Nucléaire : Hinkley Point trop chère "erreur stratégique", selon un rapport parlementaire britannique

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La commission souligne que les autres projets similaires utilisant le réacteur EPR (en France, Finlande et Chine) ont tous enregistré des surcoûts ou des délais, pointant un risque de retard.
La commission souligne que les autres projets similaires utilisant le réacteur EPR (en France, Finlande et Chine) ont tous enregistré des surcoûts ou des délais, pointant un risque de retard. (Crédits : Stefan Wermuth)
La commission aux comptes publics de la Chambre des communes britannique pointe les lourdes conséquences sur les ménages britanniques de la construction de la centrale nucléaire Hinkley Point C, qui a obtenu le feu vert des pouvoirs publics en septembre 2016.

Le gouvernement britannique est responsable de "graves erreurs stratégiques" dans la conduite du projet nucléaire Hinkley Point d'EDF qui va coûter bien trop cher aux consommateurs, dénonce mercredi un rapport parlementaire.

La commission aux comptes publics de la Chambre des communes britannique ne mâche pas ses mots dans ce document qui pointe les lourdes conséquences sur les ménages britanniques de la construction de la centrale nucléaire Hinkley Point C, qui a obtenu le feu vert des pouvoirs publics en septembre 2016.

Un projet à près de 20 milliards de livres

Symbole du renouveau nucléaire dans le pays, le projet consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l'Angleterre, pour une mise en service prévue fin 2025 au plus tôt. La construction, qui a déjà commencé, devait coûter 19,6 milliards de livres (22 milliards d'euros).

Le rapport regrette que le gouvernement n'ait pas prévu de revoir les termes du contrat, malgré le fait que le surcoût sur la facture des consommateurs pourrait s'élever à 30 milliards de livres en raison d'un prix élevé de l'électricité garanti par les autorités à EDF et à son partenaire chinois. En utilisant ce chiffre, la commission reprend à son compte une récente étude du contrôleur des comptes britanniques, le National Audit Office (NAO), qui avait chiffré la différence cumulée sur plusieurs années entre les prix du marché de gros de l'électricité et le prix garanti à l'exploitant, actuellement plus élevé.

"Le gouvernement a fait de graves erreurs stratégiques à cet égard et doit maintenant expliquer ce qu'il va faire pour faire en sorte qu'elles ne soient pas répétées", écrit la présidente de la commission Meg Hillier.

Selon le rapport, le ministère des Entreprises, qui encadre le nucléaire, s'est bien gardé de renégocier le contrat, puisqu'un tarif plus bas promis aux promoteurs auraient entraîné un retrait de ces derniers et un échec ou un retard du projet.

Risque de retard

La commission souligne que les autres projets similaires utilisant le réacteur EPR (en France, Finlande et Chine) ont tous enregistré des surcoûts ou des délais, pointant un risque de retard. Le rapport s'inquiète en particulier des mauvaises performances passés du gouvernement dans la gestion de ses contrats d'infrastructure. Sans compter que le Brexit, prévu fin mars 2019, devrait entraîner la sortie du Royaume-Uni d'Euratom, le régulateur européen du secteur.

Certaines technologies alternatives à faible émission sont désormais meilleur marché que le nucléaire, souligne en outre le rapport. La commission demande par conséquent au gouvernement de réévaluer et de publier sa stratégie sur le nucléaire avant de donner son feu vert à tout nouveau projet de centrale.

(avec AFP)

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a écrit le 25/11/2017 à 19:31 :
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https://www.upi.com/Energy-News/2017/11/22/New-wind-farm-in-service-off-the-British-coast/7061511348159/?utm_source=sec&utm_campaign=sl&utm_medium=6
402MW avec 67 turbines et cout de 1,9 M$, 2 EPR de 1.600 MW pour 18,5 M$, les 2 EPR sont 8 fois plus puissant en nominal, l’éolien coûterai 15,2 M$. Rendement EPR 80 %, éolien 25 % max. Donc environ 2600 MWh pour les EPR et 100MWh pour l’éolien. Une production en moyenne 26 fois supérieure. Coût de construction pour produire 1 MWh, EPR : 7,1 Million $ - éolien : 19 Millions $ . Vie utile EPR : 60 ans , éolien 25 ans max. Combien coutera la thermique pour pallier à l'intermittence et refaire un parque éolien dans les 60 ans de l’EPR? Pour discuter de l’énergie il faut des données !!!
a écrit le 23/11/2017 à 7:20 :
Voici une commission qui aime à enfoncer les portes ouvertes, comme celle relative aux retards sur la construction des EPR précédents, et qui ne craint pas de se ridiculiser, en comparant des carottes et des navets, c'est-à-dire une énergie pilotable, le nucléaire, à l'éolien et au solaire, qui produisent quant ils le veulent bien.

Faute de s'être inquiétés à temps de disposer de moyens de production fiables, les Britanniques n'avaient tout simplement plus le choix s'ils voulaient éviter les coupures d'électricité dans 10 ans. C'est ce qui pourrait nous arriver aussi, si nous continuons à ignorer les l'incapacité des renouvelables à remplacer les moyens classiques de production.
a écrit le 22/11/2017 à 19:38 :
Les anglais vont pouvoir profiter du brexit pour virer pour raison d'économie ce projet ultra couteux.

On va encore payer l’électricité plus chère...
Réponse de le 23/11/2017 à 7:23 :
Les contrats existent aussi en dehors de l'UE, ainsi que l'obligation de les respecter. De toute façon les britanniques n'ont pas d'alternative pour sécuriser leur production, si ce n'est de construire des centrales au gaz ou au charbon, mais celles-ci produisent aussi du CO2.
Réponse de le 23/11/2017 à 9:49 :
Le RU n'est qu'iles, vous oubliez comme par hasard l'énergie renouvelable marée motrice et éolienne offshore.

Vous saviez que lors du tsunami qui a détruit fukushima au large se trouvaient 50 éoliennes offshore et qu'une seule a été détruite ? ET en plus elle n'a fait aucun dégâts, elle est déjà réparé ne produisant aucun rejet radioactif elle.
Réponse de le 23/11/2017 à 16:21 :
Le RU est une île et peut donc exploiter l'éolien offshore et la marée motrice à fond.

(Heu... pourquoi il n'est pas validé ce commentaire ???)
a écrit le 22/11/2017 à 15:49 :
Je rappelle la déclaration du directeur financier d'EDF, démissionnaire en mars 2016 , devant une commission de l'assemblée nationale en mai 2016.

l’ex-directeur financier a été clair : sa démission est directement liée aux deux réacteurs nucléaires EPR envisagés à Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Un investissement évalué à 24 milliards d’euros, et jugé beaucoup trop risqué.

Il a refusé de « cautionner une décision susceptible, en cas de problème, d’amener EDF dans une situation proche de celle d’Areva », celle d’une grande entreprise publique menacée d’un dépôt de bilan, a-t-il déclaré.

On se rappellera que la décision, en dépit de nombreuses oppositions argumentées, a finalement été forcée par E Macron, alors Ministre de l’Économie.

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