EPR en Finlande : Areva tout près de mettre fin à son cauchemar financier

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(Crédits : STAFF)
Le consortium d'Areva SA et Siemens, en charge de la construction de l'EPR d'Olkiluoto 3 en Finlande, ont signé avec l'électricien TVO un accord de règlement global pour l'ensemble de leurs litiges. Le consortium paiera notamment une pénalité de 450 millions d'euros en deux fois en compensation de sa responsabilité dans les retards subis par TVO.

Après des années de conflit, Areva SA et Siemens, membres du consortium en charge de la construction de la centrale nucléaire d'Olkiluoto 3 (OL3) en Finlande, ont enfin signé avec l'électricien finlandais Teollisuuden Voima Oyj (TVO) un accord de règlement global pour l'ensemble de leurs litiges. Le groupe français réclamait 3,4 milliards d'euros de dédommagements, et TVO 2,6 milliards. Areva et TVO prévoient le closing de la transaction avant fin mars, lorsque les dernières conditions auront été satisfaites.

"Cet accord permet de régler tous les litiges qui les opposaient et met au point un nouveau mode de coopération pour achever le Projet OL3", a expliqué Areva dans un communiqué publié dimanche soir.

Le consortium paiera une somme forfaitaire de 450 millions d'euros en deux fois en compensation de sa responsabilité dans les retards de dix ans de retard subis par TVO dans la réalisation du projet. Il garantit également la mise à disposition des ressources humaines et financières nécessaires à l'achèvement du projet, initialement prévue pour 2009. "Nous sommes satisfaits de cet accord qui permet de réduire très sensiblement les risques de la phase finale du projet pour toutes les parties concernées", a affirmé le président du conseil d'administration d'Areva SA, Phlippe Varin.

18 mois pour terminer le projet OL3

Le projet OL3 a connu de nombreux retards et des dépassements de coûts importants. En conséquence, les litiges correspondants avaient conduit le consortium et TVO à déclencher une procédure d'arbitrage auprès de la Chambre de commerce internationale de Londres. Le règlement actuel met un terme à l'arbitrage et à toutes les réclamations antérieures, tout en maintenant les termes essentiels du contrat d'origine.

"Dans moins de 18 mois, OL3 fournira 1.650 MW au réseau électrique finlandais, avec les normes de sûreté nucléaires les plus élevées et zéro émission de CO2", a expliqué le directeur général d'Areva SA, Philippe Soulié. La centrale est conçue pour une durée de vie opérationnelle de 60 ans. Areva et Siemens ont jusqu'à la fin de 2019 pour terminer le projet OL3. A cette condition, ils pourront donc recevoir un versement incitatif qui pourrait s'élever à un montant maximum de 150 millions d'euros. Dans le cas contraire, ils paieront une nouvelle pénalité à TVO, qui dépendra de la durée du retard mais qui ne pourra pas dépasser 400 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 24/03/2018 à 23:36 :
On a des comptes à régler avec ce pays francophobe , et germanophile . On se souviendra de leur attitude , et j'espére qu'une fenêtre nous permettra de mettre les pendules à l'heure . Vite ,
a écrit le 13/03/2018 à 20:50 :
Areva espère s'en tirer au mieux, mais ils ( et elle ! ) mériteraient une bonne correction.
Le projet TVO a été lancé en 2003 et devait commencer a me livrer du courant le 1° juillet 2009 à 00.00 heure. Le chantier a été géré en dépit du bon sens et multiplié les malfaçons, retards et modifications aléatoires. Areva espérait au départ en faire une affiche de sa nouvelle technologie EPR. Le partenaire Siemens, en fait, a assez bien fait sa part du boulot. En voyant l'ampleur du désastre, Areva a décidé de lancer en catastrophe le chantier de l'EPR de Flamanville pour EdF en décembre 2007, en espérant le terminer avant Olkiluoto et camoufler son échec en Finlande. Mais, ils ont
répété, quasi copié-collé, toutes les bourdes et erreurs de TVO à Flamanville. Pourtant un document conjoint des autorités de sécurité nucléaire Finlandaise, Britannique et...Française, les avaient avertis. Sans effet. Document auquel a participé une de mes nièces Finlandaises, Ingénieure en Génie Nucléaire, qui m'a donné de très bonnes informations. Le prochain réacteur Finlandais sera plus probablement fourni par...
RosAtom !
a écrit le 12/03/2018 à 17:06 :
Il faut encore remercier Anne Lauvergeon pour sa compétence qui aura couté des centaines de millions à la France.Et dire qu'elle était surnommée "Atomic Anne " alors qu'elle méritait plutôt le surnom de "Calamity Anne" .
a écrit le 12/03/2018 à 12:59 :
le saviez vous ?
Dans le contrat des centrales EPR en angleterrre, l´organisme anglais equivalent de
l´ASN en France, pourra bloquer la construction ou la mise en service des centrales d´Hinckley point si elle constate des malfacons de nature à mettre en danger la mise en service ou l´opération...

comme le contrat prévoit que la construction soit payée par EDF, s´il y a le moindre problème ou retard , cela sera aux frais d´EDF ....

si la mise en service est bloquée pendant 1,5,10 ans à cause de problèmes, tout est pour EDF.... (donc à ce niveau les contribuables francais, car on parle de milliards d´euros)....
Réponse de le 12/03/2018 à 13:09 :
Oui... comme pour tout exploitant passé et à venir. Comme pour tout industriel d’ailleurs.

C’est un peu tout le principe de l’économie de marché et de la propriété privée :

Vous investissez en prenant un risque, et à la fin vous collectez les pertes ou les bénéfices.
Réponse de le 12/03/2018 à 17:14 :
sauf que là , comme pour Areva, ce sont les contribuables francais qui devront encore une fois renflouer les "fleurons" qui ont les yeux plus gros que le ventre et ces hiérarchies d´énarques qui se font plaisir à dépenser sans compter car ce ne sont pas eux qui paieront la facture....

qu´une société privé prenne des risques et fait faillite. pas de problème.

que des fonctios jouent au casino avec l´argent du contribuable parce qu´ils ont un ego surdimensioné, là ce n´est plus pareil....
Réponse de le 12/03/2018 à 18:40 :
Les contribuables ne se plaignent pas d’empocher les bénéfices de la filière non plus, ils se plaignent juste quand il y a des augmentations de capital.

Et même si effectivement ils payent ici la gestion ahurissante par certain(e)s dirigeant(e)s de ces entreprises, ils plébiscitent malgré tout la politique qui chapeaute tout ça, et qui est toute aussi responsable.
Réponse de le 12/03/2018 à 19:18 :
@ r2d2

Vous avez parfaitement raison sur le fond et sur la forme... le renflouement constant ou périodique de dizaines d'entreprises ont coûté des milliards aux contribuables Français... et ça depuis trop longtemps.

Ce qui fait que lorsque l'on applique une règle de trois, très simple, mais d'une outrageante efficacité sur le plan factuel et pour donner une idée claire sur l'utilisation de l'argent public, et qui consiste à comptabiliser les emplois ''sauvés'' par rapport aux coûts réels de l'injection de capitaux qui se calcule souvent en centaines de milliers d'euros par emploi... là on a envie de tout casser dans la baraque.

Évidemment ces capitaux sont utilisés pour sauver des emplois très très temporairement mais surtout pour maintenir en vie et sous perfusion des entreprises qui aurait dû fermer leurs portes depuis belle lurette... et les dirigeants mis à la porte et poursuivis pour négligence ou pour fraude.

Donc, on se retrouve avec des énormités comptables tout à fait inusitées et abracadabrantes où pour sauver ''politiquement'' des emplois dans des secteurs peu compétitifs, avec des outils de travail souvent désuets, mal gérés à peu près à tous les niveaux hiérarchiques on est prêt à tout, mais à tout, sur le très court terme.

Vive la France ! Vive la République !
Réponse de le 12/03/2018 à 21:35 :
...tout comme l'ASN peut le faire en France... what else ?
a écrit le 12/03/2018 à 12:28 :
A quand des poursuites judiciaires à l'encontre de Lauvergeon pour sa gestion désastreuse d'Areva ?
Réponse de le 12/03/2018 à 13:10 :
Quoi un dirigeant qui assumerait ses résultats en échange de sa rémunération astronomique ? Mais vous n’y pensez pas voyons !
a écrit le 12/03/2018 à 11:32 :
"Le consortium paiera" etc. Ils paieront rien. Ils ont que des dettes, ches nous, les contribuables.
a écrit le 12/03/2018 à 10:29 :
Il faudra que Macron nous explique pourquoi il vend des EPR en Inde alors, qu'il souhaite
abandonner l'énergie nucléaire en France?
Réponse de le 12/03/2018 à 13:16 :
Il ne souhaite pas plus l’abandon du nucléaire que Hollande avant lui, mais comme Hollande il a fait le constat qu’il fallait s’allier à la minorité écolo pour pouvoir un minimum déployer sa politique.

Le nucléaire est donc sacrifié au bénéfice de plus grands objectifs.
a écrit le 12/03/2018 à 9:55 :
Des échecs, ou des erreurs de stratégie tous les secteurs et tous les groupes en connaissent, mais un tel gâchis dans un secteur aussi stratégique touche parfois à l’irresponsabilité. Que cela vienne d'erreurs politiques, d'obstacles techniques ou de loupés méthodologiques, peu importe, le constat est là, c'est incontestablement un échec et un gâchis dont on n'a probablement pas encore chiffré le coût total. Sans parler de la publicité négative sur le savoir faire technologique Français pendant plus d'une décennie. Ceci dit Siemens est aussi partenaire… La particularité c’est qu’en France on a droit à des explications et justifications parfois ubuesques et que toutes les décisions semblent prises au pied du mur. En plus on est prêts à renouveler l'experience, alors que beaucoup de pays ont abandonné l'idée. A l'origine l'idée semblait d'ailleurs bonne, que de vouloir réutiliser les déchets issus du militaire dans de nouveaux réacteurs, sauf que le mox semble encore plus dangereux que l’uranium (https://fr.wikipedia.org/wiki/Combustible_MOX) et engendre des surcoûts importants et des risques supplémentaires. Le fait que l’on ne puisse "disperser" le combustible sur l’ensemble de la planète réduit également le potentiel de construction de nouvelles centrales et en augmente le prix de revient unitaire.
Justement côté rentabilité, le prix de revient du MWh EPR dépasse les 100 €, soit le double des vieux réacteurs, dont le prix de revient devrait également fortement augmenter dans l'avenir (https://www.capital.fr/entreprises-marches/votre-electricite-bientot-hors-de-prix-a-cause-du-nucleaire-1125816). L’avenir de la filière semble être dans la sécurisation, la déconstruction et la gestion des déchets, de quoi occuper du monde pendant encore quelques siècles. C'est moins valorisant, mais à chacun d’assumer ses responsabilités.
a écrit le 12/03/2018 à 9:13 :
Anne Levergeon:

La Cour des comptes revient en 2014 sur les années Lauvergeon, et critique la personnalité et les actions d'Anne Lauvergeon, l'évolution de sa rémunération, notamment une augmentation de salaires « fondée pour une large part sur des taux de réussite faussement précis », l'échec de l'EPR et l'achat d'UraMin, ces deux dossiers coûtant plusieurs milliards d'euros à l'État, à cause de mauvaises études de la part d'Areva30. Pour sa défense, Anne Lauvergeon précise que Jean-Cyril Spinetta, patron du conseil de surveillance, n'avait pas contesté les conditions d'acquisition d'UraMin et que les comptes d'Areva ont été validés par plusieurs cabinets d'audit29.

Le parquet se penchant sur la période 2007-2010 a ouvert une enquête préliminaire pour « présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles », « diffusion d'informations fausses ou trompeuses », « faux et usages de faux ».

Le 17 février 2016 l'émission Pièces à conviction porte sur Anne Lauvergeon, l'ancienne patronne controversée d'Areva et lui impute la responsabilité des pertes du groupe industriel, estimées entre 10 et 15 milliards d'euros.

En mai 2016, elle est mise en examen pour présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations.
Encore un scandale de plus dans le giron de l'état français.....Bravo !
Sa reconversion: dans les conseils d'administration d 'entreprise et pas n'importe lesquels !!!!
a écrit le 12/03/2018 à 8:31 :
Bref le nucléaire nous coûte de plus en plus cher et on dirait bien que c'est exponentiel non ?

Un véritable cauchemar, je ne sais plus quel troll ici disait que de gaulle était un grand visionnaire...

Ouais ben bravo hein, et le prochain qui a une vision comme celle-ci qu'il se la garde svp surtout s'il est incapable de la gérer.
a écrit le 12/03/2018 à 8:11 :
les diots qui ont signe un contrat d'export pour un produit aussi complexe non fiabilise sur le territoire national devraient etre fusilles............ personne ne vend un produit a l'export quand il n'est pas deja sur une base solide chez lui, surtout pour des produits comme ca!
Réponse de le 12/03/2018 à 21:49 :
"En même temps" les EPR ne sont pas un changement technologique majeur par rapport aux derniers réacteurs PWR qu'on a construit sans difficulté majeure jusqu'à la fin des années 1990 (Civaux et Chooz B, 1500MW, mis en service entre 1996 et 1999). Qui eût cru qu'en moins de 10 ans sans construire de réacteurs Framatome/Areva aurait autant perdu en savoir-faire industriel ?
Réponse de le 13/03/2018 à 20:35 :
@ bruno-bd :

Entre la mise en service du dernier N4 et le début de chantier de FLA3, il s’est quand même passé 16 ans... C’est énorme. Qu’est-ce que vous faites de vos experts, de vos salariés aguerris pendant 16 ans sans rien ?

D’autant plus qu’en supplément, ce chantier semble avoir été lancé dans la précipitation suite à exigence politique, et en affichant des coûts et des délais délirants. Pensez donc :

Construire un tout nouveau réacteur deux fois plus gros et plus complexe, en deux ans de moins qu’il n’en a fallu pour le plus cours chantier du palier 900MW !

Personnellement, je ne peux m’empêcher de voir la conséquence de la gestion anarchique de la filière par l’Etat, qui semble ne jamais suivre les recommandations de l’industriel pour mieux satisfaire telle lubie de politicien local ou de militants écologistes.
Réponse de le 14/03/2018 à 22:16 :
en ce sens l'abandon de Penly 3 en 2012 par l'exécutif Hollande, qui aurait pu bénéficier de l'effet de série des 4 autres réacteurs EPR construits est une faute de plus.
a écrit le 12/03/2018 à 2:04 :
Maintenant après Flamanville on aura les cauchemars Hinkley Point (qui a déjà dépassé ses coûts initiaux et est contesté par la cour des comptes britanniques) et en Inde où il y a transfert de technologie et où le bénéfice risque d'être réduit. Le nucléaire ne se vend principalement qu'à des pays en zones à risques qui ont ou qui aimeraient à terme avoir des capacités de défense ou d'attaques nucléaires et/ou gouvernements corrompus. Rosatom est un expert en la matière ! Les renouvelables + stockage sont moins chères, recyclables, sans problèmes ni risques et s'implantent à tous les niveaux, national, régional, éco-quartiers etc et ce ne sont pas les formes de stockage qui manquent pour compenser l'intermittence, argument souvent repris par les débutants ou lobbyistes anti-renouvelables tout comme le charbon !
Réponse de le 12/03/2018 à 7:45 :
Avis partagé....catastrophe financière, nucléaire et finalement elle sera humaine....qui a dans sa main l'atome en France..? Ceux qui sorte de la même ecole depuis des décennies et auxquels les hommes politiques obéissent servilement 😁
Réponse de le 12/03/2018 à 8:21 :
et oui... quand on vend une centrale atomique, on vend une usine a fabriquer du plutonium, élément indispensable des armes atomiques.
Les projets de centrales nucléaires en Turquie, Vietnam, Arabie Saoudite et bien entendu Iran sont là pour le témoigner.
Il y a belle lurette que l’énergie nucléaire n'est plus compétitive. Seuls les ingénieurs d'Areva et désormais EDF ne le comprennent pas.
Sur les derniers appels d'offres, l'éolien et surtout le solaire sont 2 à 3 fois moins chers que le nucléaire neuf.
Réponse de le 12/03/2018 à 10:10 :
Et pendant ce temps là, les EPR de Taishan sont à peu près à l'heure et dans le budget (mais chut, ça ne cadre pas avec votre propos...).

Et pendant ce temps, malgré des subventions astronomiques (on doit être de l'ordre du demi-millier de milliards d'euros à l'échelle européenne), les ENR ont un impact nul ou négligeable sur les émissions de CO2.

Et pour les technologies de stockage électrique, vous êtes dans le bluff complet alors qu'elles n'existent nul part autrement qu'à l'état de démonstrateurs technologiques (P2G, volants d'inertie) ou à échelle homéopathique (STEP, batteries).

La réalité du monde électrique, c'est avant tout des fossiles et de l'hydraulique. Puis du nucléaire et/ou du solaire/éolien en fonction des politiques publiques. Et la réalité de l'impact environnemental de l'électricité, c'est des émissions polluantes gigantesques pour les pays qui ne sont pas massivement équipés d'hydraulique et de nucléaire.
Réponse de le 12/03/2018 à 14:03 :
Commentaires affligeants d'antinucléaires :
- 1 L'Inde possède déjà l'arme atomique,
- 2 L'Inde ne vit pas dans un pays de bobos : elle a choisi de se développer sans les inconvénients désastreux de la pollution aux énergies fossiles
- 3 L'électricité se stocke toujours aussi mal à moins de croire à la théorie du complot :-)
Réponse de le 12/03/2018 à 18:46 :
@ Lorenzo :

Ah bon ? Mais si c’était vrai, tout le monde fermerait tous les parcs existants pour construire du solaire et de l’éolien à la place.

Expliquez nous donc pourquoi ça n’est le cas nul part, que le solaire et l’éolien restent assez marginaux et qu’en plus ils nécessitent encore des subventions astronomiques ?

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