L'Europe veut financer 1.000 milliards d'euros de projets verts en dix ans

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(Crédits : Pixabay)
La Banque européenne d'investissement propose que la moitié de ses investissements soient dirigés vers des projets liés au changement climatique. Et de ne plus financer les énergies fossiles.

1.000 milliards d'euros d'investissements dans des projets de lutte contre le changement climatique. C'est l'objectif ambitieux que souhaite se fixer la Banque européenne d'investissements (BEI) pour la période 2020-2030. "L'urgence climatique est reconnue", justifie Ambroise Fayolle, le vice-président français de l'établissement.

Pour atteindre cet objectif, la BEI propose que la moitié de ses investissements soient dirigés vers des projets liés au changement climatique et à l'environnement durable d'ici à 2025. L'an passé, cette proportion était légèrement inférieure à 30%, alors que les statuts de la banque fixent un minimum de 25%.

Le bailleur de fonds de l'Union, basé au Luxembourg, investira lui-même environ 30 milliards d'euros par an dans la transition écologique, contre 17 milliards en 2018. La différence, environ 70 milliards par an, doit être apportée par d'autres investisseurs, publics ou privés.

Fin des financements pour les énergies fossiles

Depuis l'entrée en vigueur du plan Juncker en 2015, la BEI finance des projets plus petits mais aussi plus risqués, afin de compenser les défaillances du marché des capitaux en Europe. Or, souligne Ambroise Fayolle, celles-ci sont "encore plus importantes pour les projets liés à la transition écologique; notamment dans les nouveaux Etats membres".

Le rôle de la BEI est donc encore plus primordial pour leur réalisation. "Notre but n'est pas de maximiser les profits mais de soutenir les projets qui auront le plus d'impact", rappelle son vice-président. L'institution envisage même de faire un effort supplémentaire: apporter jusqu'à 75% des financements de certains projets, alors qu'elle ne souhaite généralement pas dépasser la barre des 50%.

L'autre mesure phare proposée par les responsables de la BEI risque de poser davantage de problème. Elle prévoit de ne plus financer les énergies fossiles d'ici à la fin 2020. En pratique, cette interdiction toucherait principalement des projets de transport et d'extraction de gaz. Selon le site Euractiv, cette mesure n'aurait pas le soutien de la Commission européenne, qui exigerait que les projets gaziers ne soient pas concernés.

Lire aussi : La BEI veut stopper le financement des énergies fossiles à horizon fin 2020

Certains pays, comme la Pologne, s'opposent également à cette modification. Celle-ci, comme l'objectif des 1.000 milliards d'euros d'investissements verts, doit encore être approuvé par les actionnaires de la BEI, à savoir les 28 Etats membres. Une première réunion "positive" s'est déroulée en septembre. La prochaine doit se tenir en octobre. "Mais on aura peut-être besoin d'un peu plus de temps", prévient Ambroise Fayolle.

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a écrit le 02/10/2019 à 10:25 :
le seul enjeu des dirigeants européens : faire tourner le commerce !
les seules actions à faire pour le chauffage est d'ordre collectif :à savoir la géothermie
la pompe à chaleur inutile : les arrivées sont en haut des pièces ,alors que la chaleur monte , l'été la baisse thermique n'est que de 5+c max (mais 20000€ investissement,
les panneaux solaires :pas au point ; les batteries sont des sources possibles de pollution et très chers
toutes les solutions proposées sont à financer par les particuliers
l'electricité reste toujours la meilleure solution aujourd'hui encore et ce n'est pas les coefficients thermiques (faux) pour la plupart qui nous convaincront du contraire
a écrit le 01/10/2019 à 8:07 :
Cela fait peur..Nos sociétés mourront du peu de cas que l'on fait de l'argent public..
a écrit le 30/09/2019 à 19:54 :
L'argent est moins important, que la visualisation de ce qui peut se faire, se réaliser et comment.
Je trouve la somme énorme, mais je crois surtout qu'il ne s'agit pas de donner de l'argent pour obtenir du résultat. Mais comme chacun sait dans ce type de situation, généralement ceux qui déclenchent ces moyens, ne sont pas ceux qui en seront responsable de fait, donc une usine a gaz est plutôt une réalité, car too big, too blind !

Donc j'imagine que les solutions existent, la question est de savoir quels sont les processus de transformation, j'ai fais la transition filaire sans fils, cela demande aussi de saisir comme le processus de développement, un sens dans l'ensemble de la visibilité possible ainsi que l'efficience.

Je doute, la somme semble plus un effet d'annonce qu'une sorte de paradigme qu'il faut construire dans lequel un récit est nécessaire et possible par toutes et tous en Europe.

Dire n'est pas faire, alors puisque le constat est d'attendre, attendons donc !!!

chacun est acteur, mais acteur n'est pas faiseur !!
a écrit le 30/09/2019 à 17:30 :
Houlà, attention les dégâts parce que avec notre consortium européen financier emballer c'est peser, on va donc avoir beaucoup de greenwashing en projets,ce sera à vous de jouer chers journalistes !

La BEI ayant déjà financé des barrages en amérique du sud aux investisseurs plus que douteux hein... -_-

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