Fessenheim : le calendrier de fermeture précisé en avril

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Un délégué interministériel nommé prochainement pour suivre le dossier de fermeture
Un délégué interministériel nommé prochainement pour suivre le dossier de fermeture (Crédits : Vincent Kessler)
A l’issue d’une visite de trois jours sur place, Sébastien Lecornu, qui a installé un comité de pilotage vendredi et visité la centrale ce samedi, a annoncé qu’il reviendrait en Alsace au printemps avec un calendrier plus précis.

"Au mois d'avril ou au mois de mai, quand je vais revenir (en Alsace), le calendrier sera beaucoup plus précis". C'est ce qu'a assuré à la presse Sébastien Lecornu à l'issue de sa visite de la centrale de Fessenheim. Sur place depuis jeudi 18 janvier pour préparer la fermeture de la doyenne des centrales nucléaires françaises entrée en service en 1978, le secrétaire d'Etat reviendra à Colmar pour la réunion du comité de pilotage les 12 et 13 avril. Le calendrier de la fermeture de la centrale et de son démantèlement seront discutés à cette occasion.

"Le calendrier reste celui qui est donné par EDF, puisque c'est EDF qui maîtrise le calendrier de démarrage de Flamanville", a-t-il précisé, affirmant souhaiter avoir en avril « une situation complètement clarifiée sur le devenir de chacun des personnels qui appartiennent au monde des sous-traitants de cette centrale".

Un gâchis industriel pour le maire de Fessenheim

Ce samedi matin, Sébastien Lecornu est arrivé à la centrale vers 08H00 et "a fait plusieurs étapes, notamment à la salle des machines et d'autres installations", accompagné du maire de Fessenheim, Claude Brender, de la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, et du député (LR) de la circonscription, Raphaël Schellenberger.

"Le sens de sa visite est d'avoir un échange sur la situation de la centrale et d'une manière globale sur la politique énergétique du pays", a indiqué son entourage.

Selon  Claude Brender, "il n'y avait quasiment personne sur le site, on a croisé quelques salariés".

"C'était utile qu'il vienne quand même pour se rendre compte de l'installation, que ce n'est pas une vieille installation. Elle est encore tout à fait en capacité de fonctionner de longues années, a réagi le maire samedi auprès de l'AFP. C'est un véritable gâchis industriel", a-t-il regretté.

Des pistes franco-allemandes

Alors que les 800 salariés d'EDF devraient être reclassés au sein du groupe, l'une des priorités de l'Etat concerne en effet les 330 emplois liés à la sous-traitance. "Sur cette question, la réponse sera franco-allemande", a expliqué Sébastien Lecornu hier vendredi lors de l'installation à la préfecture de Colmar d'un comité de pilotage sur la reconversion du site. Une cellule spécifique traitera avec les salariés, "au cas par cas", en collaboration avec l'Allemagne "qui a besoin de ce genre de profil", a-t-il précisé. Le site génère également 2.000 emplois indirects et induits.

Les représentants syndicaux avaient jugé "constructive" leur première rencontre jeudi avec le secrétaire d'Etat, qui avait néanmoins été chahuté par une trentaine de manifestants à son arrivée jeudi à la mairie, dont il a dit comprendre le désarroi et la colère.

Lors d'une réunion vendredi avec des élus locaux, les services de l'État, des représentants d'EDF, des associations et des acteurs économiques français et allemands, il a esquissé "des pistes opérationnelles" pour assurer une reconversion du site "vers des activités durables et prometteuses".

Une harmonisation des conditions fiscales" entre le territoire autour de Fessenheim et la zone limitrophe du Bade-Wurtemberg sera également opérée.

L'Etat s'est engagé à "neutraliser les pertes fiscales" des collectivités locales concernées qui se montent à quelque 14 millions d'euros.

Un délégué interministériel nommé sous quinze jours

Le secrétaire d'Etat a annoncé un prochain appel à projets dans les énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien...) pour "ouvrir une nouvelle page de l'histoire industrielle de l'Alsace".

Les discussions ont "ouvert des perspectives" pour une partie du Haut-Rhin et de l'Alsace, a estimé le président de la région Grand Est, Jean Rottner.

"On s'est fait une raison, il faut maintenant travailler à apporter une nouvelle ambition pour le territoire".

Des pistes variées seront soumises "dans les prochains jours" aux membres du gouvernement et un délégué interministériel sera nommé "sous quinzaine" pour suivre le dossier. Un dossier emblématique de l'enclenchement de la transition énergétique française.

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Commentaires
a écrit le 21/01/2018 à 17:39 :
Le gouvernement vient de décider la fermeture de la centrale de Fessenheim .Apparemment sans raison explicitée. Par quoi va-t-on remplacer la production électrique ? J’étais très inquiet, quand Mr Hulot, il y a 15 jours, a dit en substance : En 2015, les députés ont voté l’arrêt de 15 réacteurs sur les 58 en fonctionnement et il ajouta : on n’a rien prévu DONC on ne peut pas arrêter F. aujourd’hui ?!
J’ai sauté de joie. Voilà un responsable politique qui réfléchit, enfin !
IL faut savoir que la construction de F. a été faite par la France des ingénieurs français, des usines françaises et j’ai participé en tant que jeune ingénieur d’ALSTHOM
Nos écolos relayés par les médias voudront remplacer cette centrale par des panneaux fabriqués par la CHINE et des éoliennes (aucun fabricant en France ) Où va notre déficit commercial ?
Quel sont les coûts de l’arrêt, des éoliennes , des panneaux solaires, etc .. ? Quelqu’un a-t-il fait les calculs ? J’aimerais entendre les services compétents d’EDF , SVP.
a écrit le 21/01/2018 à 9:39 :
La politique de Macron est plus liberal que sociale, les grands projets scientifiques quels sont-ils : la French tech ? le numerique ? le nouveau reseau internet ? les nouveau ordinateurs ? quoi d'un point de vue purement scientifique et technologique ?
Je m'aperçois d'une chose : ou en est la recherche scientifique sur le recyclage des matières nucléaires ? les ecologistes comme Nicolas Hulot serait plutôt censer tout abandonner et laisser le nucléaire se désagréger totalement : le demarrage de l'EPR ouvre une autre opportunité, celle d'un reacteur evolutionnaire qui permettra de bruler 100% de Mox et d'être intégrer, organisation plus adapté aux interventions en cas d'accident. La plus ancienne des centrales atomiques Fessenheim devra fermer mais elle à rendu un fière service au parc electronucléaire et l'accident nucléaire n'aura jamais eu lieu. Donc les fameuses craintes ecologistes, de Nicolas Hulot ou de Greenpeace c'est du pareille au même : le même peur du nucléaire depuis qu'il est devenu industriel. Le nucléaire à besoin de vivre et on doit continuer à assurer la sécurité des centrales nucléaires, le perimètre d'accès et les zones de traitement de la matière nucléaire. Le nucléaire doit continuer à developper sa recherche dans des réacteurs plus sur et plus adapté aux contraintes economiques du futur.
Vive l'EPR de Flamanville et merci à Fessenheim depuis 1978.
a écrit le 21/01/2018 à 9:18 :
La sûreté nucléaire passe avant tout. Donc c'est à l'ASN de décider la date de fermeture en totale indépendance de toute pression de la Cgt etc. Et sinon c'est une question objective de coût et doit également fermer si ce n'est plus compétitif à rénover.
a écrit le 20/01/2018 à 18:33 :
Exemples d'économies dont nos ministres devraient prendre l'habitude: les visites à Notre Dame des Landes et Fessenheim; je serais curieux de savoir ce que dispendieux ministres peuvent retirer de ces promenades.
a écrit le 20/01/2018 à 17:50 :
Aucune usine n'est éternelle et fermer une centrale nucléaire dont la cuve ne se remplace pas apres 42 ans de service (achevée en 1976) est juste sage. Mr le Maire avait 42 ans pour préparer la transition, faire venir d'autre entreprises et etre moins fiscalement dépendant de la centrale. Qu'a-t-il fait ? Rien sinon embaucher 30 employés municipaux pour s'acheter une clientele electorale.
Réponse de le 21/01/2018 à 0:38 :
Votre voiture n’est pas éternelle, je vous propose donc de la mettre à la casse après 15 ans de parfait fonctionnement... À vous de financer le gâchis.

Par ailleurs, rien n’impose de fermer un site, on peut simplement remplacer l’outil de production.

En fermant Fessenheim maintenant, on jette de l’ordre de 4 milliards d’euros par la fenêtre. Comme si la France avait les moyens de ce genre d’idioties...
Réponse de le 21/01/2018 à 9:14 :
@Bachoubouzouc : c'est très juste, il aurait été possible de mettre en construction un EPR pour remplacer les 2 réacteurs de Fessenheim, le temps qu'il soit construit, ça aurait permis d'utiliser les 2 réacteurs existants encore quelques années, le gain ainsi effectué finançant sans problème la construction dudit EPR.
Réponse de le 21/01/2018 à 13:59 :
@ bruno_bd

En effet, et plus exactement il faut faire fonctionner Fessenheim aussi longtemps qu’elle en est capable en toute sûreté et compétitivité.

Non mais quelle entreprise se retrouve à devoir balancer par exemple une machine-outil en parfait état parce que je-ne-sais quel illuminé a entendu des voix lui disant qu’elle était dangereuse ?? Combien de temps va-t-on encore supporter ce genre de folie ?

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