Pourquoi Nuward, le petit réacteur modulaire (SMR) à la française, reste très prometteur

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Pour Nuward, on parle de réacteurs qui en terme de puissance sont de l'ordre de 10 fois moins puissant qu'un EPR et de l'ordre de quatre fois plus qu'un réacteur de propulsion nucléaire navale, a souligné Loïc Rocard.
Pour Nuward, "on parle de réacteurs qui en terme de puissance sont de l'ordre de 10 fois moins puissant qu'un EPR et de l'ordre de quatre fois plus qu'un réacteur de propulsion nucléaire navale", a souligné Loïc Rocard. (Crédits : TechnicAtome)
Le savoir-faire de TechnicAtome est à la base du développement de la chaudière nucléaire du projet Nuward, développé par EDF, le CEA, TechnicAtome et Naval Group. Un savoir-faire, qui a maintenu la dissuasion française au plus haut niveau de performances depuis 50 ans grâce à la propulsion nucléaire des sous-marins SNA et SNLE ainsi que du porte-avions Charles de Gaulle.

TechnicAtome, le champion européen de la conception des réacteurs nucléaires compacts, est l'un des atouts majeurs du petit réacteur modulaire (SMR) à la française, baptisé Nuward (abréviation de Nuclear Forward) sous la maîtrise d'oeuvre d'EDF (9% du capital de TechnicAtome). Car c'est le design de TechnicAtome, qui a été retenu par la France pour développer la chaudière nucléaire, qui permet de produire une électricité complètement décarbonée. Ce projet permettra à EDF de rester compétitif notamment à l'export sur le marché à fort potentiel du renouvellement des centrales à charbon comprise entre 300 à 400 mégawatts (MW). Nuward est une unité intégrée de 340 MW, avec deux réacteurs de 170 MW à eau pressurisée. Selon la Société française d'énergie nucléaire (SFEN), il faut compter sur un investissement de l'ordre de 1 milliard d'euros pour la construction d'un SMR, qui pourrait être mise en service à l'horizon 2030.

Pour Nuward, "on parle de réacteurs qui en terme de puissance sont de l'ordre de 10 fois moins puissant qu'un EPR et de l'ordre de quatre fois plus qu'un réacteur de propulsion nucléaire navale", a souligné Loïc Rocard.

Pourquoi TechnicAtome ? Il a développé un savoir-faire rare qui lui permet d'"encapsuler des quantités d'énergie et de puissance très supérieures à ce que l'on sait faire dans le nucléaire civil. Ce qui est susceptible de donner un avantage concurrentiel décisif dans le monde des SMR", a estimé jeudi le PDG de TechnicAtome, Loïc Rocard, lors d'une conférence de presse sur le bilan 2020 de sa société. "Nous travaillons aujourd'hui sur la chaudière du SMR français qui, d'une certaine façon, a beaucoup de points communs en termes de compacité, de géométrie, d'emploi de matériaux métalliques que dans le nucléaire de propulsion navale", a-t-il expliqué.

Un savoir-faire maîtrisé grâce aux sous-marins

Ce savoir-faire a été développé dans le cadre de la propulsion navale nucléaire militaire au profit de la marine nationale et de la souveraineté française. Cet industriel discret de la BITD française, qui fabrique depuis 1972 les chaufferies des sous-marins nucléaires français ainsi que celles du porte-avions Charles de Gaulle, en a livré 18 à la marine nationale depuis cette date. Mais les ingénieurs de TechnicAtome ont développé cette technologie pour les sous-marins d'attaque de la classe Rubis, dont le premier a été livré en 1983. Ce qui n'était pas le cas des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la classe Le Redoutable.

"A l'époque du Redoutable, la compacité n'était pas la même que celle sur la génération du Rubis. C'est à partir du Rubis que TechnicAtome a su fermer la cuve avec un système de production de vapeur et a gagné un facteur de compacité différent", a expliqué Loïc Rocard. Résultat, ce savoir-faire peut aujourd'hui faire l'objet d'un transfert vers le projet de SMR à la française. "Cette invention relativement géniale de nos anciens des années 70 a perduré et perdure tant et plus. Et même, d'une certaine façon, elle est confirmée dans le cadre du SMR", a expliqué le PDG de TechnicAtome.

Le SMR dans une phase d'avant-projet sommaire

Le projet Nuward, qui a été financé en grande partie sur fonds propres avant d'avoir été soutenu financièrement par l'État dans le cadre du plan de relance (50 millions d'euros), est actuellement dans la phase d'avant projet sommaire. L'État avait également soutenu la précédente phase de pré-avant projet sommaire. La phase actuelle doit se terminer au printemps 2022 et a vocation à être suivie par une phase d'avant projet détaillé, dont le lancement coïncide avec la période de l'élection présidentielle.

La réalisation du SMR à la française sur un site sera lancée trois ans environ après la fin de l'avant projet sommaire, selon Loïc Rocard. Le gouvernement alors en place aura la lourde décision de lancer ou pas un chantier de souveraineté nationale crucial pour l'avenir énergétique de la France.

 Et la concurrence ?

"La concurrence est variée, a fait observer Loïc Rocard. Mais aujourd'hui, il n'y a pas encore de clients traditionnels qui soient intéressés par un produit suffisamment avancé pour être acheté. Donc, nous sommes encore dans une phase amont d'un marché en devenir auquel beaucoup de pays croient. Toutefois ce marché n'existe pas encore concrètement". Pour autant, la France paie le prix fort de son incapacité à se décider sur les projets nucléaires pourtant cruciaux dans le monde de demain. Résultat, elle a cinq bonnes années de retard en terme de développement du design par rapport aux Etats-Unis, qui développe le programme NuScale. "Cet écart ne sera pas problématique dès lors que la solution française sera bonne, compacte, compétitive et s'inscrira dans l'environnement des réseaux de transport d'électricité de façon de façon harmonieuse", a estimé le PDG de TechnicAtome.

"Si nous avons un bon produit, il a des chances de trouver un marché. Son marché est le remplacement des tranches d'électricité à base de charbon, qui est notoirement un marché mondial en devenir. Le SMR à la française correspond à peu près aux puissances comprises entre 300 et 500 mégawatts.

Aux États-Unis, le régulateur américain (Nuclear Regulatory Commission) a commencé en 2018 la certification d'un concept de réacteur proposé par NuScale Power, qui envisageait de mettre 12 réacteurs en service en 2026, d'une puissance de 50 MW chacun. En août 2020, la NRC a demandé à NuScale Power de revoir certains éléments jugés risqué. De son côté, Westinghouse souhaite développer un petit réacteur à eau pressurisée de 225 MW. En Russie, Rosatom a mis en service en 2019 une centrale nucléaire flottante, l'Akademik Lomonosov, utilisant deux réacteurs d'une puissance de 30 MW. D'autres centrales, produites en série suivant le même design, seront déployées pour alimenter plusieurs villes portuaires à l'Est de la Russie.

En Chine, la CGN envisage des modèles terrestre (ACPR50) et flottant (ACPR50S) de réacteurs modulaires d'une puissance d'environ 50 MW d'ici à 2022. Au Royaume-Uni, le gouvernement a publié en 2017 un rapport sur la technologie et l'économie des SMR. Le Department for Business, Energy, and Industrial Strategy (BEIS) a mis en place en 2018 l'Advanced Modular Reactor (AMR) Feasibility and Development project, afin de financer la recherche dans le domaine à hauteur de 44 millions de livres. De son côté, le UK SMR Consortium, mené par Rolls-Royce, développe un modèle de réacteur transportable d'une puissance de 200-400 MW.

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a écrit le 10/04/2021 à 11:27 :
Comme toujours il y a les "je sais tout ricaneurs" qui s'expriment beaucoup sur ce thread.
Qu'ils m'expliquent comment ils calculent le prix du MWH des éoliennes ou panneaux solaires, quelles hypothèses sur la durée de vie, et donc l'amortissement de l'investissement, sur le problème de l'intermittence, donc la multiplication des installations qui travaillent au mieux à 25% de leur puissance nominale, sur le stockage et la nécessité de créer d'énormes lacs artificiels qui feront la joie des écologistes, sur le besoin de renforcer les réseaux, donc améliorer nos paysages avec de magnifiques lignes haute tension, etc, etc.
Oui l'initiative de Technicatome est intéressante, et de toute façon plusieurs initiatives dans le monde vont dans ce sens, et si en France on rejette cette option des petits réacteurs, je pense que c'en sera fini de notre industrie nucléaire. Et nos ricaneurs pourront triompher.
Réponse de le 13/04/2021 à 11:31 :
Il faut aussi bien comprendre que chacun veut avant tout vendre son idée.
Les SMR restent une solution pour des pays à la limite des autres forme de production, où le soleil et le vent ne présente que peu d’intérêt.
Ces types de pays restent bien la cible de ce projet, un SMR de 340 MW électrique , mais pas pour un SMR par grande ville , région, département en France ou ailleurs. Bien sûr prendre en compte la stabilité politique ... de ces pays, car disséminé un peu partout sans réel contrôle le risque /danger est bien là, on ne peux pas faire confiance à l'homme pour vivre en paix sur cette planète.
a écrit le 09/04/2021 à 18:35 :
Je vois à l'avenir des centrales flottantes équipées de NUWARD .
La petite centrale nucléaire ACADEMIC LOMONOSOV est montée sur une barge en acier et exploitée à PAVEC dans l'extrème orient russe . Ce genre de flotteur doit ètre caréné régulièrement en particulier pour la visite des prises d'eau sur la coque et peinture . Ils ne disent pas comment ils vont s'y prendre à 4000 km du premier dock
flottant . La solution pourrait ètre de monter ces petits réacteurs sur des barges en ciment en s'inspirant du quai flottant du port HERCULE à MONACO.
Pas d'entretien pendant un siècle et pas de prises d'eau mais des puits avec des pompes et filtres relevables . Avec ça on peut faire du dihydrogène à gogo par électrolyse et servir de station de ravitaillement aux navires du futur .
Jean-Claude COLLIN Ancien chef mécanicien de la marine marchande
Ingénieur mécanicien ,, plongeur démineur de la Marine nationale .
a écrit le 09/04/2021 à 17:04 :
Malheureusement a l'Uranium.
Idéal pour la prolifération des armes atomiques...
Le nucléaire civil doit être au Thorium sels fondus fluorés pour brûler tout le combustible et compter sur ses sécurités intrinsèques.
37 fois moins de déchets et de 300 ans maximum, pas de déchets à longue durée de vie, ils sont incinérés...
Réponse de le 09/04/2021 à 23:11 :
Vous rêvez aussi, le thorium n'intéresse pas les militaires et sans les militaires le nucléaire ne se justifie plus pour faire de l'électricité, on a mieux et pour l'éternité
a écrit le 09/04/2021 à 16:17 :
Parce que le CEA c'est le N°1 mondial de l'atome, et certainement des transferts d'énergies les plus puissants et les moins énergivores.
Parce que le CEA et le CNRS ont déteint sur nombre d'entreprises et startups, pas suffisamment par le passé (taux de R&D en pourcentage de PIB encore à la traine des autres grandes économies avancées).
Mais dès que la France se bouge un peu (robotique, quantique, électronique, énergies, IA, batteries, Hydrogène, propulsion, etc.), elle a la capacité de se recaler très vite dans le peloton de tête.
Dommage qu'elle est perdue tant d'années, et tant d'industries par négligence de nos dirigeants de tous bords.
Imaginez si la France se bougeait beaucoup.......
Les universités, les centres de recherche, IE et la Défense devraient mettre encore plus la pression sur nos dirigeants (Gouvernement et régions) !
Puisqu'il s'agit aussi de souveraineté. Les programmes européens c'est bien, mais parallèlement la France doit booster sa propre recherche en minimisant les investissement étrangers, c'est par là que passe l'indépendance.
Ne pas mettre la charrue avant les bœufs, comme pour le Cloud souverain européen, programme dans lequel je ne capte plus rien. Ou peut-être que je ne préfère pas capter....
Réponse de le 09/04/2021 à 23:15 :
Grande France c'est Vieille France, la nostalgie d'un passé qui ne reviendra pas.
Nous ne sommes pas plus malins que les autres, mais pas plus bêtes non plus. Soyons seulement à la hauteur et ce sera déjà bien.
Réponse de le 10/04/2021 à 11:49 :
Pas d'accord avec vous, y'a vraiment des nations qui cumulent les gueules d'abrutis, et même de grandes nations, il suffit d'ailleurs d'observer leurs forces de sécurité et leurs militaires pour le constater !
Les pays qui sont pauvres et dans lesquels l'éducation et la culture sont juste réservées aux élites sont excusables et excusés.
Pour les nations qui ont un gros PIB/hab., et qui sont par exemple nulles en culture, histoire et géographie, c'est plus grave docteur.
Et oubliez le mot raciste.
D'ailleurs cette crise a amplifiée la différence d'accès à la culture entre les pauvres et les plus riches.
Il y avait une époque, encore pas si lointaine, où nos TV gratuites proposaient des cours d'anglais, de maths ou de sciences, et même d'éducation pour les tous jeunes. Programmes que chacun pouvait enregistrer. Les accès à nombre d'émissions éducation, sport, nature ou découverte (géographie et cultures) se retrouvent maintenant sur des chaines payantes.
Et paraître plutôt qu'être ?
Les smartphones-selfie, les médias spectacles, l'éducation tronquée, les télé-réalités, les spectacle-performances, les chansons bling bling et les jeux vidéos ne sont pas anodins.
Dans les transport en communs, TGV et avions, combien de livres ont été remplacés par des smartphones?
Et les dictatures qui tentent de garder les peuples dans l'ignorance, avec un contrôle sur éducation, les médias, les réseaux et de la culture?
a écrit le 09/04/2021 à 15:46 :
"le design de TechnicAtome, qui a été retenu par la France pour développer la chaudière nucléaire, qui permet de produire une électricité complètement décarbonée", quel sera le combustible utilisé par cette chaudière? L'alimentation en combustible sera t'elle complètement décarbonée? Les employés de ce réacteur se rendront ils à pied à leur travail? Évitez d'employer des mots forts comme "complètement", si vous ne souhaitez pas passer pour un article publicitaire de bas étage. Qu'un tel réacteur soit une avancée, nous n'en doutons pas, mais il ne faut pas non plus désinformer les gens comme on a pu l'être par les marketeux du photovoltaïque et de l'éolien il y a une dizaine d'années.
a écrit le 09/04/2021 à 15:13 :
Bon , les petit réacteur nucléaire ons le vent en poupe , Çar les investissement financier seront moindre , donc Îls serons plus prometteur a l'exportation ...
Maintenant , ils doivent être très fiable au fonctionnement ...
Nôter pays a un savoir faire important sur le sujet .. Mais nous devons maintenir un contrôle strictes sur le combustible , pas question de favoriser le réarmement nucléaire de pays dangeureux .....
Réponse de le 11/04/2021 à 21:11 :
notons que c est un projet concept......c est comme les voitures concept. Attendons de voir s ile projet sort du papier....
comme l EPR, l airbus des batteries, ect......
NB peu de chances de se concretiser car pas rentable et risque financier sur 10 ans au moins
a écrit le 09/04/2021 à 13:18 :
Cela aura été l'erreur gigantesque du secteur nucléaire française, s'entêter à concevoir de gros réacteurs nucléaires alors que des petits seraient bien plus sûr à neutraliser, Fukushima étant là pour nous le prouver. Mais bon faut tout centraliser, tout contrôler, et même avec les nouvelles technologies et énergies inoffensives vouloir une maison autonome n'est toujours pas simple sans se passer d'un de ces lobbys dont l'eau fait aussi partie.

"Partout où quelque chose ne va pas quelque chose est trop gros" Kohr

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