Les Français de plus en plus ouverts aux recyclage des eaux usées

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Une première explication de cette ouverture au recyclage de l'eau semble résider dans la confiance générale que rencontre en France l'eau du robinet : malgré une légère baisse cette année (83% contre 86% en 2017), une large majorité de Français font toujours confiance aux autorités sanitaires pour contrôler la qualité de l'eau, constate le baromètre.
Une première explication de cette ouverture au recyclage de l'eau semble résider dans la confiance générale que rencontre en France l'eau du robinet : malgré une légère baisse cette année (83% contre 86% en 2017), une large majorité de Français font toujours confiance aux "autorités sanitaires pour contrôler la qualité de l'eau", constate le baromètre. (Crédits : Pixabay / CC)
86% de la population accepterait désormais d'utiliser une eau du robinet issue du recyclage des eaux usées pour se laver, révèle la dernière édition du baromètre "Les Français et l'eau". Plus d'un Français sur deux serait même prêt à la boire.

Une idée auparavant taboue se fraye son chemin dans la tête des Français. Selon la 22e édition du baromètre national sur "Les Français et l'eau", réalisé par l'institut TNS-Sofres pour le Centre d'information sur l'eau et publié le 18 décembre 2018, 86% de la population se dit désormais disponible à utiliser une eau du robinet issue du recyclage des eaux usées pour ses usages domestiques (hygiène, sanitaire, nettoyage...), à savoir 2 points de plus qu'en 2017.

Trois Français sur quatre (75% contre 73% en 2017) se disent aussi prêts à consommer des légumes arrosés avec des eaux usées dépolluées - ce qu'ils font d'ailleurs probablement déjà, car si une telle pratique est encore interdite en France, l'importation de légumes arrosés avec des eaux usées dépolluées à l'étranger, par exemple en Espagne, ne l'est pas. Et plus d'un Français sur deux (53%, contre 49% en 2017) boirait même une eau du robinet issue du recyclage des eaux usées.

Confiance dans les contrôles et peur des pénuries

L'ensemble de l'enquête semble fournir quelques indications sur les raisons de cette acceptation progressive de formes de recyclage dans un domaine où les préoccupations sanitaires sont pourtant normalement très fortes. Une première explication semble résider dans la confiance générale que rencontre en France l'eau du robinet, partagée par plus de huit Français sur dix. Elle est prioritairement corrélée aux contrôles qui l'encadrent : malgré une légère baisse cette année (83% contre 86% en 2017), une large majorité de Français font toujours confiance aux "autorités sanitaires pour contrôler la qualité de l'eau", constate le baromètre.

Une deuxième raison de cette ouverture au recyclage de l'eau semble consister dans l'inquiétude croissante face à d'éventuelles pénuries. 73% des Français pensent désormais que l'eau est une ressource limitée en France et manifestent une crainte de pénurie future en progression depuis 2004. Ils ne sont plus que 41% à penser qu'ils ne manqueront jamais d'eau dans leur région, soit 15 points de moins qu'en 2005 (56%) et 27 points de moins qu'en 1996 (68%). 86% d'entre eux reconnaissent ainsi avoir un rôle à jouer au quotidien pour préserver les ressources, et 58% admettent leur responsabilité dans la pollution.

Si la motivation financière prime toujours dans le choix d'adopter des comportements économes - qui rassemble désormais 88% des Français -, 32% (contre 29% en 2017) économisent l'eau plutôt pour contribuer à la préservation des ressources françaises, et 25% pour participer à la sauvegarde de la planète.

Le système d'assainissement méconnu

Le baromètre décèle toutefois une certaine ignorance, qui pourrait aussi influencer le regard porté sur le recyclage. Alors qu'aujourd'hui en France les 19.750 usines de dépollution qui retraitent l'essentiel des eaux usées résultant des activités humaines les remettent ensuite dans le milieu naturel, 52% des Français pensent qu'elles les utilisent directement pour produire de l'eau potable. 8% croient au contraire que les eaux usées sont "rejetées telles quelles dans la nature".

Un Français sur deux serait même prêt à utiliser directement l'eau de pluie pour laver sa vaisselle, et un sur quatre même pour faire sa cuisine, en sous-estimant ainsi le risque sanitaire de telles pratiques ainsi que la complexité des procédés de dépollution.

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a écrit le 19/12/2018 à 9:00 :
"Un Français sur deux serait même prêt à utiliser directement l'eau de pluie pour laver sa vaisselle, et un sur quatre même pour faire sa cuisine, en sous-estimant ainsi le risque sanitaire de telles pratiques ainsi que la complexité des procédés de dépollution."

Non, si j'utilise un système de récupération d'eau de pluie, dont les méthodes de nettoyage sont de plus en plus courantes et pratiquées, le problème majeur c'est que l'état me demande de dédommager les actionnaires milliardaires de chez véolia parce que je ne suis pas client chez eux, et ceci sans rire.

Du coup les gens font ces installations sans le déclarer, au risque de se faire punir par l'état au seul nom des actionnaires milliardaires privés voilà où nous sommes tombés en UE puisque aux états unis, temple du libéralisme, ils ont conservé la régie publique de l'eau.

Tout est fait pour nous diriger vers cet impôt privé qu'est devenue l'eau générant un prix sans arrêt en hausse pour une qualité gustative toujours moindre. Sachant que le chlore est un puissant perturbateur endocrinien on veut nous faire décontaminer l'eau de pluie pour nous imposer de boire de l'eau contaminée par l'humain elle, bien plus sain !

Du coup les gens commencent à se rabattre sur l'eau des sources naturelles...

"LE DANGER DE LA RICHESSE:«Seul devrait posséder celui qui a de l'esprit: autrement, la fortune est un danger public. Car celui qui possède, lorsqu'il ne s'entend pas à utiliser les loisirs que lui donne la fortune, continuera toujours à vouloir acquérir du bien: cette aspiration sera son amusement, sa ruse de guerre dans la lutte avec l'ennui. C'est ainsi que la modeste aisance, qui suffirait à l'homme intellectuel, se transforme en véritable richesse, résultat trompeur de dépendance et de pauvreté intellectuelles. Cependant, le riche apparaît tout autrement que pourrait le faire attendre son origine misérable, car il peut prendre le masque de la culture et de l'art: il peut acheter ce masque. Par là il éveille l'envie des plus pauvres et des illettrés - qui jalousent en somme toujours l"éducation et qui ne voient pas que celle-ci n'est qu'un masque - et il prépare ainsi peu à peu un bouleversement social : car la brutalité sous un vernis de luxe, la vantardise comédien, par quoi le riche fait étalage de ses "jouissance de civilisé" évoquent, chez le pauvre, l'idée que l'argent seul importe, - tandis qu'en réalité, si l'argent importe quelque peu, l'esprit importe bien davantage.» Nietzsche "Opinions et sentences mêlées"
a écrit le 18/12/2018 à 23:27 :
"Un Français sur deux serait même prêt à utiliser directement l'eau de pluie pour laver sa vaisselle, et un sur quatre même pour faire sa cuisine"
si on stocke de l'eau de pluie et l'envoie ensuite dans les égouts (douche, chasse d'eau, autre), il faut le signaler à la mairie ou sais plus où pour faire installer un compteur, et payer la redevance "gestion des eaux usées" (on paie aux m3 consommés d'eau pure et limpide du robinet, mais là l'eau vient du ciel et s'ajoute, de façon "pirate" à l'eau ayant déjà payé cette "redevance"). Pour arroser, aucun problème, ça ne va pas dans les égouts, donc n'est pas traitée (sauf par les vers de terre).
Quand je tire de l'eau chaude au RdC dans la cuisine, les 3-4 litres pas assez chauds (chaudière étage) je les met dans un bidon qui servira à arroser, dommage de jeter ça direct.

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