EPR : le nucléaire français à quitte ou double

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Le chantier de Flamanville 3 (Manche), entamé en 2007, a été interrompu à plusieurs reprises par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et ce, dès 2008. Détection de nombreux défauts sur le pont polaire, suspension du bétonnage et remplacement de 46 consoles en acier en 2012, découverte régulière de soudures défectueuses assurant différentes fonctions... Mais les déboires les plus importants sont liés aux concentrations de carbone trop élevées détectées sur le fond et le couvercle de la cuve.
Le chantier de Flamanville 3 (Manche), entamé en 2007, a été interrompu à plusieurs reprises par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et ce, dès 2008. Détection de nombreux défauts sur le pont polaire, suspension du bétonnage et remplacement de 46 consoles en acier en 2012, découverte régulière de soudures défectueuses assurant différentes fonctions... Mais les déboires les plus importants sont liés aux concentrations de carbone trop élevées détectées sur le fond et le couvercle de la cuve. (Crédits : Benoit Tessier)
Olkiluoto, Flamanville, Hinkley Point... Autant de synonymes de dérapages de calendriers et de budgets. Le tout récent démarrage de l'EPR de Taishan en Chine permettra-t-il de rompre la malédiction ou est-il annonciateur de nouvelles menaces ?

Enfin ! Un réacteur EPR (European Pressurized Reactor) a effectué sa première réaction en chaîne au début de ce mois de juin 2018. C'est à Taishan, en Chine, à 60 km au sud-ouest de Hong Kong, que ce réacteur européen à eau sous pression a été construit par EDF et son partenaire chinois CGN (China General Nuclear Power Corporation), qui en détient 70 %.

Le raccordement au réseau serait imminent même s'il ne s'agit pas encore de l'entrée en service commerciale. Mais cela n'en demeure pas moins une étape majeure. Lancée en 1992, cette technologie de troisième génération a été codéveloppée par Areva et Siemens au sein de leur filiale commune Areva NP. Conçu pour répondre aux exigences de sûreté et de sécurité post-Fukushima, l'EPR bénéficie d'une multiplication des systèmes de sauvegarde pour refroidir le coeur du réacteur en cas de défaillance, d'une coque de protection en béton et acier, et d'un récupérateur de corium censé réduire les conséquences en cas d'accident grave.

Après le retrait de Siemens, EDF a pris le contrôle de cette activité dans le cadre de la réorganisation de la filière nucléaire française orchestrée par l'État. L'histoire de ce modèle, présenté comme le fleuron de la filière nucléaire française, se résumait jusqu'à présent à une longue litanie de défauts - dont certains dus à des fraudes -, de retards, de surcoûts, et même de procès.

Outre Taishan, où un deuxième réacteur est en construction, il en existe deux autres dans le monde. Celui construit par Siemens et Areva - dont cela a précipité la faillite - à Olkiluoto en Finlande a vu son budget passer de 3 à 10 milliards d'euros et sa mise en service, initialement prévue en 2009, vient d'être une nouvelle fois reportée de mai à septembre 2019.

Areva et son client TVO avaient porté le litige né de ce retard devant un tribunal d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale (ICC) à Paris ; les deux parties se réclamaient mutuellement plusieurs milliards d'euros. Il s'est finalement soldé par un accord amiable par lequel le Français s'est engagé à verser à l'électricien finlandais 450.000 euros de dédommagement.

Démarrage de Flamanville autorisé sous conditions

Le chantier de Flamanville 3 (Manche), entamé en 2007, a été interrompu à plusieurs reprises par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et ce, dès 2008. Détection de nombreux défauts sur le pont polaire, suspension du bétonnage et remplacement de 46 consoles en acier en 2012, découverte régulière de soudures défectueuses assurant différentes fonctions...

Mais les déboires les plus importants qu'ait connus le chantier sont liés aux concentrations de carbone trop élevées détectées sur le fond et le couvercle de la cuve, un phénomène dit « de ségrégation », susceptible d'augmenter le risque de fissuration. Cet élément de 14 mètres de haut sur 6 mètres de diamètre et de 550 tonnes contient les assemblages de combustible produisant la fission nucléaire et l'eau à haute pression, et sa rupture doit impérativement être exclue.

« La cuve de l'EPR est une question que nous avons posée dès 2005, rappelle le gendarme du nucléaire. Il a fallu insister auprès de Framatome pour qu'ils s'en occupent. » Malgré ces défauts, en juin 2017, l'ASN autorisait le démarrage sous conditions de Flamanville 3. S'il est possible de contrôler l'état de la cuve lors des visites décennales, cela n'est pas le cas du couvercle. D'où la demande faite par l'ASN de le remplacer en 2024 au plus tard, une date correspondant au délai de fabrication incompressible de cette pièce.

Mais EDF est toujours à la recherche de solutions permettant de le vérifier sans le démonter, et a même lancé à cet effet un appel à projets international. Après s'être officiellement donné deux ans pour y parvenir, l'opérateur laisse désormais entendre qu'il pourrait jusqu'au dernier moment renoncer à le changer. En attendant, une pièce d'acier destinée à la fabrication d'un nouveau couvercle a bien été commandée en Chine.

Mais le plus inquiétant, c'est que ces défauts ont été découverts dans un contexte de tentatives de dissimulation de la part de l'usine du Creusot. « De potentielles fraudes ont été repérées à l'usine du Creusot lors d'une revue de qualité menée à la demande de l'ASN, détaille son président, Pierre-Franck Chevet. Elles ont conduit à demander la vérification de toutes les pages de tous les dossiers. Nous en sommes un peu plus qu'à mi-chemin de cette vérification qui devrait être terminée d'ici à la fin de l'année. »

Taishan, vraie ou fausse bonne nouvelle ?

Ce sont encore une fois à des soudures que l'EPR doit son dernier retard en date. Des anomalies sur le circuit secondaire détectées en avril dernier nécessitent la vérification de toutes les soudures effectuées par les mêmes sous-traitants, une opération qui nécessitera plusieurs mois, tant et si bien que le démarrage de Flamanville 3, calé depuis trois ans à la fin de l'année 2018, ne pourra se faire avant mi-2019, au mieux.

Ce nouveau retard repousse d'autant la fermeture de Fessenheim. Mais il commence surtout à inquiéter le gouvernement. Alors ministre de l'Économie, Emmanuel Macron avait soutenu de tout son poids la vente de deux EPR à l'Angleterre. Avec succès, puisque cette dernière s'est engagée à racheter l'électricité produite par Hinkley Point C au tarif de 92 livres sterling, soit 110 euros/MWh. Mais ce projet à 24 milliards d'euros est contesté jusqu'au sein d'EDF. La perspective d'un tel investissement alors que l'entreprise est lourdement endettée (30 milliards d'euros nets fin 2017) avait entraîné la démission du directeur financier, Thomas Piquemal. Mais la direction de l'entreprise était malgré tout parvenue à faire voter le projet lors d'un conseil d'administration en juillet 2016. EDF espère également en vendre six unités à l'Inde.

Dans ce contexte, « Le démarrage de Taishan est très important pour EDF (et CGN), car cela signifie que nous sommes parvenus au bout du projet, et cela valide la technologie de l'EPR », se réjouit Xavier Ursat, directeur exécutif du groupe chargé de la direction Ingénierie et Projets nouveau nucléaire d'EDF. Nicolas Goldberg, manager Énergie et Environnement chez Colombus Consulting, y voit également « une nouvelle positive, qui valide la technologie ».

Pour Yves Marignac, directeur de Wise-Paris, c'est au contraire une « fausse bonne nouvelle » pour l'industrie nucléaire française, qui ne transforme pas en succès un programme industriel qui échoue partout ailleurs qu'en Chine. Surtout, « c'est une chose que la technologie fonctionne, mais ça n'en fait pas une technologie attractive et compétitive », souligne-t-il, ajoutant qu'« EDF a déjà reconnu que l'EPR n'était pas un modèle d'avenir puisqu'ils évoquent un EPR optimisé, de 30 % moins cher ».

Quel est le secret de la réussite de l'EPR de Taishan ?

À quoi les Chinois doivent-ils d'avoir réussi, là où les Français échouent pour le moment, en dépit de problèmes similaires sur la cuve et le couvercle, pour lesquels l'autorité de sûreté chinoise a d'ailleurs adopté des mesures semblables à celles prises par l'ASN ? « Notamment du fait du poids croissant de l'acceptabilité locale des projets en Chine, il n'y a aucune raison de penser que l'autorité de sûreté nucléaire chinoise soit moins exigeante que l'ASN française », reconnaît Yves Marignac. En revanche, pour Nicolas Goldberg, le succès chinois reflète le rôle du facteur « effet d'échelle ». Pas moins de 20 réacteurs sont actuellement en construction en Chine, ce qui a une incidence sur le degré de qualification des sous-traitants.

« C'est probablement parce qu'elle reste une économie de construction, comparable de ce point de vue à la France des Trente Glorieuses, que la Chine maîtrise mieux les projets comme la construction de réacteurs que nous ne le faisons aujourd'hui », observe Yves Marignac.

Flamanville a essuyé les plâtres - y compris pour Taishan, qui, selon Xavier Ursat, a bénéficié du retour d'expérience de l'EPR normand.

« L'enjeu pour EDF est maintenant de restructurer une filière », insiste le consultant.

Bientôt des réacteurs chinois en Europe ?

Mais le succès chinois est à double tranchant. « À travers l'expérience de l'EPR, les Chinois ont acquis les compétences nécessaires pour construire leur propre réacteur », alerte Yves Marignac. Au cours des quinze ans de développement de l'EPR, on a assisté à une accélération du transfert de compétences technologiques et de la maîtrise technique de l'Europe vers la Chine.

« Aujourd'hui la question n'est plus tant celle de l'exportation européenne vers la Chine mais plutôt de mesurer la possibilité beaucoup plus forte qu'a aujourd'hui la Chine d'exporter des réacteurs vers l'Europe », assène-t-il. « Les Chinois ont montré les atouts tirés de l'échelle de leur filière, mais pas encore la capacité de construire, relativise Nicolas Goldberg. Il leur faut un démonstrateur sur leur territoire. »

C'est précisément ce qu'ils s'emploient à faire avec le Hualong One. General Nuclear Services (GNS), la coentreprise conçue par EDF et China General Nuclear Power Corporation (CGNPC), espère en bâtir deux exemplaires en Angleterre, qui en a engagé la certification en janvier 2017. Ce serait une première en Europe, qui pourrait bien sonner le glas de l'EPR.

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a écrit le 04/07/2018 à 12:12 :
Bravo les Chinois, ils ont fait leurs premiers Mwh avec un EPR .Nous les avons formé les Chinois, mais ils se sont formés à toutes les technologies depuis 1986 ou Deng Xiao Ping leur a monté comment s'ouvrir vers le monde occidental et pourquoi. Indépendamment du régime, la grande majorité du Milliard de travailleurs adhèrent a ce projet la "Chine demain sera plus grande qu'aujourd'hui" par mon action au quotidien. Voilà la principale et majeure différence qui a permis aux Chinois d'essuyer tous les sarcasmes et ont pris le boulot qu'on ne voulait plus faire.
Enfin quelqu'un qui remarque que l'addition risque d'être lourde à porter.
C'est un pays qui consomme 10 fois plus d'énergie que nous (finale) et malgré tout à 85% carbonnée, ils ont compris ils foncent dans le nucléaire ils étouffent de la pollution ,Canton (20Millios d'hab) ne voit plus le soleil, et à la marge pour eux des ENRi.
Ils ont le soutien complet de leur politiques et leur population et pas des traites internes comme Europeens dont le seul but ce n'est pas le carbone c'est tuer le nucléaire Français pour mieux nous asservir.
Les Chinois comptent leur morts, nous on oublie les 100 morts journaliesr dus à la pollution ( évacués dans le débat public c'est quand même honteux pour tant les rapports de l'OMS sont fournis) et les deux millions de vies épargnées par nos 50 ans de nucléaire civil. Pas un mort à déclarer sur notre territoire et pour le monde c'est 8 millions/an pour la combustion contre 10000 pour le nucléaire accidents compris.
les dettes d'EDF une goute comparée au massacre de ENRi (30+120Md€ engagés pour effet négatif sur le climat, la fermeture dogmatique de Fessenheim:30Md€, l'offshore inutile et contraignant san technologie de stockage encore 20Md€ donné aux paradis fiscaux... la dette de la France grimpe il est temps de se ressaisir.Ca va trés mal finir
Le nucléaire Français malgré les dysfonctionnements abordés reste performant et pour les 20 ans à venir la meilleure solution, même il serait temps de penser au surgénérateur ASTRID avant de se réveiller encore une fois trop tard.
a écrit le 04/07/2018 à 11:27 :
Ce n'est pas parce qu'une technologie fonctionne qu'elle est rentable. Je crois que c'est le principal problème de l'EPR.
Réponse de le 05/07/2018 à 6:45 :
On peut dire la même chose de l'éolien et photovoltaïque, technologies "intermittentes" qui ne se développent qu'à coûts de juteuses subventions.
Réponse de le 05/07/2018 à 10:47 :
Photovoltaïque et éolien n'arrivent à une certaine rentabilité que grâce aux importations chinoises à prix faible.
Réponse de le 06/07/2018 à 12:42 :
Dingo si on suit votre raisonnement on devrait ne plus alimenter en énergie ceux qui sont loin des centres de production d'électricité car il faut ajouter le cout du transport. A une certaine distance tout devient cher...je ne sais si les citadins apprécieraient. Heureusement il y a une notion que vous semblez oublier: le service public, avec l'éolien et le photovoltaique le gaz et le charbon deviennent rentables pour les opérateurs privés.
a écrit le 04/07/2018 à 8:16 :
Finalement, la première réalisation en Finlande a eu beaucoup de probleme, parce qu il fallait faire une mise au point de la cosntruction de cette technologie complexe et que les Finlandais, apres avoir accepte cette réalisation chez eux n'etaient plus pressés qu elle démarre (raison economique de leur marché électrique). La deuxieme réalisation (Flamanville) a pris un ecrtains retard pour continuer la mise au point. Et la troisieme (en Chine) démarre sans problèmes. A posteriori, tout ceci est le developpement normal d un outil industriel complexe. Et si les futurs réacteurs démarrent comme en chine, l EPR sera une belle reussite...
a écrit le 03/07/2018 à 23:31 :
Ben voilà où mène d'une part la sous-traitance, d'autre part la liquidation de la sidérurgie française. Nous sommes obligés d'acheter le couvercle à la chine et les cuves à qui ? A la Corée ! Scandaleux !
a écrit le 03/07/2018 à 20:52 :
L'EPR est pour le moment un méga ratage de la filière nucléaire française.
Mais eux, au moins, ne font pas fortune en montant des fermes d'éoliennes et en terrorisant les laborieuses populations françaises avec le réchauffement climatique.
a écrit le 03/07/2018 à 20:37 :
ça montre surtout que quand on ne construit pas de réacteurs pendant 20 ans, on a du mal à en construire un... Mais ce n'est pas si étonnant que ça.
Réponse de le 04/07/2018 à 11:57 :
En résumé si l'on comprend bien, la fiabilité de l'EPR est assurée par l'autorité de sureté nucléaire chinoise qui a autorisé le démarrage de la centrale de Taishan . Inquiétant pour l'expertise de l'ASN . Quant au gouffre financier qui est devant nous, c'est la fuite en avant : comment oublier le démission de l'ex directeur financer du groupe EDF en 2016, qui a dit :
" Mais qui investirait 70 % de son patrimoine sur une technologie dont nous ne savons toujours pas si elle fonctionne ? "
a écrit le 03/07/2018 à 20:37 :
ça montre surtout que quand on ne construit pas de réacteurs pendant 20 ans, on a du mal à en construire un... Mais ce n'est pas si étonnant que ça.
Réponse de le 03/07/2018 à 23:34 :
Pas très convaincant. Avant de construire des centrales on n'en avait pas construit (La Palice) et donc on n'avais pas d'expérience, on les a construites quand même et grosso modo en respectant las délais, mais on avait un service public digne d ece nom, ce qui n'est plus le cas, privatisations et sous-traitance ne font pas bon ménage avec sécurité - voir Fukushima-
Réponse de le 03/07/2018 à 23:35 :
Pas très convaincant. Avant de construire des centrales on n'en avait pas construit (La Palice) et donc on n'avait pas d'expérience, on les a construites quand même et grosso modo en respectant las délais, mais on avait un service public digne d ece nom, ce qui n'est plus le cas, privatisations et sous-traitance ne font pas bon ménage avec sécurité - voir Fukushima-
Réponse de le 06/07/2018 à 8:48 :
C'est surtout que la sous-traitance ralenti les chantiers pour vendre plus d'heures de travail. C'est ce qu'on fait en informatique et ça marche fort. On dit qu'il n'y a pas suffisamment de main d'oeuvre qualifiés (alors qu'il y en a plein au chômage, mais ils ont pas le bon profil...). On rallonge les délais pour gonfler la facture. C'est tout l'intérêt de la sous-traitance qui permet de siphonner l'argent public en toute impunité. Et comme il faut être bien souvent "référencé" pour devenir sous-traitant, ce sont les "copains" qui s'en mettent plein les poches. Ce que l'état gagne dans tout ça, c'est l'augmentation du PIB, donc de la croissance au détriment de nos impôts...
a écrit le 03/07/2018 à 18:08 :
dans un cas c'est Areva qui a la main, dans l'autre c'est EDF.......les deux construits par AREVA ont du retard.....
Réponse de le 03/07/2018 à 21:06 :
Non, dans un cas (Olkiluoto) c’est Areva le maître d’ouvrage, et dans l’autre (Flamanville) c’est EDF.
a écrit le 03/07/2018 à 17:54 :
Pour que l'EPR UK ne devienne pas le nouveau Concorde, les leçons restent à tirer, au delà des aspects technologiques, dans les domaines politiques, culturels et managériaux. L'enjeu est important pour le pays, Areva a payé pour l'apprendre.
a écrit le 03/07/2018 à 16:05 :
On ne voit vraiment pas pourquoi ça a pris autant de temps, vu que c'est la même technologie qu'avant, mais avec des systèmes de sécurité (essentiellement les mêmes qu'avant) quadruplés. Donc, absolument rien de révolutionnaire et d'extraordinaire.

Donc, il est clair que les retards sont voulus, organisés.
Réponse de le 05/07/2018 à 10:51 :
Même un réacteur comparable aux derniers mis en service vers 2000 (Civaux) , on aurait probablement eu autant de mal à le construire... La perte de savoir-faire industriel n'est pas un vain mot. C'est pour ça qu'il ne faut pas se faire trop d'illusions sur de possibles relocalisations industrielles sur des industries un peu pointues...
a écrit le 03/07/2018 à 14:55 :
Ecrire que les exigences de securite en chine sont les memes qu en France, il faut oser...
Pour info, j ai de la famille qui a travaille sur le projet chinois. Le recit est edifiant. Ils auront de la chance s ils n auront pas d incident majeur (pour les incidents mineurs, le systeme policier chinois devrait arriver a etouffer les rumeurs a defaut des fuites radio actives ;-))
Réponse de le 03/07/2018 à 18:18 :
Moi aussi j’ai des infos floues et complètement invérifiables, et laissez moi vous dire qu’elles me donnent raison.
a écrit le 03/07/2018 à 14:41 :
On aime essuyer les plâtres, on est ainsi fait... A nous les retards et les surcoûts, aux Chinois la rentabilisation future.
Réponse de le 03/07/2018 à 18:10 :
au moins les chinois ont vu l'intérêt de la filière et n'ont pas baissé les bras...
Réponse de le 03/07/2018 à 18:15 :
Le problème n’est pas d’essuyer les plâtres (les chinois ont bien commencé par quelque chose eux aussi), mais d’étaler dans le temps les mises en chantier de telle sorte qu’on ne perde pas les compétences.

La faute revient aux électeurs, qui acceptent (voire même réclament) que les politiques prennent des décisions aberrantes. Notre politique énergétique actuelle en est le meilleur exemple. On aurait construit deux tranches au lieu d’une à Flamanville, puis programmé de suite plusieurs autres chantiers à commencer dans une poignée d’années, la situation serait toute autre.
a écrit le 03/07/2018 à 14:02 :
2026, Flamanville. L'enquête sur l'explosion du réacteur #1 de Flamanville a révélé de nombreuses contrefaçons parmi les pièces livrées par des sous-traitants. Tandis que l'évactuation de Cabourg et de Jersey a débuté, le patron d'EDF jure que la fraude était indétectable et qu'il n'y est pour rien. Le taux de la TVA a été relevé à 40% afin de couvrir les frais de dépollution qui s'élèvent d'ores et déja à 500 milliards d'euros.
Réponse de le 03/07/2018 à 14:34 :
Les fossiles c’est 48000 morts par an en France rien qu’avec les particules fines.

Pas potentiellement, pas une fois tous les dix millions d’années par réacteur, non non, c’est l’équivalent de 12 fois l’accident de Tchernobyl chaque année, rien qu’en France.
Réponse de le 03/07/2018 à 15:15 :
2032, lors d'un pic de canicule par une journée sans vent, l'ensemble du réseau électrique saute, entrainant 48 h de pénurie électrique.
On dénombre 15 000 morts dans les maisons de retraite, et une rupture massive de la chaine du froid entrainant 5000 morts par intoxication alimentaire.
Les opérateurs d'éoliennes indiquent qu'il n'y étaient pour rien de l'absence de vent, et que malheureusement l'arrêt du parc nucléaire n'a pas été compensée par la construction de tranches au charbon et au gaz suffisantes, compte tenu des engagement du pays dans al lutte contre le réchauffement climatique.
Réponse de le 03/07/2018 à 15:27 :
De quelle type d’explosion parlez-vous ? A ma connaissance jamais un réacteur nucléaire n’a explosé. Ils ont fondu à Tchernobyl et à Fukushima à cause de l’arrêt du système de refroidissement. Mais un réacteur civil n’a pas la masse critique d’U235 pour provoquer une réaction en chaîne.
A Tchernobyl, l’explosion du système de refroidissement a été provoquée par une « expérience » que la direction du site a décidé d'effectuer, contre toutes les normes de sécurité. C’est ce qui a provoqué la fusion du réacteur, (mais pas son explosion).
A Fukushima, c’est le tsunami qui a noyé les pompes de refroidissement et qui a provoqué le même type d’accident. Mais une fois de plus, le réacteur n’a pas explosé.
Alors en 2026 à Flamanville que s’est-il passé pour que le réacteur explose ? Je serais curieux de le savoir...
Réponse de le 03/07/2018 à 18:13 :
la technologie EPR n'a rien à voir avec la technologie de tchernobyl ni de fukushima... alors vous pouvez dire n'importe quoi!
a écrit le 03/07/2018 à 13:02 :
Les mentalités françaises ne sont plus dans le "faire” : On a survalorisé le contrôle, la gestion de projet, le « management » et dénigré ceux à tous les échelons qui FONT réellement. On subit un dégout du concret jamais vu ailleurs. On ne trouve pas un jeune ingénieur aujourd'hui qui ne sache résoudre un problème sans logiciel aux éléments finis (quand il y arrive d'ailleurs), ni un ouvrier capable de prendre la responsabilité de son propre travail ; brimé qu'il est par une avalanche de normes et règles internes et externes. Sans compter la démoralisation d'être toujours mis en concurrence avec des travailleurs détachés… La notion d'homme de l'art a disparu du paysage industriel français. Les sous-traitants ? comment auraient-ils pu conserver leur savoir-faire dans un tel contexte ; sous la pression des acheteurs des grands groupes avec leurs "KPI" à très court terme ? J'ai voulu recruter un contremaitre qui avait une bonne expérience de terrain en soudage et tuyautage ; pour encadrer une équipe export. Il a refusé, préférant rester "Inspecteur", sur le chantier de Flamanville… Considérant la généralité de ces phénomènes, il faut admettre que la France n’est plus un réservoir de compétences industrielles ; elle a vécu ces trois décennies sur la continuité et des projets lancés par de Gaulle et Pompidou. Rien n’a été fait depuis.
Réponse de le 03/07/2018 à 13:42 :
L'emploi est un marché comme un autre. Il n'y a pas de candidats parce que les employeurs ne sont pas prêts à payer à hauteur des inconvénients de ce genre de poste (responsabilités, vie toujours en déplacements, risques pour la santé et la vie de famille...).

Pourtant ce sont des métiers passionnants, donnant un vrai sentiment d'accomplissement (celui de vraiment participer à la création de quelque chose d'utile, d'être au bout d'une chaine d'étude et de préparation pour effectuer un geste concret) et de reconnaissance (notamment au travers de l'expertise technique).

Bref, tout cela devrait se régler avec 10 ou 20k€/an de plus sur l'offre d'embauche...
Réponse de le 03/07/2018 à 14:44 :
Le couplet sur les ingénieurs est à mourir de rire. Sur les ouvriers aussi. Vous excellez dans l'art du french bashing. Du caviar pour les étrangers. On fait le boulot de dénigrement pour eux... Qu'avez vous donc fait de si différent que vous n'auriez pu faire en France ? J'aimerais bien lire votre témoignage.
a écrit le 03/07/2018 à 12:54 :
Avec un eolien et photovoltaique moins cher à produire que le nuke qui ne se stocke pas non plus, il faut avoir de belles oeilleres ideologiques pour s'obstiner dans le nuke.

Mais ce qu'il y a de bien en France c'est que le Francais de base est tellement apathique, qu'on pourra s'accorder une recapitalisation supplementaire pour eponger les conneries des dirigeant(e)s.
Réponse de le 03/07/2018 à 13:23 :
Solaire et éolien ne peuvent pas remplacer le nucléaire, du fait de leur intermittence. Leurs coûts ne sont donc pas du tout comparable, puisque ceux des ENR intermittentes ne font que s'ajouter à tout le reste sans quasiment rien économiser.

Et le nucléaire n'a pas besoin d'être stocké (voir Eco2mix sur lequel on peut constater que les deux sont totalement décorrélés, ou encore dans tous les pays avec du nucléaire et pas de STEP). D'ailleurs en France, la capacité totale des STEP représente une fraction infime de la production nucléaire, c'est totalement anecdotique.

Tout cela vous le savez (on vous l'a déjà dit 100 fois) mais vous refusez de l'entendre car vous n'avez rien à y répondre. Vos arguments ne tiennent pas la route, vous en êtes conscient, mais vous persistez à les répéter car vous n'avez rien d'autre sur lequel vous raccrocher pour défendre votre idéologie.
Réponse de le 03/07/2018 à 18:17 :
Steph, l'avantage du nuke c'est qu'il est capable de fonctionner 18 mois 24h/24 et 7j/7..... pas 1j/4 comme les éoliennes et 6h/jour l'hiver quand il fait beau...il faut avoir de belles oeilleres idéologiques pour s'obstiner à croire que les moulins à vents du moyen age sont l'avenir de l'humanité!
a écrit le 03/07/2018 à 11:53 :
En dehors des contre temps technologiques et du surcoût financier, qui sont des problèmes logiques auxquels n'importe quelle technologie peut être confrontée, qui laissent souvent la place à des solutions tout aussi logiques. Sous conditions d’une évaluation intègre et partiale des problèmes, afin de permettre leur traitement, car au-delà on rentre dans l'obscur et ce sont surtout les dénis et les soupçons de malversations qui doivent inquiéter. Surtout que l'on ne s'attend pas à les trouver dans un domaine scientifique aussi stratégique pour le pays.
Le contexte est tout aussi important, puisque la technologie a surtout été développée à l’occasion des les trente glorieuses. Sans négliger les apports de cette forme de production d’électricité, qui faisait partie des premiers accords européens, on peut se demander comment ont fait les autres pays et en quoi serions-nous si différents ?

Résultat, l’étape est cruciale et comme le souligne le titre, on peut en effet se demander si ce n’est pas un pari de « quitte ou double », ce qui nous éloignerait encore du domaine technologique.

Vu les enjeux personne n’a intérêt à un loupé, mais pour ceux qui ont l’expérience des entreprises, on ressent parfois ce sentiment..., quand les décisions dépassent les décideurs.
a écrit le 03/07/2018 à 11:24 :
Je rejoins l'article sur un point : Maintenant, c'est quitte ou double.

Soit on lance la construction d'une série de tranches pour renouveler le parc, soit on les remplace en majorité par du gaz ou du charbon. Le charbon c'est pas bien, et le gaz il va falloir nous expliquer où et comment on va se le procurer pour les décennies à venir.
Réponse de le 03/07/2018 à 13:07 :
Pareil pour le charbon : la France devrait l'importer.
Réponse de le 03/07/2018 à 13:26 :
@ Vincent :

Oui mais il y a encore de grosses réserves mondiales.

Tandis que pour le gaz, on affronte le peak gaz en Europe en parallèle du peak-oil, et en plus on veut sortir du charbon en même temps que du nucléaire !
a écrit le 03/07/2018 à 11:18 :
Les chiens aboient, la caravane passe.

@ Dominique PIALOT :

Si les chinois se mettaient à vendre des tranches nucléaires en Europe, à adapter leur technologie aux différentes réglementations européennes, à construire en se basant sur une main d’œuvre locale qui n'a pas fait grand chose depuis 20 ans, bref à bosser avec exactement les mêmes challenges qu'ont rencontrées FLA3 et Ol3, ne pensez-vous pas que les mêmes causes aboutiraient aux mêmes conséquences ?
a écrit le 03/07/2018 à 10:40 :
"le succès chinois reflète le rôle du facteur « effet d'échelle ». Pas moins de 20 réacteurs sont actuellement en construction en Chine, ce qui a une incidence sur le degré de qualification des sous-traitants."
Tout est dit là, alors qu'en France on a stoppé la construction de réacteurs pendant plus de 10 ans, après la mise en service de Civaux, ce qui a été à l'évidence une faute majeure qui a causé une forte déperdition de savoir-faire industriel. Erreur qui a été renouvelée en stoppant le projet de nouvel EPR à Penly 3 par le gouvernement Hollande en juillet 2012.
a écrit le 03/07/2018 à 10:17 :
Pour moi ces retards prouvent que rien n'est pris à la légère, il devrait être un bon réacteur, restera la question des déchets.
a écrit le 03/07/2018 à 9:59 :
Lisez "La guerre des métaux rares - la face cachée de la transition énergétique " de Guillaume Pitron et vous relativiserez l'enthousiasme bobologique pour les pseudo-alternatives éolienne et photovoltaique
a écrit le 03/07/2018 à 8:37 :
Outre Fukushima,l etat de cette industrie n' est que le résultat de la brillante stratégie imaginée par Sarkozy, Proglio et Bouygues !! Bravo !
Ah, sur Hinkley on parle déjà de dépassement ??
Réponse de le 03/07/2018 à 10:44 :
Non, c'est l'arrêt de toute construction de réacteurs entre 2000 et 2010 (décision du gouvernement Jospin) et l'abandon de l'EPR de Penly 3 (gouvernement Ayrault) qui sont la cause de la perte probablement irrémédiable du savoir faire français en matière de nucléaire. On y préfère sans doute les panneaux solaires chinois, les seuls à être suffisamment peu coûteux pour assurer la profitabilité du photovoltaïque....
Réponse de le 04/07/2018 à 8:51 :
Vous oubliez juste de dire que l arrêt des constructions était du a un débat opposant les pro EPR a ceux qui estimaient qu on devait passer au réacteur de 4 eme generation. Une fois au pouvoir, droite gauche c est blanc bonnet et bonnet blanc ! la seule chose qui les différencies c est leur façon de jouer au bonneteau budgétaire

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