Un groupe de 86 députés, dont des élus LREM, appelle à réévaluer la taxe carbone
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[Article publié le 13.02.2019 à 10h, mis à jour à 15h25 avec les déclarations de Benjamin Griveaux à l'issue du Conseil des ministres]
Emmenés par Matthieu Orphelin (ex-LREM), 86 députés de plusieurs groupes politiques ont appelé mardi 12 février, dans une tribune publiée sur le site du Figaro, à trouver une "fiscalité carbone efficace, juste socialement" après l'abandon de la taxe carbone au plus fort de la crise des "Gilets jaunes".
Les signataires, parmi lesquels Cédric Villani, Barbara Pompili, Joël Giraud et Matthieu Orphelin - qui a quitté le groupe LaRem la semaine dernière -, disent entendre et trouver "légitimes" les critiques des Français qui jugent que la fiscalité carbone n'est qu'un prétexte pour « augmenter sans cesse des dépenses publiques dont ils ne perçoivent plus les bénéfices ».
Après plusieurs semaines d'inflexibilité, le gouvernement avait en effet annulé en décembre l'augmentation de la taxe carbone qui devait représenter 2,9 centimes par litre d'essence et 6,5 centimes par litre de diesel à compter du 1er janvier. C'était l'une des premières revendications des "Gilets jaunes", mobilisés depuis la mi-novembre.
Prenant l'exemple de la Colombie-Britannique au Canada, où la hausse de la fiscalité sur l'énergie depuis 2008 est bien perçue, les députés se demandent pourquoi en France, le sujet « a cristallisé des tensions accumulées depuis des décennies et nourri le sentiment d'injustice fiscale et d'abandon de la France rurale ». Ils y voient le fait que les gouvernants de la province canadienne ont su rendre "juste" la taxe carbone :
Chez nos confrères de Franceinfo, le député non inscrit Matthieu Orphelin a expliqué qu'il ne plaidait pas pour « le retour de la taxe carbone telle qu'elle avait été envisagée et mise en place. »
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Dans cette tribune, cinq groupes politiques sont représentés, mais pas les députés Les Républicains, LFI ou du Rassemblement national. Pour le maire de Nice Les Républicains Christian Estrosi, « [un retour à la taxe carbone] ne serait pas très prudent». Et le centriste Hervé Morin, président des régions de France, de surenchérir :
Le chef du groupe LREM à l'Assemblée Gilles Le Gendre s'est défendu ce matin de mettre de l'huile sur le feu en remettant sur le tapis la question de la taxe carbone, car « il n'y a aucun tabou dans les quatre chapitres du Grand débat national. »
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Alors que le délégué général de La République en marche, Stanislas Guerini, s'était déclaré le 11 février plutôt favorable au retour de la taxe carbone « à condition que ça ne se fasse pas au détriment des classes populaires », on estime à l'Élysée que « ce n'est pas par une hausse de la fiscalité qu'on répondre à la colère [des "Gilets jaunes"]. »
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