L'Europe va-t-elle bloquer l'acquisition du pôle énergie d'Alstom par GE ?

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Nous nous concentrons sur une issue positive qui préserve les conditions économiques de l'accord, a expliqué Reuters, en exprimant sa confiance dans la possibilité de conclure la transaction au cours du second semestre de 2015.
"Nous nous concentrons sur une issue positive qui préserve les conditions économiques de l'accord", a expliqué Reuters, en exprimant sa confiance dans la possibilité de conclure la transaction au cours du second semestre de 2015. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
La Commission européenne devrait adresser une série de griefs à GE, estimant que le rachat de la branche énergie d'Alstom risque de nuire à la concurrence dans le secteur de la construction de turbines en Europe, selon des sources proches du dossier. Si le conglomérat américain ne fait pas de concessions, Bruxelles pourrait poser son veto.

Le rachat de la branche énergie d'Alstom par General Electric est-il compromis ? La Commission européenne s'apprête à adresser une série de griefs au géant américain, a-t-on appris jeudi 11 juin de sources proche des régulateurs européens.

Cette "communication des griefs", qui pourrait survenir vendredi, portera notamment sur le fait que l'opération envisagée par le conglomérat américain risque de nuire à la concurrence dans le secteur, ont précisé ces sources.

La Commission européenne avait prévenu dès février que le rachat de la branche énergie d'Alstom laisserait GE face à un seul concurrent en Europe, l'allemand Siemens, dans la construction de turbines lourdes pour les centrales électriques utilisant le gaz comme combustible. Sur le plan mondial, le troisième acteur du marché serait Mitsubishi Hitachi Power Systems.

General Electric va-t-il devoir faire des concessions ?

Un tel document est généralement le prélude à un veto, à moins que l'entreprise incriminée n'apporte les garanties jugées nécessaires ou n'accepte des concessions. General Electric va donc devoir proposer des concessions plus importantes pour obtenir le feu vert des autorités européennes de la concurrence au rachat de la branche énergie d'Alstom.

Le directeur général de GE, Jeff Immelt, a déclaré en mai que son entreprise pourrait envisager de céder des droits de propriété intellectuelle sur un produit donné mais pas de se priver de revenus liés à la maintenance de ce même produit.

Une décision avant le 6 août

General Electric a déclaré mercredi 10 juin travailler de manière constructive avec les autorités européennes de la concurrence. "Nous nous concentrons sur une issue positive qui préserve les conditions économiques de l'accord", a affirmé l'entreprise dans un communiqué, en exprimant sa confiance dans la possibilité de conclure la transaction au cours du second semestre de 2015.

L'exécutif européen a fixé au 6 août la date limite avant laquelle il donnera ou refusera son feu vert à l'opération.

Alstom veut aussi prouver l'impact positif de la reprise

Dans un communiqué publié vendredi 12 juin, Alstom a réagi:

"Nous allons continuer de fournir à la Commission européenne des arguments pertinents démontrant l'impact positif que cette transaction aurait pour l'Europe, y compris sur le futur environnement concurrentiel."

En outre, le groupe français assure ne pas s'inquiéter des griefs que la Commission européenne communiquerait:

"Une communication de griefs est une étape normale dans une procédure d'examen d'une concentration en Phase II et ne préjuge pas de son issue

GE ne veut pas revivre son OPA ratée en 2001

GE s'efforce de faire des concessions pour tenter d'apaiser les craintes de Bruxelles, qui avait bloqué en 2001 son OPA de 42 milliards de dollars sur Honeywell International.

Avec le rachat de la branche énergie d'Alstom, il s'agit pour le conglomérat américain de sauver une opération de 12,4 milliards d'euros, la plus importante de son histoire, qui est un élément essentiel de sa stratégie d'expansion dans les activités industrielles à haute rentabilité parallèlement à son désengagement du secteur financier.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 14/06/2015 à 9:41 :
Cette Comm avait déjà bloqué toujours sous la pression de Siemens, dont le pouvoir auprès de Bruxelles est puissant, la constitution d'un Fleuron Mondial Legrand-Schneider ( deux champions mondiaux Français, dont la fusion très avancée, puis démantelée, était prometteuse et performante pour l'ensemble. Siemens et le Pouvoir Politique Allemand, l'ont emporté par leur toute Puissance auprès de la Comm, comme à chaque fois, les prochaines : aucun espoir à cause d'eux, le jeu est corrompu par avance
a écrit le 13/06/2015 à 10:16 :
Ma réponse : ahahahahahahahahahahaha excellent comme gag !
a écrit le 13/06/2015 à 8:06 :
Si les services euroépens de la concurrence bloque cette fusion, une fois n'est pas coutume, on pourra les remercier. Après les allemands qui bloquent le bradage d'Airbus aux anglais de BAE (sous la forme d'une fusion en des termes très/trop favorable aux anglais alors qu'on ne voit pas quel apport intéressant viendrait de BAE et que cela se limiteriat au secteur de la défense), si Bruxelles bloque le rachat de la branche énergie d'Alstom par GE, on pourra dire que les européens font plus attention aux intérêts de notre propre industrie que nos propres dirigeants ! Un comble ! C'est dire à quel point nos élites socio-économiques et politiques se moquent de nos propres intérêts. Et ce n'est pas en votant pour les fachos du FN que cela changerait. Ce serait la même politique avec le racisme en plus et un désastre accéléré de notre industrie avec le départ de ce qui reste d'industries de la France et/ou l'instauration d'un état totalitaire. Quelles belles perspectives !
a écrit le 12/06/2015 à 13:37 :
Il s'agit de se placer dans 10 ou 15 ans. A cette date les grands projets de méga centrales n'existeront plus. La concentration urbaine avance qui préfère les micro projets d'autoproduction. Les objets consomment de moins en moins ou deviennent autonomes. Dans ces conditions Alstom a-t-il les moyens d'effectuer une reconversion pertinente ? La réponse est non. La vente devient alors le moyen le plus intelligent de récupérer du cash pour changer la donne en s'introduisant dans d'autres secteurs. C'est un constat. Le travail aurait dû être fait il y a 30 ans mais à cette date la société était préoccupée par la reconversion sans douleur de ses dessinateurs industriels alors qu'il s'agissait de faire le pas informatique. Elle préservait ses sites inutiles et se comportait comme une entreprise d'état devant laquelle tout devait plier. On a salué à l'époque cette manoeuvre exemplaire ... qui donne ce résultat qui l'est moins de nos jours. Il n'y a donc pas à se plaindre. Pensons au futur pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.
a écrit le 12/06/2015 à 12:12 :
"Sa stratégie d'expansion dans les activités industrielles à haute rentabilité parallèlement à son désengagement du secteur financier". Voilà un vrai projet industriel ! La question : "activités à haute rentabilité". Que font les dirigeants français de ce secteur que GE veut racheter, avec une activité à haute rentabilité ? On se le demande ! C'est très inquiétant de voir les fleurons français disparaître, visiblement souhaité par des dirigeants trop atlantistes pour se poser la question de la France. Je suis un ingénieur ex Alcatel et je n'ai pas apprécié la destruction progressive d'Alcatel, qui était la première entreprise techno du monde, casse organisée par un vulgaire financier, Tchuruk, Jamais les américains n'auraient cassé ce bijou industriel s'il avait été à eux. Où sont les patrons d'industrie en France ? On ne voit plus que des financiers et des énarques... Ils n'ont pas le niveau pour diriger ces complexes industriels.
Réponse de le 13/06/2015 à 8:16 :
Le problème en France, ce ne sont pas les fonctionnaires comme les médias sous contrôle des élites le prétendent, mais bien ces élites sans vision qui cassent et bradent tout à l'heure actuelle. Nos dirigeants ont des mentalités de rentiers à court terme. On dirait que leur objectif est de faire de la France un parc de loisir géant pour touristes et de s'en mettre plein les poches. Après moi le déluge.
a écrit le 12/06/2015 à 10:36 :
Il faut que la commission européenne bloque cette acquisition, ce n'est pas dans l'intérêt des salariés et de la France. En effet, toute notre industrie thermique ainsi que la partie conventionnelle des centrales passeraient sous contrôle américain donc danger dans notre indépendance. Il faut créer un conglomérat européen de l'énergie en associant Alstom et Areva, et pourquoi pas Schneider. De cette industrie dépend notre survie industrielle. Il faut aussi injecter des capitaux dans ce domaine et mettre à la tête un véritable industriel et non un grand commis (ou copain) de l'Etat. Nous avons besoin de cette industrie énergétique pour le futur et garantir une indépendance, ce sera le point névralgique. Nous avons aussi besoin de cette industrie pour redresser la France et garantir des emplois stratégiques.
Réponse de le 12/06/2015 à 17:01 :
ok
Réponse de le 13/06/2015 à 8:13 :
Dès l'annonce des égociations avec GE, une fusion Alstom-Schneider est ce que j'ai immédiatement proposé dans un commentaire de la Tribune. L'ensemble aurait un poid du même ordre que GE ou Siemens dans le secteur de l'industrie électrique (de la production à la distribution).
Pas forcément besoin d'associer Areva à l'ensemble Alstom-Schneider.
Par contre, si GE arrive finalement à mettre la main sur la division énergie d'Alstom, je vous parie que la cible suivante sera Schneider. Au vu de l'importance de la société dans son secteur d'activité, de l'importance du capital flottant notamment aux mains de fonds de pension et sociétés d'investissement diverses, cela semble une cible de choix. Surtout avec la grande braderie de l'industrie française en cours depuis 10 ans. Comme cela on aurait l'ensemble sous pavillon américain à cause de l'aveuglement des élites françaises qui crachent sur notre industrie et la brade mais on voit qu'à l'étranger ils ont une meilleure idée de la valeur de notre industrie électrotechnique.

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