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ClimatEnergie & Environnement

Centrale de Fukushima: feu vert de l’AIEA au rejet des eaux radioactives dans l’océan

latribune.fr

Publié le 04 juillet 2023 à 10:25 - Mis à jour le 04 juillet 2023 à 10:27

L'ambition du gouvernement japonais est de faire place nette à Fukushima, une fois les réacteurs démolis et le site nettoyé, ce qui devrait prendre encore plusieurs décennies.

L'ambition du gouvernement japonais est de faire place nette à Fukushima, une fois les réacteurs démolis et le site nettoyé, ce qui devrait prendre encore plusieurs décennies.

Reuters

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Le plan du gouvernement japonais de rejeter dans l'océan de l'eau traitée de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a été validé ce mardi par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Elle considère qu’il « satisfait aux normes internationales de sûreté » et qu’il aura un « impact négligeable sur la population et l'environnement ». L’organisation avait déjà précédemment approuvé ce plan que le gouvernement nippon prévoit d’enclencher cet été.

[Article publié le mardi 4 juillet à 11h, mis à jour à 12h25] Douze ans après, la catastrophe de Fukushima n'a pas fini d'affecter le Japon, et le monde. Pour rappel, le 11 mars 2011, la centrale du nord-est de la péninsule a été frappée par un séisme, puis un tsunami. Ce dernier a provoqué la fusion de trois réacteurs, le pire désastre de l'après-guerre au Japon et l'accident nucléaire le plus grave depuis celui de Tchernobyl, en Ukraine en 1986.

Cet accident a entraîné des fuites radioactives, qui ont forcé des dizaines de milliers d'habitants des zones environnantes à évacuer leur domicile en urgence, souvent définitivement. Aujourd'hui, le Japon est confronté à un problème d'ampleur : le stockage de quelque 1,33 million de tonnes d'eau bientôt arrivé à saturation. Des eaux issues de la pluie, des nappes souterraines ou des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires sur le site de la centrale.

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Le rejet en mer comme solution

Le gouvernement japonais prévoit de rejeter cette eau dans l'océan après l'avoir traitée et diluée. Le stockage sur le long terme n'est en effet plus envisagé depuis 2019. Le système de décontamination est supposé éliminer les éléments radioactifs, à l'exception du tritium.

Il s'agit de la forme radioactive de l'hydrogène. Celle-ci ne peut pas être éliminé avec les techniques actuelles.

« L'industrie nucléaire a longtemps considéré cet élément radioactif comme inoffensif, mais des études récentes montrent que la toxicité du tritium a été sous-évaluée, notamment quand il est absorbé par l'organisme. Il pénètre alors dans l'ADN des cellules »,soulignele réseau "Sortir du nucléaire" sur son site internet, se basant sur unlivre blanc l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Cette pratique n'est toutefois pas nouvelle. Elle existe déjà au Japon et à l'étranger sur des installations nucléaires en activité. « Il y a un consensus parmi les scientifiques sur le fait que l'impact sur la santé [d'un rejet en mer de l'eau tritiée, ndlr] est minuscule », indiquait en 2021 à l'AFP Michiaki Kai, professeur et expert des risques des radiations à l'université des sciences de la santé d'Oita (sud-ouest du Japon).

Feu vert de l'AIEA

Pour l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), « la démarche et les activités de rejet de l'eau traitée (...) satisfont aux normes de sûreté internationale pertinentes », selon les résultats d'un rapport présenté par son chef, Rafael Grossi, ce mardi 4 juillet à Tokyo. « Les rejets contrôlés et progressifs de l'eau traitée dans la mer (...) auraient un impact radiologique négligeable sur la population et l'environnement », est-il indiqué.

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L'AIEA avait déjà approuvé précédemment le projet de rejet du gouvernement. Mais ce dernier avait fait savoir qu'il ne commencerait qu'après un « examen complet » de l'organisation.

« L'examen de l'AIEA, qui fait autorité en matière de gestion et d'application des normes de sûreté nucléaire, est essentiel à nos efforts pour favoriser la compréhension internationale »,a ainsi déclaré mardi Hirokazu Matsuno, porte-parole du gouvernement.

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Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima : le rôle des accidents dans la gouvernance nucléaire

S'exprimant après des entretiens avec le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le chef de la diplomatie nippone, Rafael Grossi a déclaré que le rapport de l'AIEA était le fruit de près de deux ans de travaux par une équipe de spécialistes. « Nous reconnaissons qu'il y a des inquiétudes » au sujet du rejet, a-t-il dit, soulignant que l'AIEA allait ouvrir un bureau permanent sur le site de Fukushima pour surveiller en continu le processus de rejet.

Top départ pour cet été

Le Japon avait précédemment déclaré que le rejet commencerait cet été, sans donner plus de détails. Un calendrier toujours d'actualité selon Hirokazu Matsuno. « Nous expliquerons et communiquerons de manière approfondie, tant au niveau national qu'international, les détails du rapport de l'AIEA, nos efforts pour garantir la sécurité et les mesures contre les atteintes à la réputation », a-t-il ajouté.

Ce rejet est en tout cas controversé. Il est depuis toujours vivement critiqué par Pékin, tandis qu'en Corée du Sud les prix du sel ont grimpé sur fond de craintes de contamination des eaux. Les communautés de pêcheurs de Fukushima redoutent également que les clients boycottent leurs prises, malgré des protocoles de test stricts pour les aliments provenant de la région.

Le long chemin de croix de la décontamination

Le stockage des eaux n'est pas le seul défi du Japon concernant Fukushima. Les travaux de décontamination et de démantèlement de la centrale, toujours en cours, devraient encore durer plusieurs décennies. En avril, une vidéo faite à l'intérieur du réacteur n°1 illustre la tâche colossale que cela représente. Dans celui-ci comme dans les réacteurs 2 et 3, le combustible et d'autres matériaux ont fondu lors de la catastrophe puis se sont solidifiés en débris hautement radioactifs. Les images montrent notamment des débris empilés sur un demi-mètre de hauteur et des murs en béton ébréchés exhibant leur armature en acier.

« À cause des niveaux de radiation élevés au sein des réacteurs, je comprends que les robots utilisant des semi-conducteurs ne fonctionnent pas aussi bien »que prévu, avait déclaré le gouverneur du département de Fukushima, Masao Uchibori.

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  • Douze ans après Fukushima, la revanche du nucléaire
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Suite à l'accident de Fukushima, sur 33 réacteurs théoriquement opérables au Japon, seuls 10 avaient redémarré, après s'être mis en conformité avec des normes de sécurité considérablement relevées. Actuellement neuf réacteurs sont en fonctionnement, tous situés dans l'ouest ou le sud-ouest de l'archipel.

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Nucléaire : 12 ans après Fukushima, le Japon étend la durée de vie de ses réacteurs

(Avec AFP)

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