C'est un nouveau marché très prometteur, et la Chine compte bien s'y tailler une place de choix. Celui des SMR, pour small modular reactors - ou petits réacteurs modulaires en français - dont la puissance ne dépasse pas les 300 mégawatts (MW), contre plus de 1.000 pour les réacteurs modernes classiques. Car si la technologie est encore peu connue du grand public, les industriels du nucléaire sont persuadés de son essor imminent, notamment pour remplacer les centrales à charbon et « décarboner » le système électrique. Pour cause : elle s'avère bien moins complexe et coûteuse à mettre en place que les grosses infrastructures nucléaires, aux chantiers pharaoniques.
Alors, afin de ne pas perdre cette nouvelle bataille technologique, Pékin a démarré mardi le chantier de ce type de réacteur SMR sur l'île tropicale de Hainan (sud), amené à « devenir le premier au monde à entrer en service commercial », a rapporté l'agence Chine nouvelle - même si la durée des travaux n'a pas été précisée. Et d'ajouter que la centrale de Changjiang sera, à terme, équipée d'un réacteur SMR Linglong One (ACP100), conçu par le géant chinois du nucléaire CNNC. D'une puissance de 125 mégawatts, il doit permettre d'alimenter en électricité 526.000 foyers, selon CNNC.
Car le temps presse : la Chine est loin d'être la seule dans les starting-block. Fin 2020, l'agence internationale de l'énergie atomique (IAEA) dénombrait 72 projets en développement ou en construction à travers 18 pays. Ils sont développés par de nombreux acteurs, allant des entreprises publiques, en Chine mais aussi en Russie, ou encore par une multitude de start-up nord-américaines - où la filière est largement subventionnée par le gouvernement. La Pologne, la République Tchèque ou encore l'Estonie et la Roumanie ont également engagé des investigations sur les petits réacteurs nucléaires.