EDF risque la faillite selon Greenpeace

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Le cabinet s'est appuyé sur plusieurs rapports de la Cour des Comptes pour estimer les dépenses futures, en retenant également l'hypothèse de la fermeture de 17 réacteurs pour respecter l'un des objectifs de la loi sur la transition énergétique.
Le cabinet s'est appuyé sur plusieurs rapports de la Cour des Comptes pour estimer les dépenses futures, en retenant également l'hypothèse de la fermeture de 17 réacteurs pour respecter l'un des objectifs de la loi sur la transition énergétique. (Crédits : BENOIT TESSIER)
L'association s'alarme de l'avenir financier de l'énergéticien français, accusé de sous-estimer ses coûts futurs.

"Si EDF provisionnait les coûts réels des dépenses liées au démantèlement [des centrales] et à la gestion des déchets, sa faillite serait déjà déclarée". Florence de Bonnafos, chargée de campagne énergie et finances à Greenpeace, résume de manière abrupte l'étude d'AlphaValue, un cabinet d'analyse financière, commandée par l'organisation.

Celle-ci dépeint une entreprise "asphyxiée par le nucléaire". EDF sous-estimerait le coût de démantèlement des réacteurs et des déchets produits à cette occasion. Pour AlphaValue, le groupe devrait provisionner "entre 57,3 et 63,4 milliards d'euros en 2025". Une somme qui représente...le double des fonds propres d'EDF, estimés à 25 milliards d'euros.

EDF se défend

Le cabinet s'est appuyé sur plusieurs rapports de la Cour des Comptes pour estimer les dépenses futures, en retenant également l'hypothèse de la fermeture de 17 réacteurs pour respecter l'un des objectifs de la loi sur la transition énergétique. AlphaValue a également comparé les calculs d'EDF avec ceux d'autres exploitants nucléaires, notamment allemands.

L'électricien français s'est défendu, expliquant que les comparaisons internationales "doivent être analysées avec prudence" en évoquant un effet de périmètre et le fait que le parc de 58 réacteurs permette une standardisation (et donc des coûts potentiellement réduits). Concernant les sommes provisionnées, elles "ont été confirmées par l'audit de la DGEC (instance du ministère de l'Energie) en 2014 et 2015" affirme EDF.

Faut-il déprécier les actifs ?

Par ailleurs, AlphaValue estime qu'EDF devrait "envisager (...) une dépréciation de (ses) actifs nucléaires et thermiques" dans ses comptes, autrement dit revoir à la baisse la valeur de son parc de centrales nucléaires et de ses centrales conventionnelles fonctionnant au charbon, au gaz ou au fioul.

Le cabinet le justifie par le bouleversement des marchés de l'énergie en France et en Europe, avec le développement des énergies renouvelables et une demande de courant qui devrait légèrement baisser dans les prochaines années, ainsi que par la loi sur la transition énergétique qui prévoit la réduction de la part de l'atome en France.

Côté EDF on répond que pour le parc français "les tests ont été mis en oeuvre conformément aux normes comptables en vigueur et n'ont pas fait apparaître de risques de dépréciation". Par ailleurs, l'électricien rappelle que "pour évaluer la valeur d'un actif de long terme, il faut construire des scénarios de prix (de l'électricité) de long terme sur toute la durée de vie de l'actif".

Enfin, l'étude se penche sur les investissements à venir d'EDF (projet Hinkley Point, grande maintenance du parc nucléaire français, énergies renouvelables, rachat de la branche réacteurs d'Areva, etc) et conclut qu'ils s'élèvent à plus de 160 milliards d'euros d'ici 2025, soit plus de 15 milliards d'euros par an.

EDF a évalué ces besoins d'investissements entre 12,5 et 13,5 milliards d'euros par an au cours des trois prochaines années. Seul élément positif, selon AlphaValue, la réduction de capacités nucléaires entraînera une hausse des prix de l'électricité qui "aura un effet positif à l'horizon 2025" sur les revenus d'EDF.

(Avec AFP)

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a écrit le 05/02/2017 à 19:33 :
Plus de 27 Milliards d'euros de dividendes depuis 2005 avec certaines années des emprunts pour le payer.
41% du chiffre d'affaire qui passe dans l'achat de combustible. (fioul, gaz, charbon, qui compensent l'intermitence des énergies dites vertes.)
50.5% de la CSPE (près de 25% de la facture d'électricité qui sert à investir dans des ENR non rentables, éolien/photovoltaïque)
Rachat imposé d'Areva NP pour 3 milliards d'euros.
et on s'étonne qu'EDF ai des problèmes, alors qu'elle n'a une masse salariale (toutes primes et avantages inclus) d'à peine 16% du chiffre d'affaire hors produits financiers.
a écrit le 04/12/2016 à 10:32 :
Bonjour je suis salarié EDF le train de vie de l'entreprise n'a pas pour autant diminuer les grande messe de multiplie et sortie de service dans des hôtel 4 étoiles cette années encore au mois de janvier nous étions 700 venue de toutes la France dans des hôtels parisien et parc des exposions et location du pavillons Baltars avec grand repas champagnes e spectacles cout estimé déplacements et salaires et hébergements 1 millions d'euros l’année précédentes 700 personnes au parc Disney Paris cout estimé 1 million d euros

sachant que chaque service est logé a la même enseignements le prix de l'électricité n'est pas près de baisser
a écrit le 21/11/2016 à 13:34 :
Greenpeace ferais mieux de s'inquiète du saccages du sous sol au USA avec la fracturation hydraulique...... Cela me semblerait plus judicieux. La plus part des central francaise on moins de 30 ans et pourraient fonctionner sans probleme 20 ans de plus...
a écrit le 19/11/2016 à 10:14 :
Il faudrait qu'EDF envisage de "couper les fluides" aux Français pour qu'ils comprennent le role de l'énergie dans notre vie de tous les jours. Que serions nous sans énergie? Essayez d'imaginer la situation!
a écrit le 18/11/2016 à 8:39 :
Les commentaires sont tous très intéressants, mais il faudrait passer aux travaux pratiques en chiffrant l'incidence d'une taxe sur l'énergie de 100€/tCO2, avec une équivalence de 10kWh/L d'essence. Cela correspond à seulement 0,5€ par litre d'essence et 0,05€ par kWh d'électricité, et cela permettrait de rétablir un équilibre avec les autres pays européens. Faites le calcul.
a écrit le 18/11/2016 à 8:16 :
L'électricité, comme toutes les formes d'énergie, ne doit pas être soumise aux lois du marché. Le prix de l'énergie doit être comparé au cout du travail. Il faut augmenter le prix de l'énergie pour réduire le cout du travail. Cette mesure permettrait de réduire le chomage, d'améliorer la compétitivité des entreprises, et de protéger le climat. Mais il faudrait convaincre les Français de l'utilité de cette mesure. C'est portant ce qui est en vigueur en Allemagne et en Suède.
Réponse de le 19/11/2016 à 4:58 :
Et pourquoi pas l'état qui fixe le prix du pain ? Ou bien l'état qui fixe les salaires du privé ? vive le communisme.
a écrit le 18/11/2016 à 8:14 :
Très bel article (publi-article d'ailleurs) qui oublie juste un point important...
EDF, grâce à (ou à cause de) sa position d'entreprise étatique, vend son produit bon marché (à perte) tous les jours. L'Etat lui refuse les augmentations de tarifs nécessaires et lui demande (demandait) les dividendes.

Or, avec quelques malheureux reacteurs en pause (pas stoppés donc) ces derniers jours, l'électricité sur le marché de gros a été multiplié par plus de 4/5 en moyenne (constatez vous même sur internet, tapez Epex dans un moteur de recherche). Je ne suis pas un partisan du "dieu marché" qui régule tout, mais, dans ce cas précis, je ne peux que constater qu'il y a un problème et que selon le principe offre/demande, les prix ne peuvent qu'augmenter très fortement...

ainsi, paradoxalement, la fermeture de réacteur est peut être ce qui va sauver EDF... vendre de l'électricité comme aujourd'hui sera intenable, même pour nous politiciens. Ainsi EDF va enfin pouvoir vendre ses produits le juste prix !

évidemment, on entend déjà les indignations à gauche et à droite, (de greenpeace aussi qui ne manquerait pas de surfer sur la vague médiatique...) mais quand on voit le nombre de personne se ruer dans les boutiques acheter des futilités bas de gamme hors de prix, il est grand temps que l'on retrouve la valeur des choses !

Et la valeur d'un MWh stable, disponible, propre et sûr, n'est pas 120 € (facture particulier) et a fortiori pas 27 € (prix de vente spot sur les marchés de gros il n'y a pas si longtemps) !
Réponse de le 19/11/2016 à 10:08 :
Il s'agit bien de fixer un prix pour l'énergie, mais ce prix doit tenir compte de la relation avec le cout du travail. Bravo.
a écrit le 17/11/2016 à 22:47 :
On a une idée assez précise du coût du démantèlement d'un réacteur PWR (comme les nôtres) non accidenté, les Etats Unis en ayant déjà démantelé un (Maine Yankee), ça a coûté 700 mllions de $, une quarantaine (et non 60) milliards de $ devraient suffire à démanteler la totalité de notre parc actuel. Mais pourquoi vouloir provisionner cette somme d'ici 2025, alors que certains réacteurs (Chooz, Civaux) n'auront à cette époque que 25 ans et pourront encore durer au moins autant ? Par ailleurs il n'y a aucune urgence à démanteler une centrale après son arrêt, il vaut mieux attendre quelques années, 5 par exemple pour laisser retomber la radioactivité. Ainsi si on considère que l'essentiel du parc a été construit dans la décennie 80-90 et sera exploité 50 ans, c'est entre 2035 et 2045 que se situera le gros de l'effort de démantèlement et c'est donc d'ici-là qu'il faut provisionner une trentaine de milliards, c'est à dire 1,5 milliard par an, rien de déraisonnable pour une entreprise qui a un CA annuel de 75 mlliards. Quant à la loi de transition énergétique, elle n'attend que d'être elle aussi démantelée après l'alternance.
a écrit le 17/11/2016 à 19:18 :
L'essentiel est que l'éléctricité nucléaire est bon marché pour le chauffage et que cette éléctricité est vendu à l'étranger moins cher.
a écrit le 17/11/2016 à 18:35 :
Que font nos énarques, polytechniciens et autres ingénieurs des mines prétentieux qui pensent détenir la vérité? Rien ils sont drapés dans leurs certitudes...(cf. EPR). Les choses sont pourtant évidentes. Le prix du Kwheure sera multiplié par 4 tout simplement....et je suis peut être loin de la réalité....
a écrit le 17/11/2016 à 17:08 :
EDF ou le boulet du nucléaire, merci les politiciens, merci les syndicats de nous avoir imposé cette aberration économique majeure, tout ça par avidité, car la CGT s'est faite achetée, elle ferait mieux de lâcher le nucléaire si elle ne veut pas finir complètement discréditée.

Les magouilles sont plus importantes que les intérêts des français c'est un fait pour nos décideurs politiques et économiques.
a écrit le 17/11/2016 à 16:34 :
Il y a beaucoup de responsables irresponsables dans cette affaire :

-l'Etat actionnaire qui veut tous ses dividendes et refusent à EDF d'augmenter ses tarifs permettant de couvrir les grands projets en cours : EPR, grand carénage, démantèlements
- l'ASN qui fait de la surenchère pour une raison qui a échappé aux médias : le chantage à l'embauche de fonctionnaires. Plus je fais de zèle et plus je justifie l'importance de mon autorité,
- les politiques lâches qui se désintéressent ou soutiennent cette filière d'excellence du bout des lèvres quand ils ne tirent pas à boulets rouges dessus
a écrit le 17/11/2016 à 16:01 :
Les deux boulets rouges de la France l énergie nucléaire et la pollution du diesel qui plombent l efficacité de notre économie chaque jour ! Energie verte bien pensée et voitures électriques seront les vrais défis dans ce pays sinon le mur est proche pour la nouvelle génération .
a écrit le 17/11/2016 à 15:58 :
avec des prix sous estimes pour des raisons politiques, certains vont se rendre compte que le celebre ' c'est paye par personne' si cher aux bienpensants justes, finira par etre paye par qqun
a écrit le 17/11/2016 à 14:59 :
Il serait temps de re-nationaliser tout ce qui fait notre indépendance et souveraineté!
Réponse de le 17/11/2016 à 15:54 :
Et cela servirait à quoi de renationaliser ? Faire payer aux consommateurs deux fois le prix actuel ? Non merci...
Réponse de le 17/11/2016 à 16:13 :
EDF appartient DEJA à l'état, renseignez vous un peu. Et arrêtez avec vos délires communistes et rassurez-vous, c'est vous et moi qui allons payer pour les milliards qu'EDF, la SNCF ou AREVA doivent à leurs créanciers, de par la gestion magnifique de l'état Français. Mais attention, ne venez surtout pas râler après qu'on explose les impôts. Si vous voulez payer pour la gestion catastrophique et clientéliste de nos élites et vous assurez d'un pseudo-sentiment de souveraineté, surtout vous gênez pas !

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