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ClimatEnergie & Environnement

Engie : la consommation de gaz des Français a déjà baissé de 4 à 5%

latribune.fr

Publié le 02 septembre 2022 à 09:07 - Mis à jour le 02 septembre 2022 à 09:10

lampe

Selon la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor, la consommation de gaz des particuliers en France a baissé « d'environ 4 à 5% » depuis la guerre en Ukraine.

Reuters

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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Selon la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor, la consommation de gaz des particuliers en France a baissé « d'environ 4 à 5% » depuis la guerre en Ukraine. Elle a également souligné l'effort réalisé par les entreprises, regrettant toutefois que certains industriels soient contraints de cesser leur production face à la flambée des prix de l'énergie. Et si le remplissage rapide des stocks de gaz du pays est un élément rassurant, pour la dirigeante, le scénario pourrait être « plus tendu » en cas d'un hiver particulièrement froid et d'une production d'électricité trop faible.

C'est le mot d'ordre : économie d'énergie. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement répète cet impératif, tant devant les chefs d'entreprises réunis par le Medef le 29 août dernier qu'aux ménages français, sommés de se mettre aux « éco-gestes ».

Une stratégie qui semble payante au regard des chiffres avancés, ce vendredi, par la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor. Selon elle, la consommation de gaz des particuliers en France a baissé « d'environ 4 à 5% » depuis la guerre en Ukraine. « Je suis plutôt très encouragée quand je regarde la base de mes clients particuliers. Aujourd'hui, la consommation d'énergie a baissé d'environ 4 à 5%. (...) On voit déjà des signaux de demande où les gens commencent à faire attention, et ça c'est très encourageant », a déclaré la patronne du premier fournisseur de gaz en France, ex-GDF Suez, à l'antenne de la radio RTL. Elle n'a toutefois pas précisé les périodes exactes de comparaison pour cette baisse de consommation.

Pour autant, elle a appelé les pouvoirs publics « à continuer à cibler les aides, en particulier auprès de nos clients précaires ». Principal dispositif permettant d'éviter de faire flamber la facture des ménages, le « bouclier tarifaire » devrait prendre fin à la fin de l'année pour laisser place à des dispositifs plus ciblés. « Le travail est en cours [...] On ne va pas exposer les Français les plus modestes à des hausses inconsidérées du prix de l'énergie. [...] Mais il faut passer de mécanismes généraux à des mécanismes plus ciblés », avait assuré Elisabeth Borne en juillet dernier.

Des entreprises contraintes de cesser leur production

Concernant les entreprises, Catherine Macgregor a également observé une baisse de la demande, parfois dictée par la nécessité de sauvegarder l'entreprise: « un certain montant de cette baisse, c'est parce que les industries font plus attention et puis on commence à voir des entreprises qui sont affectées et qui ferment leurs moyens de production, c'est évidemment un sujet d'inquiétude », a-t-elle déclaré, alors que certains industriels, notamment du secteur verrier très gourmand en énergie, ont annoncé des arrêts de production. Jeudi, le verrier Duralex a, en effet, annoncé mettre son four en veille durant minimum quatre mois à partir de novembre et placer l'ensemble de ses salariés en chômage partiel pour économiser de l'énergie et préserver ses finances. Le groupe verrier Arc a été contraint, quant à lui, de placer une partie de ses salariés en chômage partiel.

Durant son discours lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), la Première ministre a invité les entreprises à mettre en place rapidement un plan de sobriété. Car, si l'énergie venait à manquer durant l'hiver prochain, des mesures de rationnement pourraient voir le jour, a-t-elle expliqué, écartant pour l'instant toute mesure coercitive. Un décret publié le 8 avril dernier, permet, en effet, d'organiser le délestage de gaz pour les 5.000 sites consommant plus de 5 gigawattheures (GWh) de l'hydrocarbure par an afin de sécuriser l'approvisionnement des sites sensibles (comme les hôpitaux) ainsi que le chauffage au gaz des particuliers. Il offre ainsi aux gestionnaires de gaz la possibilité de réduire, voire d'arrêter, la consommation de gaz en cas de déséquilibre sur le réseau gazier durant l'hiver. Cette organisation du délestage nécessite cependant une enquête préalable consistant à évaluer l'impact que cela pourrait avoir pour une entreprise en termes de sûreté et de conséquences économiques. Les gestionnaires de réseaux gaziers mènent actuellement une enquête pour recueillir ces informations auprès des clients et les faire remonter auprès des préfectures des départements concernés.

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Comme le gouvernement, Catherine MacGregror s'est voulue rassurante sans pour autant exclure le risque de pénurie d'énergie cet hiver. « Depuis la guerre en Ukraine, nous avons pris, tous les acteurs, un nombre de mesures très important pour diversifier nos approvisionnements, pour s'assurer que nos terminaux d'importation marchaient au maximum et bien sûr, pour remplir nos stockages le plus possible, donc aujourd'hui on est plutôt relativement serein sur la situation du gaz en France », a-t-elle assuré. Les stocks français de gaz sont remplis à 93%, a-t-elle précisé, se disant très confiante pour atteindre l'objectif de 100% au début de l'hiver. Cet objectif, une fois atteint, ne garantit pas, pour autant, une quantité suffisante pour passer sereinement l'hiver. En effet, cette manne permettrait à la France de tenir 14 semaines sans recevoir aucune livraison de gaz. C'est donc bien moins que la période de froid. Le pays doit, chaque jour, continuer d'importer la même quantité d'hydrocarbure. « Il n'empêche que nous avons bien sûr souligné que le système énergétique en Europe et donc en France était quand même sous tension, et qu'il fallait faire attention », a donc précisé la dirigeante.

  • Lire aussi :Énergie : malgré des stocks de gaz remplis à 100%, le spectre des pénuries plane toujours sur la France

Elle a également souligné le risque pesant sur la production d'électricité : « A priori, on ne manquera pas de gaz, sauf si on a besoin de beaucoup plus de gaz, parce que le climat est extrêmement froid et que notre production d'électricité par d'autres moyens que le gaz est affaiblie, auquel cas on va plus utiliser le gaz pour la production d'électricité et on pourrait avoir un scénario plus tendu », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de faire preuve de « sobriété ».

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La production d'électricité en France est sérieusement impactée par les difficultés rencontrées par EDF. Seuls 24 des 56 réacteurs du parc nucléaire d'EDF sont actuellement en service, les autres étant à l'arrêt pour des opérations de maintenance programmées ou suite à des problèmes de corrosion qui n'étaient pas prévus. Jeudi, la cheffe du gouvernement a pressé EDF de rétablir la situation. Interrogée sur France Inter, elle a déclaré : « Je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon ».

(Avec AFP)

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