Alors que la crise énergétique s'aggrave sur le Vieux continent, les appels à anticiper le scénario du pire se multiplient. En effet, alors que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a exhorté hier les gouvernements européens à se préparer à un arrêt total des exportations de gaz russe, c'est au tour de l'exécutif bruxellois de tirer la sonnette d'alarme.
Et pour cause, après avoir coupé fin avril les vannes à la Pologne et la Bulgarie, puis à la Finlande, aux Pays-Bas et au Danemark courant mai, Moscou a cette fois-ci réduit le débit de son gazoduc Nord Stream 1 relié à l'Allemagne à 40% de sa capacité la semaine dernière, et invoqué des problèmes d'équipement. Dénonçant une « attaque économique », Berlin n'a ainsi eu d'autre choix que d'activer ce jeudi le niveau 2 de son plan d'urgence sur l'approvisionnement en gaz - le dernier palier avant un rationnement organisé par l'Etat.
De son côté, le gouvernement russe a persisté jeudi dans la justification technique, réaffirmant que Moscou augmentera les flux dès que des turbines manquantes seront livrées. « Tout est clair, il n'y a pas de double sens », a défendu le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, jugeant que la Russie restait un fournisseur « fiable ». Un argumentaire qui peine à convaincre l'exécutif allemand, celui-ci martelant que cette « décision politique » est destinée à peser dans le bras de fer entre Moscou et les pays occidentaux sur la guerre en Ukraine.