campagne).
Une facture trop détaillée donne le tournis, la part Saur, la part ville, la part eau de secours, pour divers postes. J'ai pas encore agrégé les taux vs les années, comme les impôts locaux ça doit être ajusté au besoin de recettes (?).
a écrit le 06/12/2017 à 9:45 :
Vous nous faites régulièrement d'excellents articles mais là pour ma part je suis complètement paumé par vos chiffres qui j'ai l'impression se contredisent tous par exemple:

"Le goût, qui pourtant figure parmi les principaux reproches formulés par les insatisfaits, est d'ailleurs plébiscité par 70% des personnes"

Il n'y a pas besoin de "pourtant" puisque on peut reprocher à une eau d'avoir mauvais goût et plébisciter ce même goût, c'est plutôt logique même non ? On peut donc plébisciter le gout de l'eau et à la fois la trouver mauvaise ou bonne d'autant que selon les régions elle varie beaucoup.

Trop de chiffres tuent la sémantique.
a écrit le 06/12/2017 à 8:11 :
L’eau est chère la preuve sur ma dernière facture
Consommation d’eau 40 €
Assainisssement + organismes publiques 200 €
Soit un total de 240 €
Franchement il y un problème on va bientôt se mettre à récolter l’eau de pluie et à creuser des puits

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