EPR : un rapport atomique pour relancer la filière nucléaire

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(Crédits : Reuters)
Le rapport Foltz sur l'avenir de l'EPR est à la fois un procès sans concession des faiblesses de la filière nucléaire française et le prétexte qu'attendaient le gouvernement et EDF pour justifier la construction de centrales. Exercice délicat et explosif...

C'est un exercice d'équilibriste auquel s'est livré Jean-Martin Folz, dans un rapport remis en début de semaine à Bruno Le Maire, le ministre de l'économie. A la fois dresser le constat, incontestable et implacable, de l'échec retentissant pour EDF de la construction de l'EPR de Flamanville, qui accumule les retards et les surcoûts. Mais aussi se montrer optimiste sur l'avenir de ces réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Et recommander la poursuite des investissements dans leur développement. "La pertinence du concept et du design" a été démontrée, justifie l'ancien PDG de PSA, citant l'exemple de deux réacteurs chinois de Taishan, mis en service ces derniers mois.

Sur une trentaine de pages, Jean-Martin Folz dénonce d'abord des estimations initiales "irréalistes", tant pour les coûts que pour les délais de construction. "EDF a grossièrement sous-estimé (...) la complexité" du projet, assène-t-il. Initialement prévue en juin 2012, la mise en service n'interviendra pas avant fin 2022. La facture estimée a déjà triplé, passant de 3,3 à 12,4 milliards d'euros. La faute, également, à une série de dysfonctionnements et de dérapages, dont l'inventaire est accablant. Et qui met en lumière une gouvernance "inapproprié" du projet et des "relations insatisfaisantes" entre les différentes entreprises impliquées dans la construction.

"Perte de compétences généralisée"

Plus grave encore, les difficultés du chantier témoignent d'une "perte de compétences généralisée" dans la filière nucléaire française, en particulier chez EDF et chez Framatome, l'ex-Areva NP devenue filiale d'EDF début 2018. Cela touche autant les bureaux d'études, les fabricants de composants que "l'aptitude à gérer un très gros chantier". En cause: l'absence de construction de nouvelles centrales pendant près de 20 ans. Le rapport s'attarde notamment sur la "faiblesse des ressources et talents en technique et réalisation de soudage". Ainsi, le dernier retard en date a été provoqué par la découverte de soudures non-conformes, qui devront être réparées grâce à l'utilisation de robots télé-opérés.

Malgré tout, l'ancien patron de PSA se montre plutôt confiant, voulant croire que l'électricien français a tiré les leçons du fiasco de Flamanville. Une "expérience si chèrement acquise", estime-t-il. "Les progrès observés au cours des récentes années doivent conforter, et amplifier, les derniers choix d'organisation faits par EDF", poursuit-il. Le rapporteur salue aussi l'entrée de Framatome dans le groupe, qui permet "de rationaliser et de simplifier plus avant l'organisation des ressources scientifiques et techniques dans les projets nucléaires".

Pour réussir la construction des prochains EPR, le rapporteur préconise également de lancer "des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs" afin d'impulser une nouvelle dynamique en donnant aux entreprises du secteur "la visibilité et la confiance nécessaires pour qu'elles engagent les efforts d'investissement et de recrutement indispensables". Et de citer l'exemple de la Chine, où "la construction de centrales nucléaires se poursuit régulièrement depuis une vingtaine d'années".

Décision reportée ?

Après tous ces déboires, l'avenir des EPR en France n'est officiellement pas encore assuré. Pour la filière nucléaire, le temps presse pourtant; afin de se préparer à la fermeture des plus vieilles centrales du parc français. Initialement, le gouvernement devait prendre une décision mi-2021, à quelques mois seulement des élections présidentielles. Mais Bruno Le Maire n'hésite désormais plus à évoquer un report de calendrier. Pas avant 2023, soit après la mise en service de l'EPR de Flamanville. Et surtout après le scrutin d'avril 2022.

Le dossier est politiquement sensible, alors que les retards à répétition semblent avoir durablement terni l'image de ces réacteurs nucléaires. Et que la prise de conscience écologique a fait naître de nouveaux enjeux électoraux, que les prochaines municipales pourraient confirmer. Il s'entrechoque en plus avec le projet de réorganisation d'EDF, qui prévoit une scission en deux de l'entreprise - un "EDF bleu", renationalisé pour le nucléaire notamment, et un "EDF vert" pour les énergies renouvelables.

Un sujet socialement explosif, qui mobilise déjà les syndicats. Il vient d'être reporté en 2020. Et pourrait, lui aussi, traîner en longueur parce qu'il est lié à de difficiles négociations avec l'exécutif européen sur un relèvement du tarif de l'Arenh, le dispositif qui permet aux concurrents de l'électricien historique de lui acheter un quart de sa production nucléaire à un prix fixe.

Préparer le terrain médiatique

Pour les détracteurs de l'atome, cependant, les conclusions de Jean-Martin Folz ne seraient en réalité qu'un moyen de préparer le terrain médiatique à l'annonce, déjà actée, de la construction de nouveaux réacteurs. Et le discours de fermeté affiché par Bruno Le Maire - qui a dénoncé "un manque de rigueur inacceptable" et réclamé à EDF un "plan d'action" d'ici à la fin novembre - ne serait que de façade.

Ils en veulent aussi pour preuve la lettre adressée en septembre à Jean-Bernard Levy, le patron de l'électricien français, dans lequel le gouvernement lui demandait de réfléchir à la construction de "trois paires de réacteurs sur trois sites distincts" d'ici à 2035. Embarrassé, le ministère de la Transition écologique avait alors assuré qu'il ne s'agit que d'une simple "hypothèse de travail", qui "ne présage en rien les décisions qui pourraient être prises".

Quelques jours après la publication, mi-octobre, de ce courrier par Le Monde, Jean-Bernard Levy, dont le mandat à la tête de la société a été prolongé en mai, enfonçait encore le clou. "Il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires", assurait-il au quotidien du soir, évoquant ensuite les six EPR. "Pour faire baisser les coûts, il ne faut pas simplement faire des têtes de série les unes après les autres, mais un ensemble de réacteurs. C'est simplement la réalité industrielle", justifiait-il. "Ce n'est pas EDF ni son PDG qui fixe la politique énergétique du pays", avait rétorqué Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique. Sans convaincre les détracteurs du nucléaire.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2019 à 13:16 :
Estimation irréaliste ? Merci Anne L* ! A l'époque EDF n'était que client, comme en Finlande pour OL3, et l'Etat actionnaire d'AREVA. Trop facile de pointer EDF à qui l'Etat a ensuite imposé le rachat d'Areva au bord de la faillite...
a écrit le 31/10/2019 à 8:35 :
Il ne faut pas tomber dans le piège de certaines polémiques lobbyistes quand on parle de production d'hydrogène et faire preuve de plus de réalisme différencié.

Il n'y a pas que la production chimique d'hydrogène avec beaucoup d'émission de CO2 , mais celle que l'on produit avec de l'électrolyse de l'eau qui n'en produit pas. On peut bien sûr le faire avec de l'électricité nucléaire mais c'est beaucoup plus intéressant et bien moins cher de le faire à partir des excédents de production d'électricité avec les énergies renouvelables. Le rendement énergétique n'est ici que de 50% environ, mais c'est tout de même avantageux quand il faut par exemple arrêter les éoliennes lorsque le réseau électrique ne peut pas absorber le surplus. L'hydrogène produite correspond alors à un stockage d'énergie. Mais il a mieux avec la possibilité de produire de l'hydrogène photo-catalytique avec des photo catalyseurs en carbone composite propres et bon marché et la collecte optimisée du rayonnement solaire avec des fenêtres anti-réfléchissantes à partir des materiaux ta-C à grand gap optique.
a écrit le 30/10/2019 à 23:12 :
@josek. L'H2 se produit très bien à partir de combustibles fossiles et permet de coproduire du CO2 qui peut être facilement séquestré.Mais méfiez-vous quand "on veut tuer son chien on l'accuse de la rage".L'hydrogène produit à partir de combustibles fossiles est la seule véritable alternative au nucléaire et en plus il est imbattable au niveau économique.
Réponse de le 01/11/2019 à 11:22 :
L' hydrogène peut aussi être produit de maniére encore plus économique et sans production de CO2 avec l'électrolyse de l'eau et avec les surplus d'électricité verte que le réseau ne peut absorber et encore mieux avec la photocatalyse nettement améliorée avec des fenêtres anti-réfléchissantes, transparentes, anti érosion, anticorrosion et antisalissures et des photo-catalyseurs "propres" plus efficaces et moins chers.
a écrit le 30/10/2019 à 22:17 :
Et si on parlait aussi de l'EPR d'Olkiluoto, lancö en 2003 pour 3 milliards d'€uros et qui devait me livrer du courant le 1° juillet 2009 ?? Toujours pas terminé aujourd'hui et qui va couter près de 12 milliards. Il y a aussi un rapport de l'Autorité nucléaire Finlandaise, auquel a participé ma nièce, Anni Nurmela.
Réponse de le 31/10/2019 à 9:18 :
En 2005, Olkiluoto 3 était le premier chantier EPR lancé au monde et son autorisation de mise en exploitation a été publiée en mars dernier.
a écrit le 30/10/2019 à 21:46 :
Dans la situation, le premier ministre que nous avons est "l'homme de la situation".......
Franchement, y a pas un problème?!!!

Engager la population sur les choix énergétiques par un référendum est l'absolue dans la vie démocratique du temps T.

Car l'on ne peut simplement penser un instant renouveler les centrales en sachant ce qui se passe actuellement!

Imaginez ce qu'il aurait été possible de faire avec ces douze milliards!

Ok, maintenant il faut que cela s'arrête car cela engage plusieurs générations, du fait de la transformation climatique, la pire erreur est en train de se faire avec un mélange des genres institutionalo économique malsain.

La lobbyiste des banques se retrouve a bercy , et ..... Franchement cela pose des questions. Et il ne sera pas facile d'expliquer la cessession dans les quartiers pauvres, si l'on sait le niveau d'emplois, de spécialisation les métiers autour de ces technologiques permettrait de pouvoir envisager un avenir que la dette plombera d'autant plus.

Et vu ce qu'il reste de l'industrie, disons que je ne crois pas qu'il y ait meilleur objectifs que ceux ci !

Mais j'imagine que le premier lobbyiste en chef chez areva nous expliquera une réalité acté :
"Renoncement à l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production électrique de 75% à 50% à l’horizon 2025, un objectif pourtant inscrit dans la loi de transition énergétique depuis 2015 et qui, de plus, était un engagement de campagne d’Emmanuel Macron.

Mais pour la promesse du dernier, il a su s'entourer des meilleurs conseils dans le domaine....
a écrit le 30/10/2019 à 14:57 :
Ce n'est parce-que cette centrale ne marche pas qu'il faut abandonner, suffit de copier les chinoises qui marchent bien et roule, l'autre on la démonte, on récupère les pièces et on a du courant électrique pour 100ans.
a écrit le 30/10/2019 à 13:28 :
Si les médias voulaient un tant soit peu faire preuve d'objectivité, Il faudrait d'abord rappeler tout le poids des erreurs politiques liées à l'EPR...
En effet, l'EPR est le fruit d'une coopération Franco-Allemande voulue par François Mitterand, il a été conçu par AREVA et SIEMENS, du moins jusqu'à ce que SIEMENS ait placé ses équipements industriels au détriment des équipementiers Français du secteur électronucléaire car le constructeur germanique a vite quitté le bateau dès l'arrivée des premières difficultés financières...
A la tête d'AREVA, rappelons la présence à cette époque d'Anne LAUVERGEON, ancienne sherpa de Mitterand, qui avait été recasée à la tête d'AREVA pour service rendu.
Malheureusement avec la quasi-faillite d'AREVA, le gouvernement Français (Hollande / Macron) n'a fait que reporter le poids financier et industriel de l'EPR sur les épaules d'EDF.
Alors quel avenir pour l'EPR ?
Les tranches EPR Chinoises (enfin Franco-Chinoise car EDF en a financé 30%) sont démarrées depuis plus d'un an et sont en service industriel (ce qui démontre qu'avec de la volonté et un soutien des dirigeants politiques, cela fonctionne très bien).
Quand à l'EPR Français, l'absence complète de volonté politique de faire avancer le chantier de FLA3 incite les "stakhanovistes du contrôle" à bloquer sur la moindre anomalie, fut-elle mineure, pour retarder un chantier qui, tout le monde s'en doute maintenant, finira comme "victime sacrificielle" à l'autel des compromis électoraux avec les verts lors des élections de 2022...
La meilleure preuve en est que le report annoncé pour une mise en service de FLA3 nous amène à 2022, ce qui est pleinement en phase avec les prochaines élections présidentielles et législatives...
De profundis...
Réponse de le 30/10/2019 à 16:31 :
Merci pour cet excellent commentaire.
On a l'art en France pour "sacrifier nos atouts. Enfin,, le "On" n'est pas adapté, ce sont au moins des gouvernants plus soucieux des intérêts de leurs soutiens capitalistes et de leur réélection que des besoins à long terme de la France.
a écrit le 30/10/2019 à 12:49 :
L'ère post Fukushima a été difficile pour la filière, avec un monde politique qui n'a pas, loin s'en faut, soutenu la filière. Alors, il va falloir après tous ces atermoiements, repartir. Il y a urgence, car avec un parc vieillissant, ce n'est pas malheureusement à coup d'éoliennes, capables de produire de façon intermittente 20/25% au mieux de leurs capacités, que l'on va assurer notre production d'électricité. Et asseyons-nous une bonne fois pour toutes sur les coûts de Flamenville (12 milliards), car même si tout cela n'est pas agréable, ce n'est qu'une petite moitié du budget du Ministère de la transition écolo (35 milliards), dont on se demande d'ailleurs où ils passent, et un pour mille de la dépense publique annuelle!
Réponse de le 30/10/2019 à 18:29 :
Comme vous y allez avec la valse des mds. Rappelez vous que c'est vous, moi qui allons payer en cash doublement comme contribuable et comme usager , car la filière va être totalement etatisee.
Et encore, 1 seul réacteur à 15 mds euro...alors 20 qui suivent à ce prix là en + des centaines de mds à venir pour éliminer les dégâts collatéraux!!!. D'accord, ils nous éclairent, nous chauffent ou nous refroidissent. Mais ils ne nous soignent pas, ne nous forment pas, ne nous défendent pas, ne nous nourrissent pas... Et là les défis et les ressources à venir st immenses et répondent à des enjeux sociétaux autrement + importants Alors SVP, ça vaut le coût de ce pencher sur ce fiasco hors norme pour en baisser significativement la douloureuse ou réfléchir à une autre stratégie.
.
Réponse de le 30/10/2019 à 19:29 :
L'EPR ça coûte un bras, mais pour un info la transition énergétique allemande de son commencement a 2030 a un coût évalué entre 200 et 450 milliard d'euros. Pour des résultats en terme d'émissions de gaz a effet de serre très mitigés.

Les prix des technologies renouvelables baissent et les perspectives d'autonomie par rapport au gaz et au charbon (pour l'instant absolument pas convaincantes) évoluent, ce qui pourraient les rendre intéressantes pour remplacer du nucléaire un jour (pour l'instant ce n'est absolument pas le cas).

Malheureusement, elles seront toujours dépendantes du cycle des saisons et on sait encore moins stocker de l'énergie sur de telles périodes...
a écrit le 30/10/2019 à 12:43 :
Sur un plan strictement économique et financier, il faut quand même savoir que l'électricité d'origine nucléaire est devenue beaucoup plus chère que celle que l'on peut produire autrement. Le coût du démantèlement des anciennes centrales est sans commune mesure avec ce qui avait été planifié, et dire que les centrales nucléaires dite "amorties" produiraient du courant électrique moins cher qu'avec les énergies renouvelables, est un énorme mensonge, quand on sait les coûts revus à la hausse de leur remise en état et de leur mise en conformité avec les nouvelles normes de sécurité d'une part, et d'autre part quand on peut savoir aujourd'hui comment et pourquoi certaines énergies renouvelables font déjà beaucoup mieux et qui peuvent viser à court terme moins de 0.02€/KWh.

Reste à néanmoins pourvoir à un socle de production d'électricité pour remédier à l'intermittence des énergies renouvelables, pour lesquels le stockage ne pourra sans doute pas complétement suffire, quand bien même, de gros gisements de progrès réalisables sur le court terme pour des piles à combustible plus efficaces et un stockage plus important et plus sûr existent dont la mise en œuvre pourra être certainement effectuée deux à trois fois plus rapidement que pour la planification de nouvelles centrales nucléaires

Cependant c'est bien pour compenser l'intermittence des énergies renouvelables que l'énergie nucléaire peut trouver sa justification mais sachant que les filières à uranium sont devenues beaucoup plus chères , (dont les réacteurs par principe ne peuvent pas être stables et qui nécessitent des dispositifs de sécurité supplémentaires tres couteux) et de miser sur d'autres filières nucléaires plus sûres et pour commencer par celles qui existent déjà comme avec le thorium. Sans ici se faire des illusions sur l'utilité économique et pratique des réacteurs de fusion du style ITER et de savoir que d'autres approches nucléaires à la fois plus sûres et moins chères existent déjà aussi.
Réponse de le 30/10/2019 à 12:57 :
+1, rien à ajouter
Réponse de le 30/10/2019 à 16:44 :
Pouvez vous citer vos sources ?
Vous parlez de production renouvelables à 0,020€/kWh mais le futur parc d'éoliennes en mer de Bretagne sera payé 150 €/MWh soit 0,150 €/kWh.
Pour comparaison, le coût "cash" du nucléaire est de 50 €/MWh (Cf. rapport de la Cour des Comptes). Quant aux coûts de démantèlement, ils sont connus et intégrés dans le coût du kWh.
Pour information, les distributeurs alternatifs de courant électrique, se servent quand ça les arrange chez EDF au prix de 40€/MWh grâce au scandaleux dispositif ARENH qui leur accorde pour le moment 1/4 de la production nucléaire d'EDF mais ils en réclament plus.
Réponse de le 30/10/2019 à 19:42 :
Comme l'a fait remarquer un autre commentaire le prix du renouvelable (quoiqu'en baisse depuis un moment, ce qui est encourageant) n'est pas ce que vous décrivez. De plus, autant les renouvelables fonctionnent très bien avec les centrales a charbon et au gaz qui fournissent un backup efficace, dont le coût est quasi proportionnel a la quantité de combustible utilisé, autant les coûts du nucléaire sont pour la plupart des coûts fixes, a savoir construction, maintenance, démantèlement. Ce coût ne diminue pas si vous faites tourner la centrale en sous régime pour donner la priorité aux éoliennes (ce qu'on fait en France, et qui a très certainement a voir avec les augmentations récentes du prix de l'électricité (ça et là privatisation)). Comme le renouvelable n'est pas encore autonome (même en grande quantité), c'est a dire de permettre de faire fermer ne serait-ce qu'un reacteur, vous allez payer les coûts (CO2 + €) des deux installations pour rien. C'est pourquoi il est inutile en France d'importer massivement des panneaux solaires chinois et qu'il vaudrait mieux pour notre pays nuclearisé (le nucléaire émet autant de CO2 que l'éolien au kWh et moins que le solaire donc ya pas urgence) d'investir massivement dans la recherche, sur les renouvelables comme sur ITER/thorium/Astrid.
Réponse de le 31/10/2019 à 9:16 :
Des appels d'offres à Dubaï ds les années 2016 pour la construction de centrales photovoltaïques ont annoncé des offres à moins de 30 e/MW, EDF et Engie avaient répondu aux alentours de 40 e/MW.
Vu l'évolution très rapide de cette filière en terme de coût, les chiffres annoncés, soit 3 ans + tard, ne sont pas forcément irréalistes pour des pays où l'ensoleillement est très favorable.
Réponse de le 31/10/2019 à 9:20 :
Erratum, désolé : lire bien sûr MWh et non MW...
a écrit le 30/10/2019 à 12:42 :
Le nucléaire est une affaire d'ingénieurs et de physiciens : si "on" les vire (incompatibilité politique) il ne faut pas s'étonner des résultats
a écrit le 30/10/2019 à 12:41 :
Si la France relance la filière EPR malgré 3 fiasco ( 1 passé, 1present, 1prévisible) pour un surcoût total actuel de 23 mds !!, il me semble indispensable de développer la version EPR simplifié en cours de définition et d'abandonner la version actuelle peut être trop exigeante en matière de spécifications ce qui la rend totalement hors de prix pour les finances publiques et non compétitive par rapport aux concurrents japonais ou coréens si la filière veut se placer à l'export.
Le nucléaire produit une énergie en continu sans carbone mais présente l'inconvénients majeur et très coûteux du retraitement, de l'enfouissement des déchets, du démentelement des centrales qui engage la société pour des décennies, voire des siècles.
Une alternative crédible à étudier et développer sur le long terme est la production à gde échelle d'H2 à partir de l'électrolyse de l'eau de mer préalablement dessalinise, l'électricite étant fournie par des centrales solaires ou éoliennes géantes, indispensables pour produire une énergie peu chère cpte tenu du faible rendement de l'électrolyse et de la production ultérieure d'électricité à partir d'une pile à H2 pour les véhicules ou à partir d'une centrale thermique pour compenser l'intermittence liée au renouvelable.
l'Espagne semble en avance sur cette filière pour compenser le fort stress hydrique qui sévit ds le sud du pays fortement engagé ds la culture maraîchère industrielle et confronté à la raréfaction de l'eau douce qu'induit le réchauffement climatique.
L' H2 est un très bon vecteur énergétique transportable sous pression soit en réservoirs soit en pipeline ( cf l'expérience acquise par des firmes multinationales comme Air liquide ou Linde ).
Réponse de le 30/10/2019 à 19:48 :
L'H2 pour faire avancer des camions ou des porte contenaires très polluant, ce serait vraiment incroyable. Cependant, pour le rendement énergétique de l'H2 j'avais lu 20% quand il se substitue a l'essence puisqu'il faut produire, compresser, stocker, transporter et décompresser le gaz avant utilisation (mais ça a peut être évolué depuis les 1 ou 2 ans que j'ai vu ce chiffre, surtout que ça ne doit pas être là même chose pour l'utilisation électrique). Je doute que l'on puisse vraiment compter la dessus pour stocker de l'électricité efficacement.
a écrit le 30/10/2019 à 12:40 :
Comment se fait-il qu'il y ait 2 EPR en Chine qui fonctionnent "nominalement" c'est à dire sans aucuns problèmes (délais, coûts, cahiers des charges respectés à la lettre) ?
réponse: l'incurie d'EDF, des politiques, des financiers et de la CGT qui se mêle de tout !
Réponse de le 30/10/2019 à 15:11 :
Parce qu'en France un soudeur est trop cher donc on l'embauche polonais via trois sous-traitance en cascade et si possible on le remplace par deux énarques et un polytechniciens qui expliquerons aux soudeurs restant comment on fait de la soudure.
A force de virer les petites mains et de pondre de la norme on en arrive là. Aucune centrale francaise n'a jamais eu d'accident lourd, mais on renforce les normes commes des malades.
a écrit le 30/10/2019 à 12:07 :
Je pense que c’était en effet le but machiavélique du rapport: justifier la dégradation du savoir faire nucléaire français par la non mise en place d’un plan de construction sur le long terme apte à maintenir les compétences..et donc qui permet de justifier un plan de construction de nouveaux epr, à la barbe des écolos qui n’ont rien compris à la réalité énergétique d’un monde ou sans les fossiles ou le nucléaire, il sera très dur de maintenir une société cohérente. Comme je suis ecolo mais contre les fossiles, je suis pour le nucléaire au moins pour les 80 prochaines années. Maintenant, il importe de concevoir ces centrales de manière à en faciliter la construction, donc, vraisemblablement à en réduire la taille, pour éviter les problèmes de soudures d’enormes blocs, et à pouvoir les entretenir pendant des centaines d’annees (Donc à envisager de pouvoir en changer le cœur)
a écrit le 30/10/2019 à 10:53 :
Oui il est necessaire de faire un sursaut pour la filière nucléaire d'ou la necessaire reprise en main, des rapports plutôt alarmant sur l'état de la filière, une réestimation de la complexité de la construction de l'EPR de Flamanville. Oui il faut repartir de l'avant et ne pas mollir. En 2022 l'EPR de Flamanville doit finalement démarrer pour apporter enfin un renouveau avec un reacteur de type EPR plus performant, consommant moins de combustible. Oui de 1991 à 2007, il y a eu une vraie perte de compétences sur les métiers de réalisation de réacteur nucléaire, puisque qu'EDF n'en construisait plus. En etant au CEA j'ai ressenti aussi plus lointain ce manque ou cette perte des compétences comme la fin de Superphenix, un recentrage de la filière surregenerateur, une remise en question permanente du nucléaire : Oui la necessité de connaitre mieux la filière et de mettre en oeuvre les compétences requises pour le monde de demain. Concevoir de nouveaux réacteur est une chose mais les réaliser est une chose plus difficile à faire.Alors oui la remise en cause est necessaire ! DOnc oui penser le nucléaire de demain, plus performant, moins consommateur de combustibles, moins générateur de déchets de longue vie (HAVL). On peut remettre en cause le nucléaire mais il faut de bon de très bons arguments pour convaincre le public et les pouvoirs publics. Non le nucléaire n'est pas mort mais il faut qu'il s'adapte au monde actuel, plus enclin à la protection de l'environnement et de la planète. Donc Oui à l'EPR de FLamanville et à la construction d'autres EPR en France mais à des coûts maitrisés et prévus, dans un délai imparti !
a écrit le 30/10/2019 à 10:45 :
EPR spécial Philippe Martinez ?

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