Covid, dette nucléaire, blocage d'Hercule : EDF risque l'électrocution

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EDF est aujourd'hui lourdement endetté. Fin 2020, sa dette nette s'élevait à 42,3 milliards d'euros, en hausse de 1,2 milliard d'euros sur un an. Or, l'électricien fait face à un mur d'investissements: il doit à la fois entretenir son parc nucléaire et accélérer dans les énergies renouvelables.
EDF est aujourd'hui lourdement endetté. Fin 2020, sa dette nette s'élevait à 42,3 milliards d'euros, en hausse de 1,2 milliard d'euros sur un an. Or, l'électricien fait face à un mur d'investissements: il doit à la fois entretenir son parc nucléaire et accélérer dans les énergies renouvelables. (Crédits : Pascal Rossignol)
Le patron d'EDF, Jean-Bernard Lévy, souligne la résilience du groupe face à la crise sanitaire malgré une récession historique. Selon lui, les deux années à venir sont sécurisées, mais l'incertitude plane pour l'après 2022 et l'électricien redoute un déclassement si son retard dans les renouvelables se creuse.

EDF résiste, mais pour combien de temps? Malgré une chute vertigineuse de ses bénéfices (-87%), EDF ne bascule pas dans le rouge et affiche un résultat net de 650 millions d'euros en 2020.

"La résilience d'EDF, incontestable sur le plan opérationnel, se lit également dans nos résultats financiers malgré une récession historique. Ces résultats montrent un impact modéré de la crise sanitaire", s'est félicité Jean-Bernard Lévy, le Pdg d'EDF, à l'occasion de la présentation des résultats annuels de l'entreprise, ce jeudi 18 février.

Baisse de la production nucléaire, baisse de la consommation d'électricité, reports de chantiers, annulation de prestations, baisse des volumes d'électricité distribués par Enedis, raccordements décalés... Au total, la crise sanitaire a coûté à l'électricien français 1,5 milliard d'euros.

Un impact qualifié de "contenu" par Jean-Bernard Lévy. "Cela représente moins de 10%...

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Commentaires
a écrit le 19/02/2021 à 9:07 :
Comment EDF a pu perdre autant de bénéfices ? C'est plus que le secteur aérien !
Réponse de le 19/02/2021 à 14:35 :
Et bien il y a pas mal d'explications, mais en ce qui concerne la conjoncture actuelle (donc juste pour 2020), la consommation d'électricité est ressortie en très forte baisse et au printemps, la production éolienne et solaire a été très forte. Comme il faut ajuster en permanence production et consommation, ce sont les centrales nucléaires d'EDF qui ont arrêté de produire (la production renouvelable solaire et éolienne est prioritaire). EDF a donc vendu beaucoup moins de MWh et les prix étaient en plus très bas (contrairement aux renouvelables qui ont des tarifs garantis). En plus les concurrent ont renoncé à leur ARENH(accès régulé à l'élec historique) ce qui fait qu'EDF est resté avec ses contrats de prod sur les bras. Et Enedis qui touche aussi de l'argent sur notre consommation d'élec en a touché moins aussi. Croisez cela avec une période de forts investissements et boom. Il ne faut pas s'étonner quand tout le système assurantiel de l'énergie repose sur les acteurs publics au bénéfice des acteurs privés
Réponse de le 19/02/2021 à 14:36 :
Et bien il y a pas mal d'explications, mais en ce qui concerne la conjoncture actuelle (donc juste pour 2020), la consommation d'électricité est ressortie en très forte baisse et au printemps, la production éolienne et solaire a été très forte. Comme il faut ajuster en permanence production et consommation, ce sont les centrales nucléaires d'EDF qui ont arrêté de produire (la production renouvelable solaire et éolienne est prioritaire). EDF a donc vendu beaucoup moins de MWh et les prix étaient en plus très bas (contrairement aux renouvelables qui ont des tarifs garantis). En plus les concurrent ont renoncé à leur ARENH(accès régulé à l'élec historique) ce qui fait qu'EDF est resté avec ses contrats de prod sur les bras. Et Enedis qui touche aussi de l'argent sur notre consommation d'élec en a touché moins aussi. Croisez cela avec une période de forts investissements et boom. Il ne faut pas s'étonner quand tout le système assurantiel de l'énergie repose sur les acteurs publics au bénéfice des acteurs privés
Réponse de le 19/02/2021 à 15:15 :
Si c'est le principe néolibéral aliénant "individualisation des gains et socialisation des pertes", en effet cela se comprend parfaitement de ce fait, merci beaucoup.

Cela expose donc que confier cette activité aux privés serait suicidaire comme avec l'eau et les autoroutes au final. L'argent ayant ses raisons que la raison n'a pas.
a écrit le 19/02/2021 à 5:46 :
Directive de Bruxelles de 1992 : privatisation, puis démantèlement, inévitable avec des financiers et des fonds, des services publics marchands. Où comment, simplement au nom d'une idéologie, on casse des organisations sociales et économiques, souvent mises en œuvre avec l'argent des citoyens, les impots. Exactement le même comportement que les capiralistes libéraux reprochent au communisme ... faut bien nourrir les copains du privé qui financent les campagnes électorales.
a écrit le 18/02/2021 à 20:46 :
EDF, Gaz de France, les Autoroutes..., autant de sociétés nationales qui ont été ou sont en voie de privatisation pour satisfaire des actionnaires, des fonds de pension, des vautours au détriment des consommateurs.
Il nous est vendu depuis des décennies que le privé est plus efficace ! Pour les actionnaires, et leurs copains (politiques) sûrement !
a écrit le 18/02/2021 à 17:48 :
Il faut attendre une situation stabilisé avant de sauter d'un pied sur l'autre!

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