La Chine éclipse l’UE sur l’investissement dans le solaire en 2017
Frédéric Simon, Euractiv
Frédéric Simon, Euractiv
Le chiffre record de 98 gigawatts de capacité additionnelle en solaire a été atteint à l'échelle mondiale en 2017, soit bien plus que l'ensemble net de toute autre technologie - renouvelable, combustibles fossiles ou nucléaire - selon le nouveau rapport de l'ONU Environnement.
Le rapport « Tendances mondiales des investissements dans l'énergie solaire 2018 » a été publié le 5 avril 2018 par l'ONU Environnement, le Centre de Collaboration Frankfurt School - PNUE et Bloomberg New Energy Finance.
À 131,4 milliards d'euros au total, « le solaire a attiré plus d'investissements que toute autre technologie », estime le rapport. En Chine, il a connu un « essor sans précédent », où 53 gigawatts ont été ajoutés, soit plus de la moitié du total mondial, et 70,7 milliards d'euros investis.
Au total, les énergies renouvelables ont attiré de loin le plus d'investissements, soit 228,7 milliards d'euros, « dépassant ainsi d'environ 84,2 milliards d'euros les investissements dans les nouvelles capacités de production électrique à partir de charbon et de gaz ».
Et d'ajouter :
L'année dernière, pour la huitième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies propres ont dépassé les 163,5 milliards d'euros, indique le rapport. « Depuis 2004, le monde a investi 2 488 milliards d'euros dans ces sources d'énergie propres. »
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Certaines régions, comme les États-Unis et l'Europe, sont à la traîne. De l'autre côté de l'Atlantique, les investissements ont chuté de 6%, atteignant 34,4 milliards d'euros. En Europe, la chute a été encore plus importante, 36%, à 35 milliards d'euros. Les plus fortes baisses ont été enregistrées au Royaume-Uni (de 65% à 6,1 milliards d'euros) et en Allemagne (de 35% à 8,5 milliards d'euros).
En Europe, les eurodéputés verts ont mis en garde contre « une décennie perdue » pour les renouvelables, alors que le Parlement négocie une version actualisée de la directive européenne sur les énergies renouvelables, considérée comme le fondement de la politique énergétique propre de l'UE.
Les chefs d'État de l'UE soutiennent un objectif de 27% pour les énergies renouvelables pour 2030, mais les détracteurs estiment que la décision prise en 2014 est basée sur des chiffres obsolètes qui ne tiennent pas compte de la chute impressionnante des coûts des énergies renouvelables qui a eu lieu par la suite.
La Commission européenne a reconnu ces lacunes et a présenté des chiffres actualisés, suggérant qu'un objectif de 30% pour 2030 serait réalisable à des coûts équivalents. Ce nouvel objectif ne satisfait cependant pas les verts.
L'association WindEurope estime que l'un des « ingrédients clés » pour que le secteur des énergies renouvelables reste compétitif est « d'élever à 35 % l'objectif de l'UE en matière d'énergies renouvelables pour 2030 », conformément aux demandes du Parlement.
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SolarPower Europe est du même avis, affirmant que la croissance importante d'énergie propre de Pékin « est aussi un avertissement » pour que l'Europe revoie à la hausse son objectif de 2030 et supprime les droits de douane sur les panneaux solaires importés de Chine.
Une décision définitive sur la directive des énergies renouvelables est attendue sous la présidence bulgare du Conseil, qui se termine le 30 juin.
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Par Frédéric Simon, Euractiv.com (traduit par Mathilde Mortier)
(Article publié le vendredi 6 avril 2018)
Frédéric Simon, Euractiv