C’est une première dans l’histoire : les États-Unis ont fait savoir mardi qu'un laboratoire californien avait réussi à produire plus d’énergie pendant une réaction de fusion nucléaire qu’il n’en avait été nécessaire pour initier le processus, du moins au niveau du combustible. De quoi révolutionner la production d'énergie sur Terre, en fournissant une énergie décarbonée en abondance ? La Tribune fait le point.La fusion nucléaire, l'énergie du Soleil et des autres étoiles, pourra-t-elle un jour générer d'immenses quantités d'électricité décarbonée ? Dans la course mondiale vers cette solution miracle, les Etats-Unis viennent en tout cas de réaliser une percée majeure.
C'est même « l'une des découvertes scientifiques les plus importantes du vingt-et-unième siècle », a estimé mardi la secrétaire américaine à l'Energie, Jennifer Granholm.
Et pour cause, le Laboratoire national Lawrence Livermore (LLNL), situé en Californie, est parvenu pour la première fois dans l'histoire à produire plus d'énergie au niveau du combustible qu'il n'en a été nécessaire pour initier l'expérimentation. En quelque soixante-dix années de recherche, jamais ce seuil fatidique n'avait été franchi, malgré les milliards d'euros investis dans le secteur. Comment les scientifiques y sont-ils parvenus ? Cela signifie-t-il que des réacteurs à fusion pourront bientôt voir le jour ? Ce résultat impressionnant rend-il d'autres projets obsolètes, notamment le gigantesque programme international ITER, en construction dans les Bouches-du-Rhône ? Pour y voir plus clair, La Tribune fait le point.
Qu'est-ce que la fusion nucléaire, et pourquoi est-ce si important ?
Si la nouvelle a fait l'effet d'une bombe, c'est parce que la fusion nucléaire suscite d'immenses espoirs dans le monde entier. Et pour cause, si l'homme savait la contrôler, cette source d'énergie cocherait toutes les cases : l'électricité qu'elle pourrait délivrer serait quasi illimitée, décarbonée, sûre, et ne produirait quasiment aucun déchet radioactif. A l'heure où l'humanité tente de trouver une solution au dérèglement climatique en cours, l'idée a de quoi séduire.
Ainsi, contrairement aux réacteurs nucléaires classiques, il ne s'agirait pas de casser des noyaux d'atomes lourds en les bombardant de neutrons. Mais plutôt de faire l'inverse, en fusionnant deux noyaux atomiques de manière à former un noyau plus lourd. Cette réaction en chaîne génèrerait des quantités massives d'énergie sous forme de chaleur, laquelle pourrait être convertie en électrons grâce à une turbine.