Hitachi exhorte Londres à nationaliser son projet nucléaire (gelé faute de financement)

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Hiroaki Nakanishi, président de Hitachi, au Forum économique mondial (WEF), à Davos, le 18 janvier 2019.
Hiroaki Nakanishi, président de Hitachi, au Forum économique mondial (WEF), à Davos, le 18 janvier 2019. (Crédits : Reuters)
Profitant de son passage au Forum économique mondial, le président du conglomérat japonais Hitachi tente de relancer un projet nucléaire qu'il a dû geler faute de financement suffisant au Royaume-Uni. Mais, après l'abandon par son concurrent japonais Toshiba d'un autre projet de construction de trois nouveaux réacteurs au nord-ouest de l'Angleterre, le nucléaire britannique semble en panne.

Le président de Hitachi a prévenu jeudi qu'une nationalisation de son projet nucléaire au Royaume-Uni était la seule solution pour permettre à ce projet gelé de démarrer, a rapporté le groupe de presse Nikkei.

"La seule voie, c'est la nationalisation" par les autorités britanniques afin que le projet soit lancé, a expliqué Hiroaki Nakanishi, le président de Hitachi, devant des journalistes en marge du Forum économique mondial à Davos.

Le géant industriel japonais a annoncé le 17 janvier la suspension de son projet de construire deux réacteurs nucléaires à Anglesey, dans le nord du Pays de Galles. Cette centrale devait disposer d'une capacité de production de près de 3 gigawatts, assurant 6% des besoins actuels en électricité du pays.

Nouveau coup dur après l'abandon de Toshiba en novembre

Cette décision a marqué les esprits car le projet était ardemment désiré par les autorités britanniques dans le cadre de leur stratégie de renouvellement du parc nucléaire. À peine quelques mois auparavant, de surcroît, un autre industriel japonais, Toshiba, avait renoncé à construire une centrale nucléaire de 3,8 gigawatts en Cumbrie (nord-ouest de l'Angleterre).

M. Nakanishi a pourtant assuré que le gouvernement britannique avait montré "un grand soutien" au projet de Hitachi dans les ultimes discussions de ces derniers mois, que ce soit sur la répartition du capital de la centrale ou sur les financements possibles des travaux. Mais, d'après le Nikkei, Londres n'a pu se résoudre à aller jusqu'à nationaliser le projet, en raison de changements qui auraient été nécessaires sur le plan légal.

Hitachi, "un fournisseur, pas un opérateur"

Le président de Hitachi a aussi souligné que son groupe avait toujours envisagé sa participation au projet comme "un fournisseur, pas un opérateur de centrale", ce qui signifie que le géant japonais avait toujours dit avoir besoin d'un partenaire stratégique qu'il n'a pas trouvé.

Hitachi a enregistré une dépréciation d'actifs de 300 milliards de yens (2,4 milliards d'euros) après cette suspension.

Le nucléaire britannique en panne

Les ambitions de Hitachi et Toshiba sur une voie de garage, le nombre de projets nucléaires au Royaume-Uni s'est singulièrement réduit, alors que l'objectif de Londres était de maintenir à terme la part du nucléaire, qui représente aujourd'hui 20% de la production d'électricité du pays - les centrales mises en service à partir de la fin des années 1950 arrivant en fin de vie.

Le projet français de Hinckley Point soutenu par le chinois

La seule centrale nucléaire en cours de construction est celle de Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre, avec le français EDF comme maître d'œuvre et le chinois CGN comme partenaire pour construire deux réacteurs de type EPR.

Mais on se souvient de la crise qui avait eu lieu en mars 2017, lorsque le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, avait démissionné en raison d'un désaccord sur la faisabilité de ce projet controversé de construction d'une centrale nucléaire à Hinkley Point, en Angleterre. Le désaccord portait "sur la faisabilité à court terme" de ce projet gigantesque de 18 milliards de livres (23,2 milliards d'euros), pour lequel le géant français de l'électricité tarde à prendre une décision finale d'investissement, ultime étape pour sa concrétisation.

Lire aussi : Hinkley Point: la démission du directeur financier d'EDF entraîne la chute du titre

Deux autres projets sont à un stade moins avancé, celui de Sizewell dans le Suffolk (est) avec deux EPR prévus, porté par EDF et le chinois CGN, ainsi que celui de Bradwell dans l'Essex (sud-est), 100% chinois.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2019 à 9:45 :
Au moins c'est clair : Le nucléaire c'est l'industrie qui a comme but de siphonner les poches des contribuables.
a écrit le 24/01/2019 à 16:05 :
A travers le monde, de nombreuses centrales sont en négociations, accordées ou en construction, notamment dans la plupart des plus grosses économies.
Dont constructions : Russie, Chine, Etats-Unis, Inde, Emirats Arabes Unis, Royaume-Uni, France, Japon, Corée du Sud, Taiwan, Finlande, Turquie, Pakistan, etc.
Au Japon, rien n’est joué, je pensais que six avaient été remises en fonctionnement.
Cet article du Monde (non coco) en annonce neuf.
https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/07/03/sept-ans-apres-fukushima-le-japon-reprend-le-chemin-du-nucleaire_5325158_3234.html
La baisse du parc nucléaire est irréversible à long terme.
Mais il n’est pas écris que le nucléaire disparaitra.
Au minimum, pour la sécurité, Il sera nécessaire un gros acteur du nucléaire subsiste pour la gestion des sites, les démantèlements, le retraitement et stockage des déchets.
a écrit le 24/01/2019 à 13:29 :
"Déclin programmé de l’industrie nucléaire" https://blog.mondediplo.net/2012-03-23-Declin-programme-de-l-industrie-nucleaire
Réponse de le 24/01/2019 à 13:39 :
C'est absurde si on veut passer à la voiture électrique.

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