Fiscalité écologique : « La polémique montre que le sujet reste difficile » (Matthieu Orphelin)

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Le député Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a annoncé le 6 février qu'il quittait le groupe LREM.
Le député Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a annoncé le 6 février qu'il quittait le groupe LREM. (Crédits : Matthieu Orphelin)
INTERVIEW. Emmenés par Matthieu Orphelin (ex-LREM, proche de Nicolas Hulot), 86 députés de plusieurs groupes politiques ont appelé le 12 février dans une tribune à trouver une "fiscalité carbone efficace, juste socialement" après l'abandon de la taxe carbone au plus fort de la crise des "Gilets jaunes".

LA TRIBUNE - Vous êtes à l'initiative de la tribune signée par 86 députés, appelant à « une fiscalité carbone juste ». Avez-vous été surpris par les réactions que sa publication le 13 février dernier a suscitées ?

MATTHIEU ORPHELIN - Ce qui s'est passé, ce brouhaha et cette polémique autour de cette tribune, sont très étonnants. En effet, nulle part on n'y demande de réouvrir la trajectoire d'augmentation de la taxe carbone. On ne cite même pas la taxe carbone ! On ne parle qu'accompagnement, nouvelles aides, extension de la fiscalité carbone à d'autres secteurs... Ce que nous préconisons, c'est tout sauf une taxe supplémentaire ! Les déclarations de François de Rugy [affirmant le 12 février que le retour de la taxe carbone était sur la table, ndlr], par exemple, vont bien plus loin !

Bien sûr, la polémique a été alimentée par certains députés de l'opposition, mais la violence de la réaction montre qu'alors même que la fiscalité et l'écologie sont deux des quatre thématiques du Grand débat, il reste compliqué de tenter de tirer les leçons de ce qui n'a pas fonctionné.

Quelles sont les pistes à suivre aujourd'hui ?

Pour l'instant, la priorité, c'est de rendre cette fiscalité juste. Que disent les « Gilets jaunes » ? Les taxes augmentent, nous n'avons pas d'alternative à nos modes de déplacement ou de chauffage et on ne voit pas à quoi servent les revenus de cette fiscalité... Il faut donner aux gens les moyens de changer. Cela signifie un meilleur accompagnement, une simplification des aides, une avance totale du coût des travaux de rénovation pour les ménages précaires...

Dès l'été dernier, j'avais adressé au Premier ministre une note proposant d'accorder sous conditions de ressources aux actifs des territoires ruraux et périurbains une prime mobilité-travail exceptionnelle et transitoire, versée uniquement les années où le prix du baril est très élevé et financée par l'augmentation mécanique des recettes de TVA liées à la hausse du prix du baril. Il faut s'inspirer des exemples étrangers qui fonctionnent. En France, la taxation des vols intérieurs, par exemple, qui rendrait plus juste la fiscalité carbone, rapporterait de 1 à 3 milliards par an.

Quelles leçons tirez-vous de cette polémique et, dans ce contexte, comment pouvez-vous avancer sur le sujet, d'autant plus après les déclarations du président lui-même ?

La réaction d'Emmanuel Macron [qui s'est dit opposé à plus d'impôts, ndlr] n'est pas orthogonale à notre position. La polémique provoquée par la publication de cette tribune est injustifiée, mais elle montre que le sujet reste difficile. Il faut maintenant trouver le bon endroit pour faire naître une intelligence collective autour de cette thématique.

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"Taxe carbone : l'impossible retour de la hausse ?" (article abonné)

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a écrit le 25/02/2019 à 10:16 :
Pour abaisser la température en France de 0,9 degrés en 2050 on fait exploser les taxes, les impots, l'inflation et bientot le pays tout entier.
Nos enfants et nos petits enfants ne nous pardonneront jamais cet aveuglement suicidaire en faveur de zones de la planète déjà inhabitables.
L'écologie est tout ce que le capitalisme a trouvé pour relancer une machine grippée, au prix d'une inflation qui ruine les épargnants, les retraités et les salariés qui ne peuvent pas renégocier leurs salaires.
a écrit le 24/02/2019 à 21:03 :
Sur les 60 Milliards d'eur/an de Taxes Carbur TIPP et deux ! TVA + 3M de Prunes
LE CARBONE n'est pas déjà TRES cher payé ?

Qu'ils fassent leur salade AVEC, ces 63M/Eur/an
et en répartissent la vinaigrette correspondante : huile, vinaigre, sel, moutarde.


Quasiment pas de 4 voies à 110KM/H,
routes et ponts vétustes, accidentogènes
a écrit le 24/02/2019 à 17:42 :
Ne tervigersons plus, mettons le prix du litre d'essence à 1 000 ou même 1 000 000 d'euros le litre. Ce sera quand même bien mieux comme ça.
Réponse de le 24/02/2019 à 21:07 :
Qu'il aligne le prix du litre de carbur, sur celui du paquet de clopes 8-9-10eur
a écrit le 24/02/2019 à 16:54 :
L'écologie, c'est bien, tout le monde est d'accord...mais personne ne veut payer... surtout les plus démunis et c'est normal, eux n'y sont pour rien. Ils subissent.
Il est trop tard pour la planète. On peut le regretter, mais comme rien ni personne ne peut ou n'a pu par le passé ou maintenant interdire l'utilisation des énergies fossiles et l'extraction des minerais, le constat est vite fait, ON ne peut rien changer qu'à la MARGE.
Ralentir la consommation de pétrole, c'est reculer le moment de sa disparition. La vraie solution est, puisque de toutes façons les réserves de pétrole seront exploitées jusqu'à la dernière goutte, de le consommer rapidement jusqu'au seuil du Pic de Hubber. De la pénurie viendra la solution...sous la forme d'une guerre qui réglera les problèmes.
A moins que la guerre n'éclate avant, ce qui est toujours possible vu le contexte politique mondial actuel
a écrit le 24/02/2019 à 15:28 :
Une taxe carbone basée sur une erreur scientifique et technique qu'est la loi sur la transition écologique, incroyable pays et des hommes politiques qui alimentent le discrédit dont ils sont l'objet. Continuez et reétudiez la révolution de 1789, cela devient de plus en plus ressemblant....
a écrit le 24/02/2019 à 15:00 :
Je veux bien payer deux euros tout rond
Si Mesdames et Messieurs de l’axe - pro-écologie
S’engagent par écrit ( officiel)
De planter des arbres en 🇫🇷
Pour que nous puissions respirer
Sainement .

Et que leur organisation pro- axe- écologie soit interdit de liquidation pendant 1000 ans et que cette organisation délivre un certificat que les fonds ont bien été utilisés pour planter des arbres en France 🇫🇷.

Voilà.
a écrit le 24/02/2019 à 9:43 :
la gauche a invente l'ecologie punitive
maintenant qu'il y a les gilets jaunes, elle invente l'ecologie puntive ' pour ceux qui en ont les moyens eux'
voila ou il est le pb des integristes!
on le savait avant, ils l'ont fait contre tout bon sens, et maintenant se plaignent du rejet massif que va susciter l'ecologie, a cause de leur comportement d'integristes irresponsables!
larmes de crocodile a l'appui!
Réponse de le 24/02/2019 à 12:09 :
Remarque intéressante.

Pour faire passer une mesure inacceptable dans un groupe, il suffit d’en limiter l’application à quelques uns, peu nombreux, « pas comme les autres ».

Puis, une fois le groupe irrémédiablement divisé, on l’étend a tout le monde, les plus nombreux ne pouvant plus compter sur la solidarité du groupe qu’ils ont eux-même sacrifié contre une Parole en Toc.

Il en va ainsi de la taxe sur l’air qu’on respire (contient du Co2) ou sur la maison qu’on a déjà payé et sur laquelle on voudrait vous faire payer une taxe sur un loyer que vous ne percevez pas.
Pareil pour la remise en cause de l’universalité des allocations familiales.

Ces gens sont fous, ils divisent le pays en le coupant de certaines de ses composantes , dans un moment où il a le plus besoin de se reposer et se rassurer sur les principes fondateurs d’où il tire sa force.
Ces principes n’ont jamais été la stigmatisation du mérite ou de l’effort.

Il faut les virer le plus vite possible chaque fois qu’ils oseront se présenter à une élection, ou leur répondre proprement lorsqu’ils ondulent du ventre pour mieux emballer leurs salades en vue d’une élection proche et non de l’interet des français dans la compétition et le repli-sur-soi mondial, regrettable, mais en cours actuellement.
a écrit le 24/02/2019 à 8:33 :
Ce n'est que de la communication pour préparer les gens à se faire à l'idée que la voiture va évoluer très vite et que ce mouvement est inéluctable. D'autre part, il y a un jeu de poker menteur entre les industriels et les politiciens : ces derniers savent maintenant que la facture sociale sera extrêmement dure à amortir, et qu'on arrête de rabâcher que les emplois perdus seront recréés ailleurs : un monteur sur chaine d'assemblage, bah ça ne retrouvera pas de travail (pour la partie moteur par exemple - je précise parce que certains ne captent pas)...si c'était le cas, cela fait longtemps que le chômage structurel des 9% aurait disparu (mais il y en a qui préfèrent la méthode Coué). La fiscalité verte n'aurait jamais du exister si les politiciens avaient su anticiper ces changements : en fait aucune fiscalité spécifique ne devrait exister si les dirigeants faisaient leur travail correctement plutôt que de se préoccuper de leur réélection. A propos, qui finance les partis politiques ? Ah, c'est pour cela que le moteur thermique ne dira adieu qu'en 2040 (si tout va bien). Et pour conclure, que penser de l'airbus des batteries européen ? attaquer frontalement les américains et chinois qui ont déjà 10 ans d'avance, alors que nous sommes en ordre dispersé.. on aime les combats perdus en Europe, pourquoi ne pas s'orienter vers l'hydrogène ? AH mais ouiiii, qui finance les partis politiques ? et qui a pris une part importante dans l'éolien et le photovoltaïque et qui "investit" dans les batteries ? Tatal bien sur (vous aurez compris)...
a écrit le 23/02/2019 à 22:44 :
On importe pour 49 milliards d'euros par an d'énergies fossiles donc il est plus intelligent de rappatrier ces fonds vers l'électricité, l'hydrogène, biogaz, biométhane, carburants solaires etc. en France et localement. D'où la nécessité de cette taxe (à étendre dès que possible aux avions et navires) sur les fossiles tout en aidant les plus pauvres de manière financière mais aussi avec des solutions concrètes (véhicules électriques plus légers intégrant le solaire donc meilleure autonomie (800 km), pompe à chaleur couplées au solaire hybride pour des Cop de 6 à 10 et la couverture électrique (Voir Mithra). En bref l'économie et la techno apportent des réponses.
Réponse de le 24/02/2019 à 9:24 :
@Polytech
Gros raccourci, super-grave quand même.
Il n’est pas établi qu’il soit « intelligent » de remplacer une matiere première fossile par des energies renouvelables du point de vue de la reduction des importations.

En effet, tous les brevets et avance technologiques français dérivés de l’utilisation de l’energie fossile ne serviront plus a rien et il faudra payer pour les brevets et technologies à venir dans lesquels nous ne sommes pas forcément en avance et devrons importer toute la filière.
Le mode de financement par location de la batterie des voitures électriques est l’exemple type de l’arnaque sous jacente.
SVP, laissez-nous notre 205 Diesel qu’on sait réparer et entretenir, tant qu’il n’y a rien d’equivalent, ou un service parfaitement équivalent pour remplacer, et gardez vos bidules à péage dès qu’on s’en sert (ou pas).
Réponse de le 27/02/2019 à 11:27 :
Vous n'avez pas fait votre travail de documentation. La taxe carbone pour les particuliers est déjà extrêmement élevée (n'oubliez pas d'y ajouter la TCIPE) tandis que les industriels et professionnels du transport sont totalement exonérés. Les pays pour lesquels la taxe carbone a été utile (Angleterre par exemple) ont fait complètement l'inverse : taxation des industriels et professionnels, qui ont le choix de leurs investissements, et exemption des particuliers.
https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/taxe-carbone-britannique-chasse-charbon-2018-12-10-1200988625
A noter que même en Angleterre, la taxe carbone imposée aux industriels est infiniment plus restreinte que la taxe carbone + TCIPP imposée aux particuliers français.
a écrit le 23/02/2019 à 17:36 :
Oui l'utopie fiscale est la principale mesure placébo que nos écologistes peuvent envisager on se rend bien compte qu'ils n'ont pas les pieds parterre. Une fiscalité sur les transports , sur la production d'électricité , sur n'importe quelle énergie ou n'importe quel produit impactera très violemment le pouvoir d'achat des plus pauvres. D'ailleurs les gilets jaunes ont déjà donné les limites à ne pas dépasser et ils ont raison.N'en déplaise à certains les sans dents sont vite aux limites.
a écrit le 23/02/2019 à 12:50 :
On arrivera à rien en pensant qu'il s'agit qu'un sujet de fiscalité . Faire comme les Australiens et l'inde en plantant des étendues immenses d'arbres au lieu de bétonner les littoraux. Libérer les fleuves pour qu'ils reprennent leurs cours normaux . Ceci est un bon début , le reste c'est un fond commerce politique qui fait du mal au climat . Vaincre l'inertie ! c'est un vrai sujet .
Réponse de le 23/02/2019 à 22:53 :
@ Fernand : désolé mais depuis les crises du pétrole de 73 on a laissé faire. résultats on dépend toujours à 50% d'importations d'énergies fossiles. Donc on est obligé de taxer tout en aidant les plus pauvres, si vous attendez que les gens et les lobbies aillent tous seuls dans la bonne direction, vous n'obtiendrez aucun résultat, la preuve est que nous sommes toujours ultra dépendants des énergies fossiles et de la moindre hausse de leur prix et ce depuis près de 50 ans donc le laxisme donne un résultat lamentable, la taxation appropriée avec aide va dans le bons sens. Toutes les taxes ne sont pas mauvaises par principe.
a écrit le 23/02/2019 à 12:00 :
Que Mr orphelin et ses compères aillent chercher l’argent qu’ils estiment s nécessaires sur les marchés spéculatifs du carbone.
Le marché carbone mis en place après le protocole de KYOTO en 1998, aurait dû interpeller car lorsque la finance spéculative, se jette dans l’arène, on doit s’attendre au pire.
Comment ne pas répéter encore une fois, que, la plupart des mesures prises depuis 15 ans et particulièrement les taxes, liées au CO2 soit disant anthropique, ne sont qu’une immense fumisterie qui a abouti à une financiarisation spéculative, qui ne profite même pas aux pays qui devraient en être affectataires. Car ce qui se cache derrière ce système complexe aux visées prétendument vertes, c’est ni plus ni moins que la marchandisation de l’atmosphère. Il s’agit d’un problème d’ordre moral qui nous concerne toutes et tous. C’est pourquoi il faut à tout prix éviter que les termes de ce débat soient monopolisés par les experts tous azimuts. Il faut refuser ce système qui, en se généralisant et s’étendant à la biodiversité, à l’eau et aux services écosystémiques, accentue de manière exponentielle la privatisation de la nature. Spéculer sur la nature pour la sauver est une fausse bonne idée.
a écrit le 23/02/2019 à 11:30 :
La taxe carbone est d'une hypocrisie sans nom. Soit disant pour contraindre les citoyens à renoncer à l'essence et au diesel! Il est acquis qu'à partir de 2025, les voitures électriques seront enfin au point avec un rayon d'action et un temps de recharge comparable aux voitures à essence. Jusque là, inutile de faire semblant, les citoyens enjoint ou contraint à la mobilité par l'organisation même de l'espace urbain et national, continueront à utiliser des énergies carbonées.
D'autre part, les millions de touristes continuent à utiliser les paquebots et les avions, effectuant des millions de Km à 2 litres au 100, sillonnant la planète et polluant comme jamais, sans avoir à payer la moindre taxe sur les carburants.
Macron, comme ses prédécesseurs, pressent le citron là où il n'y a plus de jus. La taxe carbone, comme sa politique est clairement une taxe de classe.
a écrit le 23/02/2019 à 11:18 :
MM Orphelin et Hulot au lieu de démissionner du gouvernement il fallait agir et faire appliquer vos idées. Vous avez préféré partir, maintenant vous devriez faire profil bas. De plus "une fiscalité juste socialement" vraiment ? En 2017 c'est bien N. Hulot, alors ministre, qui avait mis en place la convergence des fiscalités sur l'essence et le gazole à l'horizon 2021 et la hausse progressive de la taxe carbone de 30.5 euros à 100 euros la tonne à l'horizon 2030. Ce même ministre qui annonçait "la fin de la commercialisation des véhicules essence et diesel en 2040". Et que je sache il ne parlait pas d'une "fiscalité juste socialement".
a écrit le 23/02/2019 à 11:18 :
Cela démontre que les bases de la politique écologique sont erronées, ce n'est pas seulement le rejet de carbone dans l'air qui en est la cause, mais la destruction de l'environnement qui capte ce gaz a effet de serre! Le productivisme a la sauce Bruxelloise ne va pas améliorer les choses!
Réponse de le 23/02/2019 à 17:01 :
Il ne faut plus attendre! C'est le R.I.C. ou la rue!
a écrit le 23/02/2019 à 10:28 :
La fiscalité doit d'abord être efficace : pour couvrir les dépenses publiques. A force de vouloir faire dans la "justice fiscale" ou "écologique", cela fait 50 ans que nos élus et gouvernements enfoncent l'Etat dans les déficits et le chômage, le tout en appliquant le célèbre principe shadock : il faut toujours taper sur les mêmes car ils s'habituent et sinon on crée beaucoup trop de mécontents...
a écrit le 23/02/2019 à 9:50 :
La seule taxation carbone juste est la taxation carbone supprimée.

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