France : deux centrales à charbon autorisées à fonctionner jusqu'à fin 2024
latribune.fr
Les centrales à charbon ont été autorisées à fonctionner plus longtemps pour éviter des coupures cet hiver, a annoncé le ministère de la Transition écologique (Photo d'illustration).
Ce jeudi 24 août, le ministère de la Transition écologique a donné l'autorisation aux deux centrales à charbon de France de fonctionner plus longtemps, l'objectif étant d'éviter un black-out hivernal. Pour ce faire, les plafonds d'émissions de gaz à effet de serre ont été assouplis. Quant au tarif des compensations d'émissions, il a également augmenté.
Pour éviter des coupures d'électricité cet hiver, le ministère de la Transition écologique a autorisé les deux centrales à charbon françaises toujours en activités à fonctionner plus longtemps.
Pour l'occasion, les normes d'émissions de gaz à effet de serre (GES), dont le plafond est défini par la loi Climat, ont été assouplies de manière temporaire.
L'hiver prochain, « nous anticipons un niveau de tension moindre » par rapport à l'année dernière, « mais par précaution, nous prenons toutes les mesures qui assureront la production électrique française », précise le ministère.
En France, deux centrales à charbon, à Cordemais
(Loire-Atlantique)
et à Saint-Avold
(Moselle)
, sont toujours en activité en cas de pic de demande électrique. En 2022, leur production représentait 0,6% du mix électrique français, largement dominé par l'énergie nucléaire.
Un assouplissement du plafond d'émissions
Le plafond d'émissions de gaz à effet de serre applicable aux producteurs d'énergie, issu de la loi Climat, est désormais rehaussé à « 1,8 kilotonne d'équivalents dioxyde de carbone par mégawatt de puissance électrique installée entre le 1er avril 2023 et le 31 décembre 2024 », est-il indiqué dans un décret publié ce jeudi au Journal officiel.
Les centrales vont ainsi pouvoir « fonctionner durant 500 heures supplémentaires » sur la période par rapport au plafond de 1.300 heures initialement autorisé, et ce, jusqu'à fin 2024, est-il précisé dans la consultation publique dont est issu le décret.
Au total, ces 1.800 heures correspondent à 75 jours de production non-stop.
En comparaison, pendant l'hiver 2022-2023, les centrales à charbon avaient obtenu l'autorisation de fonctionner pendant 2.500 heures, soit 104 jours en continu.
« Ce plafond donne une possibilité très large d'utilisation en cas de grosse vague de froid », explique JulienTeddé, directeur général du courtier OpéraEnergie.« Mais les centrales à charbon sont de toute façon contrôlées par la logique économique », ajoute-t-il, alors que leur mise en fonctionnement coûte très cher.